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Alternatives à l’Euro : Une analyse autrichienne

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Extrait des Archives : publié le 18 mars 2014
1145 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
( 11 votes, 5/5 ) , 4 commentaires
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Depuis sa conception et son introduction, l’Euro a été la cible de nombreuses critiques, issues de différents courants économiques incluant les keynésiens et les néoclassiques. Ces critiques se concentrent surtout sur des questions de forme plutôt que de fond. Plus que sa nature – à savoir, une monnaie papier produite par une banque centrale – c’est la gestion de l’Euro qui est généralement visée, l’indépendance de la BCE vis-à-vis des gouvernements des membres de la zone Euro, ses objectifs  (stabilité monétaire et stabilité des prix versus croissance économique) et les méthodes de refinancement des banques commerciales.


Ces critiques ne remettent pas vraiment en question la faisabilité ou la désirabilité de la monnaie unique considérée comme un élément supplémentaire d’union entre les pays européens et comme une garantie contre les politiques de dévaluation pro-exportation typiques de l’entre-deux guerres et de la période post-Bretton Woods.


À l’inverse, seuls les économistes dits de l’École d’économie autrichienne se sont montrés critiques à l’égard de la nature même du système monétaire européen mis en place depuis 1999. Ils sont critiques du fait qu’une banque centrale monopolise la production de papier-monnaie et soutienne un système bancaire à réserves fractionnaires.


Quatre ans après le début de la crise grecque, devenue entretemps une crise de la dette publique européenne et par conséquent une crise de l’Euro, les critiques contre l’Euro sont revenues avec plus de force de la part de tous les spectres politiques. L’École d’économie autrichienne revient alors aux esprits des critiques. La gauche s’approprie la critique autrichienne qui vise l’aide apportée par la BCE au système bancaire à réserves fractionnaires. La droite, quant à elle, souligne un aspect de la critique Autrichienne, à savoir  que cette monnaie supranationale a échoué à apporter une quelconque stabilité monétaire dans la zone euro et qu’elle a plutôt affaibli les pays membres en contribuant à leur endettement.


Chacun prend ce qui convient à sa rhétorique mais tous évitent d’embrasser la critique de fond du système actuel défendu par les autrichiens, à savoir que le problème de l’Euro est avant tout lié au monopole dont il fait l’objet. À gauche, loin de déplorer ce fait, il s’agit de garder une monnaie papier monopolisée par l’État, mais de se garder d’aider systématiquement les banques.  À droite, le monopole ne pose problème qu’en ce qu’il n’est pas dans les mains d’un État national. À gauche comme à droite, il est entendu que la monnaie papier doit assurer financement direct, et inflationniste, des dépenses publiques.


Ce sont là des positions très éloignés de celles de l’École d’économie autrichienne. Nous pouvons distinguer trois propositions autrichiennes alternatives à l’Euro. Malgré leurs différences, ces propositions ne réservent pratiquement aucun rôle fondamental pour un quelconque monopole étatique de la production monétaire – sauf pour la troisième qui lui réserve un rôle mineur.


Une proposition, fondée sur les écrits de Murray N. Rothbard, Jesus Huerta de Soto et en partie sur ceux de Ludwig von Mises, recommande de remplacer l’Euro par un étalon-or pur[1]. Cet étalon-or rétablirait le statut de l’or comme base monétaire de l’économie ainsi que sa circulation monétaire. Le papier-monnaie pourrait toujours exister, mais serait équivalent à des certificats de dépôts en or auprès d’une banque (nationale ou pas). Les banques de dépôt devraient garantir la couverture totale des dépôts à vue par des réserves en or. L’État dans un tel système ne peut pas faire de politique monétaire. La production monétaire dépend uniquement des producteurs d’or.


Une deuxième proposition, fondée sur les travaux de Friedrich A. von Hayek, Lawrence White, George Selgin et en partie sur ceux de Ludwig von Mises, consiste tout simplement à abolir le monopole monétaire de l’État et à libéraliser totalement la production monétaire dans le marché[2]. Selon ces auteurs, nous verrions alors apparaître une diversité de producteurs de monnaie ainsi qu’une diversité de monnaies. Ces producteurs peuvent être des banques, des exploitants de métaux précieux, des informaticiens, etc. L’important est d’assurer la libre concurrence entre les différentes monnaies. Les réserves fractionnaires ne seraient pas interdites, mais les banques qui en feraient usage ne seraient plus couvertes par une banque centrale qui disparaît du modèle proposé. Tout moyen de payement dérivé d’un dépôt bancaire doit être totalement remboursable dans sa monnaie de base. La plupart des auteurs cités ci-dessus croient alors à une évolution de ce système vers un étalon métallique. Encore une fois, l’État perd sa capacité d’utiliser la politique monétaire.


