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Figure 1 : Bilan des quatre banques centrales principales
(en mille milliards de dollars). BoE : Banque centrale
d’Angleterre ; ECB : Banque centrale européenne ;
US Fed : Réserve fédérale américaine ;
BoJ : Banque centrale du Japon.
« Ayant construit un pont pour d’autres décideurs et
pour des bilans sains dans le secteur privé, les banques centrales
doivent maintenant espérer qu’une réponse plus à
propos, détaillée et efficace verra le jour (et doivent la
réclamer selon le cas) », affirme ce mois-ci le
directeur général de Pimco, Mohamed El-Erian.
La réclamer, elles l’ont fait. Les dirigeants de
chacune des quatre grandes banques centrales du monde
développés ont récemment dit qu’ils ne pourraient
pas sauver le monde, avec
simplement plus de billets, tant pis pour les taux
d’intérêt les plus bas, restés longtemps à
zéro. Donc cette semaine, le président de la banque centrale
européenne, Draghi, appelle à un « pacte de
croissance » des gouvernements de la zone euro. Ben Bernanke a
ajouté ses deux sous, en affirmant « qu’il a
été extraordinairement accommodant »,
et que vraiment il préférerait ne pas imprimer !
Imprimer ! Imprimer ! sans limite, simplement dans l’espoir
vague de stimuler marginalement et de façon incertaine
l’économie.
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Les présidents actuels des quatre
banques centrales principales :
*Mario Draghi
--> Banque centrale européenne
*Mervyn King --> Banque centrale d’Angleterre
*Ben Bernanke --> Réserve fédérale américaine
(Fed)
*Masaaki Shirakawa --> Banque centrale du Japon
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Les véritables actions du président de la Fed jusqu’ici
nous laissent penseurs. Mais quiconque dit que Paul Krugman a faux,
même si tard dans cette situation, ne peut pas être tout à fait
mauvais. Et après avoir shooté dans une boîte
de conserve aussi loin que possible au bout de la rue, les dirigeants des
banques centrales semblent vraiment espérer que les autorités
fiscales arriveront dans la zone de pénalty, tireront entre les
défenseurs placés près des poteaux et marqueront.
Et, sinon ? « Si [la correction du gouvernement]
peine à se matérialiser, les banques centrales risquent de se
retrouver à avoir bâti des ponts très chers qui vont
nulle part, » déclarait déjà
El Erian en janvier.
Le choix de l’expression « ponts qui vont nulle
part » (bridges to nowhere) est pertinente mais étrange. Le
plus souvent, elle décrit l’énorme dépense du
gouvernement vu au Japon quand il s’est débattu contre la
déflation par la dette après que sa bulle ait explosé au
début des années 1990. Le béton a été
versé à travers le pays, avec des routes et des ponts
littéralement bâtis pour emmener personne, nulle part, autre que
garder les travailleurs éloignés des pôles emploi locaux.
Donc la correction qu’espèrent El-Erian, le
directeur général de Pimco, et les banques centrales du monde
entier maintenant ne pourrait en fait ne pas marcher. Elle n’a
sûrement pas inversé la dépression du Japon il y a vingt
ans. Et de toute façon, elle n’a encore rien donné en
occident, où le « plan
d’austérité » (ou ce qui s’en rapproche)
n’est contesté seulement que maintenant par un consensus
politique grandissant.
En attendant cette correction, et l’extension des
débarcadères de ces mesures (ces ponts qui se jettent dans la
mer) cette fois dans l’espoir de raviver l’investissement du
secteur privé en bâtissant au dessus de la dette public record
d’aujourd’hui, « [les banques centrales] vont faire
face à une forte pression, avec des implications pour le futur du
système des banques centrales lui-même, ainsi que pour le
bien-être des économies aux niveaux national, régional et
mondial », comme prévenait El Erian en début
d’année.
On n’aurait pas mieux dit. Donc on n’essayera pas.
Cela vaut la peine de consulter le graphique des rendements du Dow Jones, des
bons du trésor ou descours de l’or, cependant, pour
s’apercevoir que ce trou béant entre un
débarcadère de mesures et le suivant est si
déstabilisant pour les capitaux consolidés.
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