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Chômage : faut-il changer le modèle social de la France ?

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Publié le 11 juin 2016
1367 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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À l’heure où on demande à la France de faire enfin les réformes profondes qui lui permettront, notamment, de redevenir moteur dans la construction européenne, certains s’interrogent sur la capacité du modèle social français à s’adapter aux nouvelles contraintes en matière d’emploi. En effet, dans un pays où la totalité de la production n’est plus assurée que par 30% de la population, et où le poids de la dépense publique dépasse désormais 6 mois de salaire moyen brut (18000 € par an et par habitant), sans doute faut-il repenser notre manière de traiter le problème du chômage.

En février dernier, l’Institut Kervegan publiait une étude particulièrement intéressante sur la manière dont la France gérait sa politique sociale en matière d’emploi notamment. Et la conclusion évidente était que notre modèle social, né des ruines de la Seconde Guerre Mondiale, n’était plus du tout adapté à notre réalité du XXIe siècle.

Le modèle social français face aux défis de l’emploi du XXIe siècle

Récemment, le premier ministre italien Matteo Renzi expliquait que la France n’était plus le pays moteur de l’Europe qu’elle avait pu être jadis, tout simplement parce qu’elle n’avait plus les moyens de ses ambitions. Et il savait de quoi il parlait puisque lui-même avait dû réformer en profondeur son pays, alors exsangue il y a à peine 4 ou 5 ans, et le pousser vers un nouveau modèle économique et social plus en phase avec la réalité du monde d’aujourd’hui. Alors certes, la Loi Travail tant décriée (et désormais totalement vidée de sa substance grâce aux travail de sape du conservatisme syndical accroché à ses privilèges d’un autre âge) donnait le sentiment de vouloir profiter de l’expérience transalpine : flexibilité du contrat de travail, allègement normatif, renforcement du rôle de la négociation dans les entreprises… Mais on sait aujourd’hui que rien de tout cela ne verra le jour. Parce que les défenseurs du modèle social français restent persuadés qu’il a toujours les mêmes vertus qu’il y a 70 ans.

Or, c’est totalement faux. Aujourd’hui, on le sait, on le constate tous les jours, le modèle français n’est plus du tout efficace face aux nouveaux défis posé par l’emploi en général, et par le traitement du chômage en particulier. Ce système ne permet plus de financer la protection sociale et sa viabilité-même est fortement compromise à très brève échéance. Le problème est d’ailleurs identique dans le cas des retraites… De leur côté, tandis que quelques nostalgiques de l’éco-socialisme à la papa s’acharnent à maintenir le modèle français éculé sous respiration artificielle, les citoyens français ont bien conscience que leur pays était condamné. Comment alors ne pas comprendre leur découragement et leur pessimisme, leur perte de confiance vis à vis des politiciens comme des institutions, et pire encore leur total désengagement vis-à-vis du collectif.

Un modèle juste au départ mais qui n’a pas su évoluer

Aujourd’hui, le Français est préoccupé par une seule chose : son avenir à court terme. Pour autant, nous sommes tellement habitués à l’immobilisme social dans lequel notre pays baigne depuis des décennies qu’on a du mal à envisager de changer notre système de protection sociale, bien qu’on sache pertinemment qu’il ne peut plus contrer les effets délétères du chômage. Sans doute parce que nous avons fini par être totalement infantilisés par cet État Providence qui nous promettait, ad vitam æternam, le droit à une retraite pour tous, la gratuité des soins et l’assurance chômage pour pallier les inévitables évolutions économiques qui naîtraient du fossé de plus en plus large entre un monde qui bouge et une France qui continuerait à entretenir l’illusion d’un modèle intérieur parfait.