Finalement, la proposition d’Antal Fekete (dont l’appartenance au mainstream autrichien reste à débattre) consiste en un hybride entre l’étalon-or du 19ème siècle et le Plan de Chicago. L’or reste la base monétaire dans l’économie tandis que le papier-monnaie doit forcément être convertible en or à la demande. Les banques à réserves fractionnaires restent autorisées et la banque centrale existerait toujours, mais les conditions de leur fonctionnement changent. Les banques peuvent créer des crédits afin de financer le commerce de marchandises par le financement à court terme d’instruments négociables et de lettres de change. En outre, ces instruments financiers de court terme doivent être remboursables en or et non en papier-monnaie. Ainsi, le crédit créé par les banques aurait une double garantie : celle d’être auto-liquidable au bout de la maturité traditionnelle de 91 jours du marché monétaire, et celle de l’existence concrète des marchandises  derrière les instruments du marché monétaire. Si jamais les banques présentent des difficultés, la banque centrale serait prête à escompter en or des instruments et lettres dans leur bilan, mais rien d’autre. Aucun titre de long terme ne serait donc éligible au financement bancaire ou à l’escompte de la banque centrale. Puisque la base monétaire est l’or, dont la production resterait privée, l’État perd là encore sa capacité à utiliser la politique monétaire.


Comme nous pouvons le constater, aucune des propositions autrichiennes n’est compatible avec les alternatives à l’Euro prônées par la gauche ou la droite en Europe. En effet, pour les autrichiens, les alternatives actuellement proposées sont aussi critiquables que le système actuellement en œuvre et un auteur comme Jesus Huerta de Soto, pragmatique, défend même l’Euro contre les propositions qui viseraient à sortir de l’Euro pour redonner aux gouvernements les moyens d’une politique monétaire encore plus inflationniste.


 

 



[1] Les ouvrages de référence sont : Murray N. Rothbard, Man, Economy, and State with Power and Market, 2004[1963] ; Jesus Huerta de Soto, Money, Bank Credit, and Economic Cycles, 2006 ; Ludwig von Mises, The Theory of Money and Credit, 1980[1912].

[2] Les ouvrages de référence sont : Friedrich A. von Hayek, The Denationalisation of Money, 1976 ; Lawrence White, « Competitive payments systems and the unit of account » dans American Economic Review 74, 1984 ; « What kinds of monetary institutions would a free market deliver? » dans Cato Journal 9(2), 1989 ; George Selgin, The Theory of Free Banking: Money Supply under Competitive Note Issue, 1988 ; Ludwig von Mises, Human Action: A Treatise on Economics, 1998[1949].

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Gabriel A. Giménez-Roche est professeur et responsable du département économie du Groupe ESC Troyes et maître de conférences à Sciences Po Paris. Son domaine de recherche est l'analyse économique de l'entrepreneuriat et son contexte socio-institutionnel. Il est également chercheur associé de l’Institut économique Molinari.
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De ces trois propositions, la deuxième est la meilleure car c'est la liberté monétaire. Hayek ne l'a pas écrit mais ce ne sont pas que des mines, des entreprises ou des états qui pourraient émettre leur monnaie mais tout le monde, des informaticiens par exemple, comme suggéré dans l'article, une allusion évidente au bitcoin et autres monnaies informatiques. Tout le monde devrait pouvoir émettre leur monnaie pourvu qu'elles aient tous les attributs d'une monnaie : moyen de transaction, réserve de valeur, etc... Chaque monnaies auraient une fonction et une aire de répartition optimale selon sa réputation, sa praticité et sa solidité. Le bitcoin a vocation à circuler partout dans le monde et rapidement mais n'a pas la solidité de l'argent métal qui est idéal comme monnaie locale ou l'or qui est imbattable pour l'épargne. Cependant il ne serait pas interdit de voyager loin avec trente kilos d'argent sur le dos même si ce n'est pas très pratique.
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Voir un siècle de FED aux USA ! Et on en remet une couche en Europe avec la BCE... Ce n'est pas forcément que les nations y trouvent leur compte, mais certains banquiers oui et pourtant cette bande de voyous ne peut pas ignorer les dérives créées par une banque centrale.
Il est logique que le métal soit remplacé par de la monnaie papier pour des raisons de commodité, mais à condition que celle ci soit encadrée sinon tous les dérapages sont possible, c'est humain. Voir la triste histoire des assignats.
Entre 1971 et aujourd'hui où l'once d'or est passée de 35 us$ à 1300 us$, il faut 37 fois plus d'unité monnétaire pour avoir les mêmes 31g de métal jaune.
Les banques centrales, c'est à terme l'esclavage des citoyens d'une nation.
"J'ai trouvé le secret de la pierre philosophale : j'achète de l'or avec du papier !" John Law. Lui, c'était un p'tit malin !!!!
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Money for nothing !

http://www.youtube.com/watch?v=uoaBjHYsDAg
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And the chicks for free...
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Dernier commentaire publié pour cet article
De ces trois propositions, la deuxième est la meilleure car c'est la liberté monétaire. Hayek ne l'a pas écrit mais ce ne sont pas que des mines, des entreprises ou des états qui pourraient émettre leur monnaie mais tout le monde, des informaticiens par  Lire la suite
Pierre70 - 18/03/2014 à 17:03 GMT
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