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Cours Or & Argent en
Economie mondiale : y'a t'il encore de vrais pilotes dans nos avions ?
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Membre depuis février 2016
105 commentaires
Publié le 13 mars 2016
1465 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 3 votes, 5/5 ) , 1 commentaire
Ce titre un peu accrocheur pour livrer à vos méninges une piste de réflexion intéressante : nos dirigeants ont-ils encore suffisamment de pouvoir pour influencer le monde ?
A vrai-dire, vouloir répondre ici serait impossible, tant par manque de place, que parce que toutes les informations ne sont pas disponibles.

On peut en revanche lancer le débat.

Voici brièvement résumées quelques idées qui peuvent aider à appréhender le problème.



1) La fin du monopole "dollariste"

il y a 50 ans, l'économie mondiale était dominée par le dollar. Pratiquement tout se négociait dans cette monnaie. Mais l'avènement de l'euro, et son renforcement progressif font que désormais l'économie mondiale fonctionne sur un système qu'on appellera bimonétaire, grosso modo tenu à 60% par le dollar et le reste par l'euro. C'est quand même pas si mal puisque l'euro n'a qu'une toute jeune existence (à peine 15 ans !). Conclusion logique : le pouvoir monétaire de l'Europe est loin d'être négligeable.




2) la lutte entre 2 systèmes monétaires

On pourrait être tenté de penser que les USA ont intérêt à la disparition de l'euro. Cet argument ne résiste pas à l'analyse, pour 2 raisons simples.
La première est que l'instauration d'un système concurrentiel oblige les entreprises et les états à la compétitivité. car se reposer sur un "monopole" est une garantie d'échec absolu (on peut citer 2 témoins bien connus : l'ex URSS et Cuba).
La seconde est que dans un sytème monomonétaire, l'effondrement de la monnaie entraîne un chaos immense: rappelons-nous par exemple que la grande dépression de 1929, initialement américaine, s'est propagée dans le monde entier. Et encore, il ne s'agissait que d'une dépression, et non d'un effondrement. Si demain le dollar venait à s'effondrer, l'euro pourrait prendre la relève, même aux USA, le temps que les américains rétablissent leur monnaie !
Pour ces raisons, les USA ont tout intérêt à essayer de partager le marché financier mondial avec nous. Partager veut bien dire partager, c'est à dire arriver à un équilibre...



3)c'est là qu'on touche au cœur : le pouvoir des politiques sur la monnaie

D'abord toutes les zones et tous les pays ne sont pas égaux devant ce pouvoir.
En France par exemple, ce pouvoir est faible : la structure démocratique de nos institutions oblige les dirigeants à obéir à des contraintes monétaires légales.
Pas question par exemple de "faire fonctionner la planche à billet" aussi facilement qu'aux USA, où une simple décision présidentielle approuvée par au moins un tiers du sénat américain suffit. Nos dirigeants sont prisonniers d'un carcan de lois que eux et leurs prédécesseurs ont mis en place, et qui, si elles nous protègent de fortes dérives, nous gênet aussi dans certaines initiatives.
La situation de la France est quasiment identique dans toute l'Europe, à une exception près, l'Allemagne. Une tradition maintenant bien ancrée de négociation entre patronat et monde ouvrier, accompagnée d'une forte tendance à l'autodiscipline (ça nous manque en France...) permet aux dirigeants allemands de faire passer plus facilement les "pilules" (voir avec quel succès la RFA a absorbé la RDA !!!). Mais cela reste relatif, les allemand eux aussi ont leurs carcans de lois.

Pour l'Afrique, on n'en parle pas encore : elle est trop faible comme acteur, car elle est surtout un fournisseur de matières premières. Le jour où les africains s'uniront pour nous dire "merde", le monde tremblera. En attendant, sur le plan monétaire, elle vaut pas tripette...

L'Asie repose sur un paradoxe : d'un côté le Japon, où les habitants savent depuis toujours vivre sur volcan, quasiment au sens propre du terme. L'insularité et le risque sismique ont discipliné ce peuple au point de le condiitionner à sa survie, qui passe par une maîtrise techologique et industrielle plutôt que par la logique financière. La Corée (du Sud) qui émerge est à ranger dans le même camp, bien qu'encore "naine au niveau mondial". Restent 2 cas bien plus importants: la Chine et l'Inde. Ce dernier pays est encore loin d'influencer le monde financier en raison de ses problèmes de populations, dûs en grande partie à l'influence des religions et croyances. La Chine, elle, essaye de développer tous azimuts ses possessions dans le monde : elle achète des ports en Grèce ou en Italie, des usines et des exploitations minières en Afrique, des terres agricoles en France pour ne citer que ces exemples connus. Son système politique est rigide, mais ses dirigeants ont eu l'intelligence de comprendre que l'économie de marché est imparable. Ils appliquent donc les principes du socialisme communiste à leur fonctionnement, en cherchant à avoir la main mise sur le plus grand nombre de paramètres économiques. Ce faisant ils engendrent eux-même leur propre faiblesse, puisqu'ils sont obligés de s'ouvrir au monde, et les chinois découvrent ainsi petit à petit un semblant de démocratie. Il n'en reste pas moins que la gestion chinoise n'est pas commandée par les acteurs économiques, mais par le système, comme par exemple la nécessité de dominer le marché de l'or ou des terres rares. Les politiques chinois appliquent donc avec discipline les règles qui découlent de leur idéologie. Peut-on alors dire qu'ils pilotent réellement leur avion ????