Et c’est vrai qu’au début, ce modèle social semblait parfait. Né des réformes de 1945 mises en place par le Général de Gaulle et le gouvernement issu du Conseil National de la Résistance, il s’inspirait de considérations justes et généreuses que n’auraient pas reniées les rédacteurs de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. Liberté, égalité, fraternité auxquelles sont venues se greffer l’assistance aux handicapés, la mise en place d’un salaire minimum, l’attribution de minima sociaux, le tout assuré par une Fonction Publique omniprésente et garante de la bonne répartition des richesses. Sauf que ce modèle est désormais trop ancien pour pouvoir s’adapter aux nombreux changement de notre nouvel environnement économique : globalisation des économies, insécurité de l’emploi (en particulier chez les jeunes), vieillissement général de la population et augmentation de la dépendance, passage d’une société industrielle à une société de la connaissance, etc.

Un système devenu aussi inégalitaire qu’inefficace

Malheureusement, ce nouvel environnement provoque également une montée des inégalités dans une société qui n’a pas su l’anticiper, à commencer par des inégalités d’accès travail liées à des formations inadaptées, mais aussi à des réflexes sociétaux dépassés qui pénalisent les jeunes, les vieux, les femmes… Car le modèle social français est non seulement ultra-conservateur en ce sens qu’il cultive les distinctions de statuts et la hiérarchie entre les citoyens (selon leur âge, leur sexe, leur origine sociale…) mais il est surtout arrivé à bout de souffle. Financé presque exclusivement sur les salaires il coûte de plus en plus cher (32 % du PIB, contre 25 % pour la moyenne de l’Union Européenne) sans plus pouvoir répondre aux exigences de protection qui justifieraient son maintien.

Pire, il devient injuste à cause d’une répartition qui finit par peser de plus en plus lourd sur un nombre de plus en plus retreint d’individus (la classe moyenne qui supporte à la fois l’essentiel de l’impôt sur le revenu et l’essentiel des prélèvements sociaux sur les revenus du travail), au profit d’un nombre de plus en plus élevé de bénéficiaires. Mais les plus défavorisés ne sont pas pour autant dans une meilleure situation car l’élargissement des conditions d’attributions de prestations sociales en général, et des allocations chômage en particulier, tendent à préserver les inégalités de revenus. Sans compter le déséquilibre croissant entre les contributions du secteur privé et celles du secteur public.

Des pistes de réflexion qui obligent à se remettre en question

Des groupes de réflexion, français mais aussi étrangers, ont alors commencé à envisager différentes solutions destinées à réformer notre modèle social en vue d’aider notre pays à (enfin !) effectuer sa transition depuis le monde industriel et agricole de l’après-guerre vers le monde de la technologie et de la flexibilité des années 2010-2020. À cet égard, certains n’ont pas hésité à remettre à plat tous les acquis de notre société en se demandant si, aujourd’hui, ils ne nous handicapaient pas davantage qu’ils ne nous profitaient. Et, des think-tanks français aux observateurs européens, en passant par les économistes du socio-libéralisme ou encore les experts en stratégie gouvernementale, leurs propositions ont en commun d’apporter des réponses claires (et à long terme !) aux problématiques françaises… mais aussi d’amener les Français à faire table rase du passé, au risque encore une fois de susciter la colère des plus conservateurs et des plus farouches partisans du corporatisme d’État. Quelques exemples réunis dans l’étude de l’Institut Kervegan :

  • Réduire la durée d’indemnisation pour porter l’effort sur la prévention  et la réinsertion
  • Encourager les demandeurs d’emploi à changer de secteur, de statut et de métier en organisant la transférabilité des qualifications
  • Aligner  les  cotisations  chômage  des  fonctionnaires pour rééquilibrer les contributions
  • Demander aux chômeurs d’assurer des services pour la collectivité
  • Maintenir les seniors dans l’emploi

Bien évidemment, tout n’arriverait pas en un jour et un changement des mentalités devra s’opérer à tous les niveaux de la société, depuis la formation jusqu’à la prise en compte des spécificités de chaque métier. Ne plus voir l’emploi comme un tout indistinct, mais au contraire comme la somme de plusieurs façons de travailler très différentes (salariat, indépendance, collaboration…). Il faudra également s’appliquer à développer des parcours de formation beaucoup plus en adéquation avec les besoins réels des entreprises, notamment pour les jeunes, quitte à impliquer ces mêmes entreprise directement et intiment dans le processus d’apprentissage des savoirs. Politiquement, nous auront sans doute également à repenser l’économie comme un cadre et non comme une contrainte, et comprendre enfin que la flexibilité n’est pas un affaiblissement de la protection des individus mais au contraire un renforcement de leur capacité à anticiper les évolutions des secteurs d’activités et des métiers.

