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J'entends beaucoup de gens réclamer des changements. Je ne comprends pas. Les choses ne vont-elles pas suffisemment mal comme cela ?
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Un pas en avant et deux en arrière
Publié le 10 juillet 2012
869 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
 
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Mots clés associés :   Bce | Dette | Zone Euro |

 

 

 

 

Il avait déjà été souligné que les ouvertures consenties par le gouvernement allemand étaient conditionnelles et renvoyaient de fait à la Saint-Glinglin. Elles supposent une union politique préalablement achevée tout en étant promise pour plus tard. D’autres informations sortent qui confirment que le dernier sommet était en trompe-l’œil et que les marchés ne s’y sont pas trompés.

 

Ils sont en train de perdre patience à propos du renflouement qui s’éternise des banques espagnoles et exercent une pression maximale : le taux espagnol à 10 ans a dépassé lundi matin le seuil de 7 %. Et il va pourtant falloir attendre la prochaine réunion de l’Eurogroupe du 20 juillet pour connaître les conditions qui vont accompagner le versement des fonds européens.

 

L’une des deux grandes décisions du dernier sommet a été de renflouer les banques sans passer par les États, afin de ne pas lier davantage leurs endettements. Une résolution présentée comme allant dénouer leurs dettes, mais se contentant en fait de ne pas les nouer davantage. D’après un haut fonctionnaire européen non identifié, cité par Reuters, les choses ne seraient pas si simples : le MES pourrait injecter directement de l’argent dans les banques, mais l’État concerné devrait apporter sa garantie…

 

Ce processus est par ailleurs devenu une course d’obstacle, puisqu’il suppose réalisé le nouveau dispositif de supervision des banques, première étape de l’union bancaire. Mais la bataille fait rage pour savoir quelles banques seront dans le périmètre de surveillance de la BCE. À l’exception du gouvernement français, qui voudrait l’élargir à toutes, les gouvernements cherchent à continuer de couver leurs banques malades pour les protéger. L’opération vérité n’est pas pour demain, alors que la BCE voudrait en précipiter une, à sa manière. Elle cherche à accélérer la mise en route de cette nouvelle mission – qui ne va pas être exercée dans le sens de la transparence – et claque par ailleurs la porte aux gouvernements en confirmant que les achats d’obligations sur le marché, c’est fini !

 

Cela ne fait pas l’affaire de Mario Monti, qui rend coupables les pays du Nord qui réclament des garanties en contrepartie de leur aide ou la Confindustria (l’organisation patronale italienne) qui agite en interne le chiffon rouge de l’austérité : il voudrait qu’un mécanisme, quel qu’il soit, contribue au plus vite à détendre le marché obligataire. Car le programme d’émission obligataire de l’année est loin d’être réalisé et le coût du service de la dette est en train de grimper. Sa quête est vaine. Son pays est pris en tenailles entre une croissance qui n’exerce pas sa magie et le coût d’une énorme dette qui continue d’augmenter.

 

La seconde grande décision du sommet, l’activation des achats obligataires par les fonds de soutien, reste elle aussi bloquée et repoussée à plus tard, son financement n’étant pas assuré.

 

L’attentisme qui prévaut a ses conséquences dans toute la zone euro. Le nouveau gouvernement grec voudrait brader tout ce qu’il possède afin de faire rentrer de l’argent. Tous va y passer, du moins s’il y a des preneurs. Il est reconnu que le deuxième plan de sauvetage a déraillé et qu’il va se révéler impossible de le remettre sur ses rails. La phase de liquidation a commencé, car il va falloir trouver une solution pour alimenter la trésorerie de l’État, si le blocage des versements des prêts se poursuit. Prochaine échéance : le 20 août, et c’est la BCE qui s’y colle car il s’agit du remboursement d’une tranche d’obligations qu’elle détient.

 

Mariano Rajoy va annoncer mercredi racler jusqu’à l’os les finances centrales et des régions, afin de montrer sa bonne volonté et d’anticiper sur les conditionnalités au soutien des banques espagnoles qui sont en cours de négociation à Bruxelles. Il préfère endosser de nouvelles mesures d’austérité plutôt que d’apparaître devoir s’y plier, n’ayant comme seul registre que d’agiter l’orgueil national. C’est à un autre jeu de la même famille que joue Passos Coelho, le premier ministre portugais. Il se refuse d’entamer la négociation d’une rallonge du calendrier afin de repousser à plus tard un impossible atterrissage prévu en 2013, tout en sachant qu’il n’y coupera pas. Les Grecs sont pris entre les mâchoires de tenailles, les Portugais entre les lames de ciseaux : leurs recettes fiscales diminuent, leurs dépenses sociales destinées à amortir le choc augmentent. Il n’y a pas de salut.

