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Cours Or & Argent en

4000 ans de contrôle des prix

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Extrait des Archives : publié le 11 décembre 2012
1460 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Université de l'or

 

 

 

 

La loi de l’offre et de la demande s’est vue laisser libre cours – du moins partiellement – sur les marchés de l’énergie, d’où par exemple les fluctuations du prix du carburant. Une forte demande, couplée à un renforcement des restrictions régulatrices relatives à l’offre suite aux récents ouragans, ont entraîné une hausse du prix du carburant. A mesure que les raffineries endommagées par les ouragans ont été réparées, les prix ont recommencé à chuter.

Nous n’avons souffert d’aucune pénurie et ce, grâce à l’absence de contrôle de prix, bien que le Congrès se donne actuellement beaucoup de mal pour faire changer les choses. Poussé à agir par un public économiquement ignorant, le Congrès a récemment tenu l’une de ses Grandes Inquisitions périodiques et demandé aux gérants de sociétés pétrolières comment ils osaient tirer profit du système Américain de libre-entreprise.

Des accusations de prix outranciers – c’est-à-dire de laisser les forces du marché déterminer les prix - ont fait surface, suivies par des appels visant à un contrôle accru des prix. Bien que les termes ‘contrôle des prix’ ne soient jamais clairement employés, les projets de loi tels que la politique de lutte contre les prix outranciers n’en sont qu’un euphémisme.

L’affaire concernant le contrôle des prix est bien loin d’être un exercice académique qui se limite aux manuels d’économie. Nous disposons d’archives historiques vieilles de plus de 4000 ans relatives aux catastrophes qu’il a pu causer. Ces archives sont partiellement documentées dans un excellent ouvrage écrit par Robert Schuettinger et Eamon Butler publié en 1979 et intitulé Forty Centuries of Wage and Price Controls.

Les auteurs commencent leur livre par une citation de Jean-Philippe Levy, auteur de L’Economie Antique, qui explique qu’il existait en Egypte au IIIe siècle avant J.C. une réelle ‘omniprésence de l’Etat’ dans la régulation de la production et de la distribution des céréales. ‘Tous les prix étaient fixés et à tous les niveaux. Ce contrôle finit par prendre des proportions effrayantes et une armée entière d’inspecteurs fut créée’.

Les fermiers Egyptiens ont fini par être tellement en colère contre ces inspecteurs que beaucoup d’entre eux ont quitté leur ferme. Avant la fin du siècle, l’économie du pays s’effondra, tout comme sa stabilité politique.

A Babylone, il y a de cela 4000 ans, le Code d’Hammurabi était un labyrinthe de régulations et de contrôle des prix. ‘Si un homme emploie un autre homme pour l’aider à travailler sa terre, ce dernier doit être payé huit gurs de maïs par an’, ‘Si un homme emploie un berger, il devra le payer six gurs de maïs par an’, ‘Si un homme loue un bateau de soixante tonnes, il devra payer un sixième d’un sicle d’argent par jour’. Et ainsi de suite… Ces lois ont étouffé le développement économique de l’empire durant de nombreux siècles. Une fois qu’elles furent abolies, une transformation notoire fut enregistrée en termes de fortunes personnelles.

La Grèce antique imposait également des contrôles sur la production et la distribution de céréales, et est allée jusqu’à former une ‘armée d’inspecteurs du grain chargés d’en fixer le prix en fonction de ce que le gouvernement d’Athènes jugeait juste’. Cette fixation de prix mena inévitablement à une pénurie de grain, bien que les entrepreneurs de l’époque parvinrent à sauver des milliers de vies en contournant ces lois. Malgré une menace de peine de mort en cas de désobéissance à ces lois, ces dernières étaient quasiment impossibles à faire valoir. Les pénuries nées de ces contrôles de prix ont multiplié les opportunités de profit sur le marché noir, au plus grand bénéfice du public.

En l’an 284, l’Empereur Romain Dioclétien a entraîné une inflation en faisant entrer trop de monnaie en circulation et a ensuite fixé les prix maximums que pouvaient atteindre la viande de bœuf, le grain, les œufs, les vêtements et de nombreux autres produits, avant de prescrire la peine de mort contre toute personne tentant de vendre quoi que ce soit à un prix plus élevé que celui qu’il avait déterminé. La conséquence de tout cela, comme l’expliquent Schuettinger et Butler en citant un historien de l’époque, a été un refus de la part des marchands d’apporter leurs biens sur les places de marché, puisqu’ils ne pouvaient en tirer un prix raisonnable. ‘La pénurie qui en découla entraîna de nombreuses morts et la loi fut abolie’.

A une époque plus proche de la nôtre, l’armée révolutionnaire de George Washington a frôlé la famine en raison de contrôles de prix imposés en Pennsylvanie et dans d’autres Etats coloniaux. La Pennsylvanie imposait à l’époque des contrôles de prix aux biens spécifiquement nécessaires aux armées, entraînant ainsi de nombreuses pénuries. Le Congrès Continental prit le 4 juin 1778 la décision d’adopter une résolution visant à empêcher les contrôles de prix, stipulant que ‘puisqu’il a été prouvé par notre expérience que les régulations imposées sur les prix sont non seulement inefficaces mais également productrices de conséquences maléfiques, nous recommandons aux Etats d’abolir ou de suspendre toute loi limitant, régulant ou restreignant le prix de quelque produit que ce soit’. Comme l’écrivent Schuettinger et Butler, ‘avant l’automne de 1778, l’armée put profiter de ces changements de politique’.