 

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens. Il publie régulièrement des chroniques sur le site L'or et L'Argent
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Quand votre voiture a une panne, le garagiste en recherche l'origine et remplace la pièce défectueuse. Image simpliste, ok merci !
La France est en panne ? Qu'est-ce qui empêche le pays de se réformer et donc d'avancer ? L'analyse est vite faite, mais voilà, une pièce automobile ne met pas un bulletin dans l'urne....
"Comprend qui veut, comprend qui peut." Boby Lapointe.
Maintenir les séniors dans l'emploi ? Mais vous rigolez, avec tous ces jeunes hyper-diplômés qui se vendent pour pas chers tellement ça pullule sur le marché du travail ?
Vous voulez savoir comment cela se passe dans une grosse SSII française dont je tairai le nom par mesure de sécurité pour ma personne ? Rupture conventionnelle le couteau sous la gorge : si la personne décline l'offre, elle est licenciée (ce qui est illégal). Madame est enceinte ? Rupture conventionnelle. Monsieur est un peu trop longtemps en inter contrat, et difficile à placer car a toujours été cantonné à des technos anciennes : mission lointaine, et si pas content, rupture conventionnelle (ou licenciement sec pour refus de mission, même si la clause de mobilité du contrat de travail est tellement mal foutue qu'elle en devient nulle).
Faut arrêter de déconner : nous sommes sur un volcan, et ce volcan va exploser. Les manifestations des derniers mois avaient quand même un goût d'insurrection assez prononcé, non ?
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"Maintenir les séniors dans l'emploi ?"

@ungars

Même si à mains égards la question semble incongrue la question doit être posée!
Vu les perspectives, maintenir les anciens dans l'emploi semblent relever du voeux pieux. Comment continuer à faire travailler les anciens alors que pour les plus jeunes il n'y a pas assez de travail?Mais, le système de retraite à un avenir compromis et la question de faire cotiser plus longtemps et de réduire la durée des prestations versées n'a rien d'absurde. Il y a quelques semaines, l'économiste allemand Hans-Werner Sinn disait que pour faire face au coût entraîné par l'afflux des migrants, les Allemands devaient travailler jusqu'à ... 73 ans!D'un coté Merkel "importe" des chômeurs et des gens à former et de l'autre, il faut maintenir les vieux dans le monde du travail!
A cette quadrature du cercle, les progrès de la robotisation vont entraîner des pertes d'emploi en grand nombre.J'ai lu que dabns une dizaine 'années, les robots pourraient tenir de 30 à 40% des emplois...Sur 20 millions d'emplois,l'hémorragie se chiffrerait de 6 à 8 millions d'emplois remplacés...Si la perte d'emplis se chiffrait à (seulement) 20%, cela ferait quand même 4 millions d'emplois perdus...

Faire travailler les vieux? La faillite du système entraînera la réponse.Pour survivre, ceux qui pourront faire quelque chose, le feront par nécessité, lorsque le système de retraite aura voler en éclat...

Bon, ce n'est que mon analyse, on est en droit de ne pas la partager.

Bien cordialement.