L'océanie n'est pas en question : elle est essentiellement la propriété plus ou moins directe des grandes puissances. Même l'Australie est inféodée au Commonwealth, malgré les distances qu'elle en a pris et son souci d'indépendance affichée.

Le Moyen-Orient n'est qu'une façade à un bazar ambulant.
On y est riche parce qu'il y a le pétrole, et que le monde en a encore besoin. Mais on ne semble pas y avoir d'autres ambitions que d'utiliser les richesses créées par ce pétrole. Et on donc on développe chez soi tout en investissant chez les autres.

La Russie est la grande inconnue. Elle émerge d'un chaos dû à l'effondrement soviétique, chaos dominé par quelques centaines de grandes familles qui ont fait fortune grâce au gaz, à l'immobilier, au pétrole, au diamant, et.... à la criminalité organisée. Le grand souci de la classe dirigeante russe, c'est actuellement de remettre de l'ordre, pas d'intervenir sur les problèmes monétaires et financiers internationaux, même si, politique étrangère oblige, on y est obligé de protéger ses alliés d'hier (Cuba, Syrie, Egypte....).

Finalement, il ne reste guère que les USA dont on pourrait penser que les principaux acteurs dirigent bien la machine.
Le déficit énôôôrme du pays résulte bel et bien de volontés politiques, celles des différents présidents qui se sont succédés.
Mais avaient-il vraiment le choix ?
En fait, il faut refaire un peu d'histoire. En 1933, pour aider les USA à sortir de la crise, Roosevelt lance sa politique du New Deal. Grosso-modo, on met en œuvre de nouveaux et grands chantiers (par exemple construction de barrages) pour donner du travail. L'exemple ayant été positif, au sortir de la seconde guerre mondiale, les USA aident l'Europe à se reconstruire grâce au plan Marshall et le Japon grâce au plan Dodge.
Bien entendu, tous ces plans étaient aussi basés sur d'importantes réformes et contraintes financières.
Mais les Humains que furent nos pères et que nous sommes aussi n'ont retenu qu'une chose : c'est le développement qui a permis de sortir des crises et récessions. Les privations, les rationnements, les abandons de dette, les intérêts, tout cela est passé à la trappe de nos mémoires.

Aujourd'hui où l'industrie et le commerce se sont mondialisés, les acteurs de l'activité économique ont donc pris l'habitude de jouer le développement à tout prix. Et les politiques n'ont plus le choix, parce qu'ils ne détiennent plus le pouvoir pour de simples raisons électorales : la moindre décision banale entraîne des milliers de chômeurs en plus, et donc l'assurance de perdre des voix aux prochaînes élections. Et comme la plupart des décideurs politiques viennent du monde des élus, il est difficile à ces derniers de négliger l'électorat... Bien sûr, dans le lot ils se trouve toujours un Bernard Tapie ou un Donald Trump pour tenter de faire croire au monde qu'il sait, lui, parce qu'il vient du monde du travail, ce qu'il faut faire pour nous "sauver" ! Illusion : lui-même est déjà trompé par sa croyance dans le développement à tout prix !




Ce qui peut de prime abord ressortir des divers arguments résumés ci-dessus, c'est par exemple que celui développé par les écologistes de stopper le développement artificiellement programmé et de favoriser le développement durable est un bon sens évident.
Mais en écrivant ce bref commentaire, mon intention n'est pas d'encenser les écolos, plutôt de nous faire réfléchir.
Les vrais acteurs, les vrais pilotes de nos avions, c'est VOUS et moi, les obscurs, les humbles, ceux qui par leurs actes de tous les jours tentent de protéger ce qui reste de valable sur notre monde.
Cela passe aussi et bien sûr par l'épargne, par l'investissement, mais pas seulement.
Peut-être par notre masse pourrons nous ainsi forcer ceux qui détiennent une once de pouvoir, économique ou politique, à aller dans le sens de NOS intérêts, pas des leurs.

Qu'en pensez vous ?
Allez, c'est à vous....
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