Chart gbpGOLD   Chart gbpSILVER  
 
Matière à reflexion
La situation va s'aggraver avant qu'elle ne devienne pire
.  
Recherche :
DERNIÈRES INFO.  :
SOCIÉTÉ MINIÈRE  :
Abonnez-vous
Ecrivez-nous
Add to Google
Rechercher sur Ebay :
METAUX PRECIEUX (US $)
Gold 1392,4729,67
Silver 22,590,38
Platinum 1457,75-2,75
Palladium 735,75-6,50
MARCHES MONDIAUX
DOWJONES 15299-2
NASDAQ 3456-7
NIKKEI 14484-1143
ASX 5041-101
CAC 40 3967-84
DAX 8352-179
HUI 2603
XAU 97-3
MONNAIES (€)
AUS $ 1,3261
CAN $ 1,3321
US $ 1,2941
GBP (£) 0,8564
Sw Fr 1,2517
YEN 131,8060
RATIOS & INDEXES
Gold / Silver61,64
Gold / Oil14,50
Dowjones / Gold10,99
MATIERES PREMIERES
Copper 3,30-0,08
WTI Oil 96,05-0,11
Nat. Gas 4,250,06
Indices des Marchés
Cours des métaux
Or & Argent industriels
RSS
Precious Metals
Graph Generator
Statistiques par Pays
Statistiques par Métal
Publicité sur 24hGold
Projets sur Google Earth
Ce qui pourrait nous attendre (partie I)
Publié le 31 juillet 2010
1296 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 2 votes, 4/5 ) Imprimer l'article
 
    Commentaires    
Tweet
Mots clés associés :   Démocratie | Formation Des Prix |

 

 

 

 

Ne pas faire de promesses, c’est ne pas prendre le risque qu’elles vous soient rappelées quand on ne les a pas tenues. Voilà une leçon que beaucoup de politiciens ont retenue et dont ils ont même fait un argument trop entendu, en la retournant : « faites-moi confiance, puisque je ne vous promets rien » !

 

En cette poursuite d’une crise qui n’en finit pas – et n’est pas prête de se terminer – est-il possible d’anticiper sur ce qui pourrait nous être réservé, que les détenteurs du pouvoir se gardent de revendiquer ? Agissant avec précaution, soucieux d’éviter les éclats et les affrontements, convaincus que le temps travaille pour eux. Sans appliquer un plan préconçu, car il leur faut en permanence s’adapter à une crise dont ils ne maîtrisent pas les rebondissements. Avec pour mission d’exercer toute leur habilité afin de faire accepter comme inévitable et nécessaire – dans la nature des choses, du monde, de l’homme… – la poursuite d’un système qui a piteusement failli. Car ils en sont les exécutants.

 

Il n’est pas interdit de tracer une première ébauche de la suite, une sorte de scénario, en mettant en relation tout ce que l’on peut déjà percevoir d’annonciateur. En allant à l’essentiel et sans tenir compte d’importantes variantes entre régions du monde et pays. En projetant les grandes lignes d’un avenir sur lequel pèse encore beaucoup d’incertitudes, que de nombreux incidents de parcours peuvent bouleverser. Car il n’y a pas de fatalité, il y a des logiques, parfois inattendues.

 

Allons-y !

 

L’expression sortie de crise ne faisant plus partie du vocabulaire de base, il est en premier lieu acquis que celle-ci est désormais réputée introuvable. Amenant à logiquement considérer que nous sommes engagés dans une nouvelle période dont la durée n’est pas connue. Seule référence, la précédente clairement identifiée a été qualifiée de « trente glorieuses », mais c’est chose datée (de la fin de la seconde guerre mondiale au choc pétrolier de 1973). La suivante, que nous venons donc de quitter, mais seulement officieusement, aura donc duré presque trente-cinq années. Plus tard, l’histoire lui attribuera un nom. Nous n’en sommes donc pas à en chercher un pour celle dans laquelle nous venons tout juste de pénétrer. En nous disant donc que son espérance de vie pourrait encore être d’une trentaine d’années, par simple analogie. C’est long et nous allons voir pourquoi.

 

Dans le monde occidental, la croissance économique – cet indice phare exprimé en pourcentage du Produit Intérieur Brut – ne va pas retrouver ses niveaux précédents. Un débat s’est même instauré sur les tendances à la récession qui se manifestent et le risque de la déflation qui pourrait survenir. En tout état de cause, il s’agira d’une croissance sans emploi. Entendez par là qu’une grande partie des emplois perdus ne seront pas retrouvés, exprimant un chômage structurel, correspondant à des activités qui ne reprendront pas. La durée effective d’insertion dans la vie active étant par ailleurs appelée à continuer de diminuer, aboutissant à ce que l’on rentre sur le marché du travail de plus en plus tardivement pour en sortir de plus en plus précocement.

 

Sous l’impact des préoccupations environnementales montantes, de premières interrogations ont déjà vu le jour et se sont largement développées à propos des modes de calcul de cette croissance et de son bien fondé en soi. Celle-ci va désormais faire l’objet d’interrogations complémentaires, afin de trouver de nouveaux moteurs – des activités productives – pour remplacer ceux que les pays émergents ont appris à faire fonctionner à moindre coût.