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Faire travailler les anciens ? c'est de l'utopie, à voir tout les jeunes hyper diplômés qui arrivent sur le marché sans emploi. (je partage le point de vue de Attilio)
Les robots , ça fonctionne 24h/24, ça ne se met jamais en grève, ça n'a pas de syndicat, une goutte d'huile de temps en temps (pardon ! une petite mise à jour des programme de temps en temps) et ça tourne.
J'ai travaillé dans les automatismes programmables pendant plus de 30 ans. On nous a toujours dit que cela élèverait la qualification de l'humain à de la maintenance et de la supervision de machines. Oui, mais cela a en même temps, réduit le nombre de travailleurs.
J'ai déjà vu chez Renault, dans les années 90, les robots de peinture "apprendrent" la gestuelle des peintres humains pour les reproduire à l'infini et sans aucune bavure !! A méditer ! (il y a plus de 20 ans déjà)
Aujourd'hui, l'homme qui a des doigts de bon manuel ou un bon cerveau s'en sortira. Par contre, je plains les chômeurs sans aucune qualification.
Quand aux "vieux", laissons les consommer et dépenser leur argent pour faire vivre les autres. Mais ne lui demandons pas de retourner dans le monde du travail. Il a de l'expérience, mais à part quelques métiers de manuel d'art, cela ne vaut plus un sou.
sortir enfin la France de 50 ans de socialisme et de collectivisme !
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Oui , en effet ! J'en rêve également , de pouvoir m'en échapper de ce collectivisme....
Je milite pour la souveraineté individuelle qui sert tout naturellement notre penchant d'autoconservation ainsi que nos intérêts...
Je me détourne de " mes droits " proposés par le système et qui de toute manière sont puants vu que les politiques s'empressent d'accompagner ces "droits " de " devoirs"...Ce qui dessert nos intérêts ....!
Pratique , hein?
Ces " droits" sont la pierre angulaire du collectivisme qui ne vise qu'à asservir la plèbe aux seuls bénéfices de l'élite....
"Agitez le peuple avant de vous en servir"
Non , laissons cela aux benêts et travaillons à nos seuls intérêts personnels et à ceux de nos familles!
Ce qui n'interdit pas de venir au secours d'autrui , mais le partage et la solidarité doivent relever du choix personnel .La " solidarité" forcée doit être dénoncée comme étant un crime contre l'Humanité.
De Gaulle, Pompidou et Chirac, socialiste ??? Non mais vous déconnez ou vous vous droguez ???
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Suivant les adjectifs qu'on leur accole, les socialismes ne se ressemblent pas toujours, à première vue du moins.
"Demander aux chômeurs d’assurer des services pour la collectivité"???

Donc , d'abord cotiser en tant qu'actif et ensuite servir la collectivité ( zombie et nauséabonde .....)une fois renvoyé par les mondialistes après moult services au travail?
Je vois ce qui se profile :
Envoi des chômeurs sur les fronts de guerre pour le contrôle des ressources au bénéfice des multinationales et surtout au bénéfice de Washington!!!
Je dirais qu'il vaut mieux en premier lieu de se débarrasser de la mainmise de Washington et donc de son jouet qu'est l'UE avant toute autre action.
En effet ,quel est le prix de la vassalisation de la France par les Etats Unis?
Se débarrasser de Washington , de Londres et de Bruxelles et se rapprocher des Russes , voilà qui ferait de nous à nouveau une grande puissance!
Les Russes sont bien plus proches de nous que les Américains....
Pour le moment , nous sommes en passe d'être une cible pour les Russes puisque l'Oncle Sam nous pousse à agir contre eux.
Voilà qui coûtera cher !On ne fait pas la guerre aux Russes...
Lorsque ceci se produira , je propose d'envoyer les députés sur ce front mortel .....
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Dans un an les Américains auront changé de président, la France aussi (j'espère).
Là, on verra bien ou ira notre amitié ! (côté Est ou Ouest ?) De toute façon, nous sommes intégré à une Europe avec une inertie d'une dizaine d'années ...
Se détacher de Washington et de Londres, ça, c'est sûr, ce serait le top. Mais se détacher de Bruxelles, c'est soit dix ans minimum, soit une révolution !! Bruxelles est une pieuvre dont on ne se sépare pas facilement tellement elle a de ventouses bien agrippées.


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merisier - 12/06/2016 à 12:58 GMT
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