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Les banques centrales occidentales ont échoué sur toute la ligne
Publié le 06 juin 2011
949 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Non seulement les banques centrales occidentales (la Federal Reserve US principalement) ont elles-mêmes créé la crise de surendettement que nous connaissons depuis des années en pratiquant leurs politiques monétaires keynésiennes ultra laxistes structurellement inflationnistes, mais elles l’ont aggravé en monétisant les dettes publiques et privées à des niveaux jusqu’ici inconnus dans l’histoire au lieu de laisser les inévitables processus d’ajustement aller à leur terme. Leurs manipulations ont évidemment échoué à faire repartir la croissance économique puisque tous les ressorts du marché libre ont été cassés et les prix faussés (qu’il s’agisse des taux d’intérêt comme des actions, des obligations ou des matières premières). Pas plus que la Federal Reserve ne peut aller plus loin dans le Quantitative Easing sauf à provoquer l’hyper-inflation c’est-à-dire l’effondrement du pouvoir d’achat des Américains, la BCE ne peut éviter la faillite des pays les plus surendettés de la zone euro sauf à ruiner toute l’Union européenne tout en faisant imploser à terme la monnaie unique voire la structure politique de l’Union européenne elle-même. C’est donc ce qui reste des forces du marché qui va mettre les pendules à l’heure en infligeant à l’Occident une bonne cure de déflation.

Oui, les marchés d’actions et de matières premières, artificiellement gonflés aux amphétamines monétaires, vont chuter; oui, la Grèce et les autres PIIGS feront un jour défaut; oui, les banques finiront par payer la note de leurs spéculations hasardeuses, à moins que les gouvernements la mettent au compte des contribuables dont les impôts seront augmentés. Ce n’est qu’une question de temps. Le dirigisme finit toujours de la même façon: plus de dettes publiques improductives, plus d’impôts, plus de chômage, donc moins de croissance économique, surtout lorsqu’elle a été basée sur le crédit à tout-va et la production de fausse monnaie. A noter que la plupart des gouvernements actuels, qui ont en réalité perdu tout contrôle des mécanismes qu’ils n’ont pas su ou pas voulu réformer dans le sens du libéralisme authentique (comme les systèmes bancaires ou monétaires -en particulier la zone euro mal conçue depuis sa création qui va depuis plusieurs années à veau l’eau faute de gouvernance cohérente-), tant en Europe qu’aux USA, seront balayés par les électeurs, ce qui ajoutera une dimension d’agitation politique et sociale à la crise financière et économique qui continue de se propager. Placés devant l’alternative de sauver temporairement les banques (c’est-à-dire la bourse) ou bien l’emploi de leurs concitoyens, les politiciens occidentaux (y compris les socialistes comme Obama, Gordon Brown, Zapatero, Papandreou, etc.) après avoir promis que l’emploi était leur priorité ont tenté de sauver les banques sans se rendre compte que c’était impossible compte tenu de la montagne de dettes cachées dans leurs bilans mais, ce faisant, ils ont laissé le chômage réel prendre des proportions dramatiques de nature à casser toute reprise économique puisque la consommation des ménages ne peut que chuter, ce qui in fine coulera les banques et la bourse…

Il n’y a rien d’autre à faire pour les détenteurs d’épargne que de rester investis pour partie en dollars US et pour partie en francs suisses (pour se protéger de la chute de l’euro contre dollar US qui n’a pas encore vraiment commencé) puis de les placer dans les instruments obligataires US (comme le TLT) ou suisses, mais aussi dans les instruments short sur les actions (comme le SDS), puisque la récession qui arrive fera mécaniquement baisser les taux d’intérêts à long terme US et suisses, ce qui est positif pour les obligations, mais fera chuter les marchés d’actions. A notre avis, il faut éviter tout achat d’obligations en euros, surtout publiques des PIIGS, parce que ce sont des poisons aussi redoutables à terme que l’ont été les subprimes US.

L’or, qui a cassé sa résistance vers 1.533 USD l’once, mais aussi le platine et le palladium étonnamment bien soutenus, pourraient encore monter quelques temps mais pas l’argent-métal, dont le marché semble fatigué par les excès spéculatifs récents et les manœuvres des autorités boursières ou des bullion banks. La seule possibilité pour l’argent-métal de se redresser fortement à court terme réside dans l’éventuelle élection d’Humala le 5 juin comme président du Pérou (1er producteur mondial d’argent), dont le programme prévoit la nationalisation des mines et autres ressources naturelles plus ou moins comme l’a fait Chavez au Venezuela. La période estivale n’est jamais favorable pour la hausse des métaux qui, en général, ne montent qu’à partir de l’automne jusqu’au début du printemps. A noter qu’en cas de crash boursier sévère (du type 2008), aucun investissement ne résiste sauf les placements en obligations US (comme le TLT) parce que les banques centrales du monde entier se précipitent comme des moutons dans cet actif faussement réputé plus sûr que les autres, même si cela est faux mais c’est ainsi. Plus que jamais les stratégies Long+Short sont à recommander compte tenu de la volatilité extrême qui va s’accroitre encore. A cet égard, les Fonds Long+Short sur les métaux précieux comme celui que nous gérons, Fuchs & Associates (Long+Short) Precious Metals Investment Fund- code ISIN:  KYG3684X1079 - (+8,34% de gain en CHF depuis 5 mois), devraient bien tirer leur épingle du jeu. Ce qui ne sera pas le cas des Fonds Long-Only ou des actions des sociétés minières -qui n’offrent plus de perspective de gain parce qu’elles cumulent les risques de baisse des métaux mais aussi des bourses-.
Nous conservons les deux ETF en dollars US, TLT et SDS, que nous avons achetés, qui devraient continuer de bien performer.

 



 

Le ratio or/argent-métal repart à la hausse en faveur de l’or et au détriment de l’argent.

 


 

La cassure éventuelle du dernier support vers 1.300 sur le S+P500 des actions US devrait le faire chuter vers 1.150.

 


 

Pierre Leconte

 

Article originellement publié ici

 

 

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Pierre Leconte

Economiste, essayiste, consultant financier et gérant de fortune, Pierre Leconte préside le « Forum monétaire de Genève pour la paix et le développement ». Il a été membre des bourses des marchés à terme de Londres et de New York. Il a aussi conseillé plusieurs institutions publiques, dont une banque centrale sud-américaine, et travaille actuellement à la création de produits financiers peu risqués, adaptés aux besoins de placement d’investisseurs institutionnels comme privés et de gestion des réserves de change de pays émergents. Pierre Leconte a publié en 2007 : La grande crise monétaire du XXIe siècle a déjà commencé !
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