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Ce texte est un « article presslib’ » (*)
Dans
vingt ans, avec le recul, on considérera la crise qui débuta en
2007 comme la première grande bataille de la guerre
sino-américaine. Si l’on veut se convaincre que la Chine est en
passe de gagner, il suffit de lire les communiqués de presse
accompagnant le déplacement de Mr. Obama en
Chine.
Résumons
ici le plus important d’entre eux : la Chine dispose désormais
d’armes balistiques permettant d’atteindre des navires naviguant
à moins de 1 500 kilomètres de ses côtes. Cinq
porte-avions, sur les onze que compte la flotte américaine, tombent
dans cette catégorie. Il faudra qu’ils aillent désormais
naviguer ailleurs.
Les
autres communiqués évoquent Mr. Obama
discourant des droits de l’homme, tandis que le visage de Mr. Jintao reste de marbre. Ou, inversement, Mr. Jintao évoquant l’urgence pour les
États–Unis de remettre leur finance en ordre, de surveiller le
dollar et d’arrêter de faire la même erreur que le Japon en
1997 en maintenant le taux court à un niveau trop bas – et Mr. Obama écoutant sans sourciller.
Pourquoi
Mr. Obama frémirait-il d’ailleurs ? ses
économistes ont fait la preuve par neuf que les
États–Unis n’ont aucune responsabilité dans la
crise : tout vient de la sous-évaluation du yuan. La crise a une
origine m.o.n.é.t.a.i.r.e. Qu’on se le dise ! Ce n’est pas
Mr. Bernanke à la tête de la Fed qui
le démentira : il doit son impressionnante carrière,
financière aussi bien qu’académique, au fait
d’avoir démontré que la crise de 1929 – pas plus
d’ailleurs que celle de 2007 – n’avait un quelconque
rapport avec l’abominable disparité qui existait aux
États–Unis dans la distribution du patrimoine, ni avec la
spéculation effrénée – foncière et
boursière – qui caractérise pourtant les deux
périodes. Non, dans un cas comme dans l’autre, la crise
était due à un problème m.o.n.é.t.a.i.r.e.
La
Chine savait que l’Amérique, à la gâchette facile,
ne verrait pas d’un bon œil la montée en puissance
qu’entraînerait nécessairement sa révolution
industrielle, devenue enfin possible à la fin du XXe siècle.
Alors, il fallait s’en faire une amie – du moins pour un temps.
Les salariés américains ne recevaient plus assez d’argent
de leurs employeurs ? Qu’à cela ne tienne : la Chine les
aiderait à obtenir du crédit : elle achèterait tant de
RMBS (Residential Mortgage–Backed Securities) que les taux long terme
baisseraient à ce point que même les Américains les plus
pauvres pourraient s’acheter des maisons, que le prix de ces maisons
flamberait et qu’avec les plus-values réalisées –
sur la revente ou sur le refinancement du crédit – les
ménages américains achèteraient jusqu’à
plus soif des produits Made in China.
«
Fais de la force de ton adversaire, sa faiblesse ! » Le gros lourdaud
se précipite vers vous ? Une légère esquive et,
d’une chiquenaude, vous l’envoyez s’écraser contre
le mur. Les arts martiaux sans doute, mais aussi le jeu de go :
l’encerclement par une multiplication de positions favorables. La bulle
immobilière se poursuit aux États–Unis ? La Chine y
gagne. La bulle crève ? L’Amérique y perd. Qu’on ne
me dise pas que personne en Chine n’y avait pensé !
On
n’est peut-être plus communiste en Chine, mais on y lit toujours
Marx : le Grand Soir du capitalisme n’y est pas considéré
comme une fable. Mais que la Chine fasse attention : si Grand Soir il y a, il
vaut pour tous les capitalismes : pour les récents comme pour les
anciens. Et ni la spéculation immobilière à Pékin
ni la bourse de Shanghai ne sont à l’abri.
Paul Jorion
pauljorion.com
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le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’
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contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait
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Paul Jorion,
sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix
dernières années dans le milieu bancaire américain en
tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié
récemment L’implosion. La finance contre l’économie
(Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ?
(La Découverte : 2007).
Les vues
présentées par Paul Jorion sont les
siennes et peuvent évoluer sans qu’il soit nécessaire de
faire une mise à jour.
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invitation à réaliser un quelconque investissement. . Tous droits réservés.
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