Les hommes politiques français ont répété les mêmes erreurs après la Révolution Française, en mettant en place la Loi du Maximum Général en 1793, qui fut tout d’abord imposée sur le prix du grain, puis sur celui de nombreux autres produits. ‘Dans un certain nombre de villes Françaises, les gens étaient si mal nourris qu’ils s’effondraient de faim en pleine rue’. Une délégation de provinces écrivit au gouvernement de Paris qu’avant la loi sur le contrôle des prix, ‘les marchés étaient bien fournis, mais qu’après la mise en place de la loi ayant fixé les prix du blé et du seigle, ces céréales n’étaient plus disponibles nulle part’. Les seuls produits disponibles sur les marchés étaient ceux ne souffrant pas de régulations. Le gouvernement Français fut forcé d’abolir ses lois régulatrices, après avoir causé la mort de milliers de personnes. Lorsque Robespierre fut porté à travers les rues de Paris avant d’être guillotiné, les gens hurlaient ‘Laissez passer le Maximum !’. Si seulement nos hommes politiques contemporains en avaient tiré des leçons.

A la fin de la seconde guerre mondiale, les responsables de la planification centrale aux Etats-Unis étaient plus totalitaires que les Nazis en matière d’économie. Lors de l’occupation de l’Allemagne, ils ont éprouvé un certain attachement aux contrôles économiques mis en place par les Nazis, ceux-là mêmes qui prévenaient la croissance économique. Le célèbre Nazi Hermann Goering alla jusqu’à sermonner le correspondant Américain à la guerre Henry Taylor à ce sujet !

‘Votre Amérique prend des décisions économiques identiques à celles qui nous ont causé tant de tort. Vous tentez de contrôler les prix et les salaires, et jusqu’au travail des gens. Si vous en faites ainsi, alors vous devez contrôler la vie de vos citoyens, ce qui est impossible. J’ai essayé, et j’ai échoué. Il n’est même pas possible de le faire seulement partiellement. J’ai essayé aussi et je n’y suis pas parvenu. Vous n’êtes pas meilleurs que nous en matière de planification. Je pensais que vos économistes pourraient tirer des leçons de notre expérience’.

Les contrôles des prix furent abolis en Allemagne par le Ministre de l’Economie Ludwig Erhard en 1948, un dimanche, alors que les autorités occupantes Américaines étaient absentes et ne pouvaient rien faire pour l’en empêcher. De sa décision découla le ‘miracle économique Allemand’.

Des contrôles de prix ont été à l’origine de la crise de l’énergie des années 1970 et à la crise Californienne des années 1990 (seule le prix au gros de l’électricité y était dérégulé, et les prix au détail faisaient l’objet de contrôles). Durant plus de 4000 ans, dictateurs, despotes et hommes politiques de tous bords ont aperçu les contrôles de prix comme une promesse ultime faite au public.

D’un mouvement de leur main qui tient le stylo législatif, ils ont promis de tout rendre moins cher. Et durant plus de 4000 ans, les conséquences en ont été les mêmes : pénuries aux conséquences parfois catastrophiques, détérioration de la qualité des produits, prolifération du marché noir sur lequel le prix est en réalité trop élevé et où la corruption est rampante, destruction de la capacité productive des industries souffrant de contrôles de prix, distorsion des marchés, création de contrôle de prix oppressants et tyranniques par la bureaucratie et concentration dangereuse du pouvoir politique entre les mains de ceux qui contrôlent les prix.

C’est cela même que le public Américain ignorant tout des principes économiques voudrait que le Congrès mette en place sur le marché de l’industrie énergétique. Espérons que les récents débats tenus au Congrès au sujet du prix du carburant n’étaient rien de plus qu’une de ses charades habituelles de relations publiques.

 

 

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Thomas DiLorenzo est économiste et professeur au Loyola College du Maryland. Il est l'auteur de 10 livres sur l'histoire américaine, les politiques antitrust et l'interventionnisme de l'état dans l'économie en général.
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A vouloir trop prouver, on dessert sa cause
Car vraiment, c'est bizarre!
Depuis Nabuchodonosor, et constamment à travers l'Histoire, les Princes qui nous gouvernent ont agi comme des imbéciles
Bizarre! et, à vrai dire, peu crédible
Voyons, y aurait-il une autre cause?

Ne serait-ce pas que la Spéculation, fille de la Liberté, conduit souvent à des abus que le Prince, par nécessité, doit corriger?
C'est son job de Prince de corriger et il est, finalement, assez sage d'agir ainsi
Messieurs les marchands soyez vertueux et vous aurez la liberté
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Vous ne voyez que la moitié des faits, sans doute a cause de votre passion pour la régulation, lorsqu'il n'y a pas de controle ça fonctionne beaucoup mieux nonobstant le libre champ que vous estimez laissé a la spéculation.
Les prix actuellement réglementés concernent des secteurs bien malades:

Le prix du travail non-qualifié est fixé par les politiciens et le chômage est endémique.
Le prix de la santé est fixé de même et le système marche sur la tête.
Le prix de la scolarité...

etc etc
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Plus le contrôle est important, plus il doit être court....après la difficulté est de définir des durées.......-->impossible.....cela dépend de la résilience du tissu économique, en fonction d'un produit par rapport à tous les autres, a accepter une déformation.............en admettant, bien-sûr, que l'économie soit une science exacte...........c'est peine perdue............si nous avions des sages aux pouvoirs, le mieux qu'ils pourraient faire serait justement de ne rien faire sur le contrôle.............
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Vous ne voyez que la moitié des faits, sans doute a cause de votre passion pour la régulation, lorsqu'il n'y a pas de controle ça fonctionne beaucoup mieux nonobstant le libre champ que vous estimez laissé a la spéculation. Lire la suite
brennec - 07/01/2018 à 11:14 GMT
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