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Le sommet européen : de fausses « bonnes » solutions
Publié le 10 juillet 2012
693 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Le sommet européen qui s’est terminé le vendredi 28 juin, a accouché d’un accord pour le moins inutile. Le duo hispano-italien a cherché à faire reconnaitre ses efforts en matière d’austérité.  La France, malgré la stupeur initiale au vu du « hold-up » méditerranéen, a « obtenu » la libération de 120 milliards d’euros dans le cadre du « pacte de croissance » européen – proposé par l’Allemagne quelques mois auparavant. L’Allemagne a sauvé la face en faisant approuver le  Mécanisme européen de stabilité (MES).

 

Il semble donc que les principaux acteurs de l’Eurozone ont su obtenir de petites victoires. Cependant celles-ci  sont loin d’être une solution pérenne au problème de fond de la zone euro. Certes, les espagnols et les italiens ont commencé à réduire leurs dépenses, mais ils peinent à réformer leur marché du travail et leur fiscalité. S’ils s’étaient engagés dès 2010 à réaliser de telles réformes, alors ils se seraient grandement rapprochés  de la situation Allemande en termes de financement de leur dette. Ce que montrent les taux d’intérêts actuels, c’est que les marchés reconnaissent les « efforts » consentis mais ils n’ont rien  obtenu d’autre qu’un plus  de temps pour tergiverser face au choix qui s’offre à eux : flexibilité réformatrice ou stagnation prolongée.

 

La France, quant à elle, est dans le déni. Le gouvernement envisage des coupes budgétaires bien timides et espère pouvoir obtenir des recettes supplémentaires avec des impôts reconnus inefficaces par des experts en fiscalité comme par la Cour des comptes, elle-même sous la houlette  des socialistes. Le terme de « déni » s’applique parfaitement bien à la situation française depuis au moins quatre ans reçoit des avertissements réguliers concernant son équilibre budgétaire et montrant  la nécessité de procéder à des réformes de fond,  réformes qui restent à ce jour insuffisantes et inadaptées (cf. réforme des retraites).

 

L’Allemagne, héraut de la responsabilité fiscale, insiste sur la mise en place  du MES pour  remplacer graduellement le FESF (Fonds européen de stabilité financière) à partir de l’année 2013. Le principe du MES est pratiquement le même que celui du FESF (il s’agit d’une titrisation des dettes garanties par les actifs financiers de membres participants, voir cet article). La différence est que le MES est conçu pour être une institution définitive alors que le FESF était supposé être temporaire. Peu importe les conditions supposées plus sévères d’accès au  MES, il n’élimine pas le problème de fond, à savoir l’existence d’une dette publique nourrie par des déficits publiques chroniques.

 

En fait, le MES a été créé pour permettre à des pays au bord de la banqueroute d’avoir accès à de nouvelles sources de financement  et non pour enrayer cet endettement.

 

L’entente franco-allemande a même ressurgi des cendres pour rappeler le besoin d’une taxe sur les transactions financières visant à réduire l’activité spéculatrice au sein de l’Eurozone. Or, la taxe sur les transactions financières existe déjà sous différentes formes dans plusieurs pays sans que ces pays aient pu mettre fin à  la spéculation financière sur leurs territoires. Ces taxes, seraient-elles un moyen additionnel pour l’État de participer aux gains que les banques font en finançant la spéculation financière avec leur création monétaire ? Une espèce de droits fiscaux qui la légitimerait ?

 

Et que dire de l’union bancaire proposée par Mario Monti ? Sur le papier, l’idée est d’éviter les ententes obscures entre les États et les banques en détresse sur leur territoire. Pourtant, ces négociateurs qui préconisent plus de « transparence » sont aussi ceux qui proposent un MES qui permettra aux banques de céder des titres souverains devenus aujourd’hui invendables sur le marché.

 

Le projet d’union bancaire est-il vraiment d’apporter plus de transparence au système bancaire ? N’est-il pas tout simplement, comme l’a précisé le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, un moyen pour la Banque centrale Européenne de jouer « pleinement son rôle », c’est-à-dire de financer sans limite les banques détentrices des titres « pourris » ?

 

Grâce à ce nouveau sommet, l’Europe et les marchés respiraient de nouveau. Peut-être, mais il ne s’agit sans doute que d’une bouffée d’oxygène. Mieux vaut donc  retenir son souffle avant que de nombreux autres sommets soient nécessaires.

 

 

 

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Gabriel Gimenez-Roche

Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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