 

Car le monde a basculé, la mondialisation y a fortement contribué bien avant que la crise n’intervienne, précipitant les pays émergents dans une croissance économique déséquilibrée et destructrice, accentuant en leur sein les inégalités sociales, contribuant à l’accession à un mode de consommation occidental d’une marge significative de leur population. Les pays occidentaux, qui en subissaient déjà le contrecoup, le compensaient partiellement par la machine à faire des dettes et du crédit. Or celle-ci ne retrouvera pas ses rendements perdus.

 

Seconde caractéristique de cette nouvelle période, le double mouvement de désengagement de l’Etat et de financiarisation de nouvelles activités jusque-là publiques, déjà largement engagé, va se poursuivre, en dépit de la crise qui devrait sonner son glas. Les plans de santé privés et les fonds de pension par capitalisation vont continuer à se développer, réservés aux catégories les plus aisées. Les Etats vont multiplier les partenariats avec le privé, afin de réduire leurs investissements, pour louer des équipements et des services dont ils avaient auparavant la charge. De nouveaux systèmes d’incitation financière parés des vertus environnementales vont être mis sur pied, en lieu et place de contraintes réglementaires. Les terrains de jeux des activités financières vont être agrandis, les activités régaliennes de l’Etat vont être réduites.

 

Ce que l’on appelle la crise de la démocratie représentative va se poursuivre, non seulement en raison de la professionnalisation de l’activité politique et de la disparition des dernières fragiles barrières entre service public et privé, à tous les niveaux, mais également à cause de l’opacité grandissante dans laquelle les grandes décisions sont prises, hors de tout contrôle et débat ouvert. Les dispositifs institutionnels que le monde financier est en train de se donner pour assurer sa surveillance et sa régulation en sont un inquiétant exemple. C’est tout le débat sur les nouvelles oligarchies.

 

Enfin, cette évolution va encore accentuer les disparités sociales existantes, qui ne s’expriment pas uniquement en terme de revenus et de pouvoir d’achat, ou bien de patrimoine et de répartition de la richesse, mais se cristallisent de plus en plus en des sociétés différentes, coexistant sur des territoires séparés. Disposant de leur environnement culturel propre, de leurs codes sociaux et de leur mode de fonctionnement distincts. Les passerelles entre elles, pour ne pas parler des ascenseurs, sont peu nombreuses et de moins en moins poreuses entre ces mondes qui se côtoient.

 

Un univers idéologique virtuel tient lieu de lien social fictif, tandis que les éléments d’un contrôle social multiforme et étendu gère les déviances, quand elles atteignent des proportions inacceptables. L’intériorisation règne en maître. Les contingences de la démocratie et de la liberté ne sont pas revendiquées mais masquées, pour être musclées. La société était éclatée, elle est encore plus compartimentée. Les inégalités sont accrues, ceux dont le statut est d’être dans la moyenne sont à la recherche d’un équilibre de plus en précaire, faisant la connaissance d’un inconfort anxiogène permanent.

 

Voilà la promesse qui ne nous est pas faite mais qui pourrait être tenue. Chacun peut y reconnaître les contours de bien des événements et des situations dont il a été déjà témoin dans le monde, autour de lui et dans sa vie. Par de nombreux aspects, elle est déjà en voie de réalisation. De la même manière que se manifestent aussi, dans les batailles d’idées comme dans certaines pratiques sociales, les prémices de ce qu’une alternative pourrait être.

 

C’est sans compter avec la dynamique de la crise actuelle, qui n’a pas dit son dernier mot.

 

A suivre, partie II : CE QUI LES ATTEND.

 

 

Billet rédigé par François Leclerc

 

Paul Jorion

 

pauljorion.com

 

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

 

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).

 

 

 

 

Tweet
Evaluer :Note moyenne :4 (2 votes)Voir les mieux notés
Article précédent de
Paul Jorion
Tous les articles de
Paul Jorion
Article suivant de
Paul Jorion
Recevez par mail les derniers articles de cet auteur
Dernier commentaire publié pour cet article
Soyez le premier à donner votre avis
Ajouter votre commentaire
TOP ARTICLES
LES PLUS LUS
LES MIEUX NOTÉS
LES PLUS COMMENTÉS
Suggestions de l'éditeur
Nos flux RSS24hGold Mobile
Gold Data CenterConvertisseur Or Argent
Pièces d'or sur eBayPièces d'argent sur eBay
Minières :
outils techniques
Minières : outils
d'analyse fondamentale

Paul Jorion

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
Tous les articles de Paul JorionVoir son site webFaire une donation
Articles les plus récents de Paul Jorion
22/05/2013
04/05/2013
29/04/2013
27/04/2013
26/04/2013
Tous les articles
Commenter cet article
Vous devez être connecté pour commenter un article8000 caractères max.
 
Connectez vous
Email : Mot de passe : Login
Inscrivez-vous Mot de passe oublié
 
Vous pouvez recevoir la newsletter de 24hGold. Cliquez ici pour vous abonner ou vous désabonner.
Disclaimer