 

Tout à leurs jeux et à leurs préséances, les dirigeants européens sont pris à leur propre piège et tentent de s’en sortir à l’esbroufe. Incapables d’enrayer la dynamique à laquelle ils ont contribué, eux ou leurs prédécesseurs. La seule logique qu’ils poursuivent, ou dont ils tentent d’arrondir les angles, s’alimente de recettes néo-libérales auxquelles ils se raccrochent. Elles ne font qu’aggraver le mal : pauvres d’eux et pauvres de nous !

 

 

Billet rédigé par François Leclerc

 

Son livre, Les CHRONIQUES DE LA GRANDE PERDITION vient de paraître

 

Un « article presslib’ » est libre de reproduction numérique en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

 

 

 

 

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Pour ce qui est de l'esclavage, on y est. Les banques ne raffolent pas de l'or physique, car un bankster ne sait pas le multiplier, il peut seulement faire une plus-value au meilleur des cas, mais ce n'est que du one shot. Les banques aiment le crédit,  Lire la suite
twinpeaks - 12/07/2012 à 20:26 GMT
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Paul Jorion

Paul Jorion, sociologue et anthropologue, a travaillé durant les dix dernières années dans le milieu bancaire américain en tant que spécialiste de la formation des prix. Il a publié récemment L’implosion. La finance contre l’économie (Fayard : 2008 )et Vers la crise du capitalisme américain ? (La Découverte : 2007).
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"le MES pourrait injecter directement de l’argent dans les banques, mais l’État concerné devrait apporter sa garantie…"

Sous quelle forme "sa garantie" ? Sous la forme d'or, peut-être ? Si c'est bien ça, j'espère que les Etats seront plus malins que cela...

cf. article http://www.24hgold.com/francais/actualite-or-argent-l-allemagne-aux-pays-debiteurs--notre-cash-contre-votre-or-.aspx?article=3932001102G10020&redirect=false&contributor=James+Turk.

C'est peut-être pour cela d'ailleurs la vraie raison pour laquelle les Pays-Bas et la Finlande désirent sortir de l'eurozone ?


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Salut Lolo,
D'après ce que j'ai compris, le MES est une sorte de banque dont 90% des fonds n'existent pas mais garantis par les états membres et 10% donnés par ces mêmes états.
Ces garanties sont des impôts futurs (recettes des états)

C'est un masque porté les états pour sauver les banques sans susciter la colère des peuples. Une BCE bis (la première est insolvable), une planche à billets au service des banques.

MES: Une banque dont les fonds propres (80Mds€) sont une dette contractée par les états et qui permet à cette banque de créer encore plus de monnaie (700Mds€ dans le respect des critères bancaires). Cette masse sera distribuée aux banques qui pourront à leur tour créer de la monnaie (~ 6000Mds€ ) sous forme de dettes souveraine, toujours dans le respect des critères d'une banque.

Des états qui se demandent une garantie, lol
Si ça tourne mal, on prend des 6000Mds€, on injecte dans le fond propre du MES 80Mds, on obtient 160Mds, donc 1400Mds, donc 12000Mds au bout ;)

où iront nous chercher l'or nécessaire pour garantir tout ça?
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he bien chez ce qui en ont
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Salut Twinpeaks,

Merci pour les éclaircissements.

"où iront nous chercher l'or nécessaire pour garantir tout ça?"

Ben oui, "THAT'S THE QUESTION !", précisément.

Où chercher l'or ? A mon avis, auprès des Etats (ou plutôt de leurs banques centrales), car ils ont tous un certain tonnage d'or. Et on sait aussi qu'une situation d'hyperinflation est la situation idéale pour détruire le papier et les dettes car dans ces moments là l'or vaut alors beaucoup de papier Q. A mon sens, c'est ce vers quoi on va... je ne vois pas d'autre issue. A moins que tu aies une autre idée ?

Si le but des banksters est d'avoir le contrôle et la mainmise sur le monde entier (et pour ce faire ils doivent imposer la monnaie scripturale et puis la RFID d'où ce fort lobby), la seule chose qu'ils ont à faire est de faire en sorte que les Etats continuent à s'enfoncer comme ils le font en faisant n'importe quoi jusqu'à aller gager leur or à titre de garantie puisque les seuls impôts (même futurs) ne suffiront quand même pas pour rembourser leurs conneries.

Au final, ce seront les banksters qui auront récupéré tout l'or du monde et les citoyens du monde entier se retrouveront du jour au lendemain leurs esclaves ! :-((

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Pour ce qui est de l'esclavage, on y est.
Les banques ne raffolent pas de l'or physique, car un bankster ne sait pas le multiplier, il peut seulement faire une plus-value au meilleur des cas, mais ce n'est que du one shot.

Les banques aiment le crédit, la masse monétaire, l'argent papier, ça fait des petits.
Il y a encore près de 1000Mds issus des précédents LTRO non utilisés, ça va faire de l'inflation.
L'or est une réserve pour les banques centrales, on s'en sert comme dernier recours ... des bijoux de famille.
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