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Keynes et Rothbard étaient d’accord : le mercantilisme règne aujourd’hui

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New World Economics
Publié le 30 janvier 2015
1051 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 



Les grands prêtres de la folie économique actuelle font la promotion d’une certaine narrative : notre compréhension de l’économie est le point culminant de décennies d’améliorations et de recherches. Les temps plus anciens, plus particulièrement avant Keynes et les années 1950, sont perçus comme des moyen-âges de superstition et d’idées fausses.

C’est un discours qui semble plausible, parce qu’il peut se comparer  à la technologie. Il ne fait aucun doute que nos connaissances électroniques et scientifiques, ainsi qu’en industrie  et d’autres domaines, ont beaucoup progressé, ce qui au fil des décennies nous a permis d’assister à des avancées presqu’inimaginables.

En revanche, ce discours ne s’applique absolument pas à nos connaissances en matière d’économie. Nous vivons si j’ose dire à l’heure actuelle dans un moyen-âge économique – dans une époque de superstitions et d’idées fausses. Les grandes idées économiques de notre ère ne sont rien de plus que des théories mercantilistes réchauffées, qui imitent la pensée économique britannique depuis les années 1600 jusqu’à leur point culminant que représentent les écrits de James Denham Steuart dans les années 1760. Le grand triomphe d’Adam Smith dans les années 1770 était d’être finalement parvenu à chasser les vestiges du mercantilisme des débats économiques britanniques.

Nos grandes politiques économiques d’aujourd’hui, notamment la manipulation monétaire et les devises fiduciaires flottantes, cherchent à « gérer l’économie » par le biais de déficits gouvernementaux, et ne sont autres que mercantilisme pur.

Nous ne parviendrons pas à avancer en matière de compréhension économique avant que cela soit compris. L’agenda mercantiliste d’aujourd’hui doit être abandonné, d’abord au niveau intellectuel, puis au niveau des politiques publiques. C’est ce qu’a fait le Royaume-Uni, qui est passé d’un coin reculé de l’économie caché derrière la Hollande au berceau de la révolution industrielle et centre du plus grand Empire du XIXe siècle.

Ce sont les politiciens et les gouvernements qui nous ont menés de nouveau vers le mercantilisme. Alors qu’ils combattaient la Grande dépression dans les années 1930, ils ont fait ce que font souvent les gouvernements en période de crise – ils ont dévalué leurs devises et dépensé beaucoup d’argent. Nul besoin de comprendre les rouages de l’économie pour ça. Les politiciens le font aussi bien que les chiens aboient et que les poissons nagent.

Les économistes sont arrivés un peu plus tard. La signification de la Théorie de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie publiée par Keynes en 1936 n’est pas ce qui a permis à ce changement de direction – à l’époque, les gouvernements du monde avaient déjà mis en place des politiques mercantilistes depuis plus de six ans. Elle a en revanche montré aux économistes comment ils pouvaient s’ouvrir aux nouvelles réalités économiques afin de pouvoir regagner leur sinécure en tant que défenseurs de ce que les politiciens voulaient de toute façon faire. Le livre de Keynes est essentiellement illisible, et son titre lui-même nous indique avec quoi Keynes prévoyait d’alimenter l’emploi.

Keynes lui-même comprenait ce qu'il avait fait. Un chapitre entier de sa Théorie Générale (chapitre 23, Notes sur le mercantilisme) est dédié à la défense du retour de l’agenda mercantiliste.

« [Les mercantilistes] pensent qu’un taux d’intérêt élevé représente un obstacle majeur pour la croissance du capital…  et bon nombre d’entre eux ont déclaré que leur volonté d’élargir la quantité de monnaie est liée à leur désir de diminuer le taux d’intérêt ».


Ne trouvez-vous pas que ces lignes résument parfaitement ces quelques dernières années de Bernanke et de quantitative easing ?

Murray Rothbard a beaucoup écrit sur ce sujet, notamment dans son livre Economic Thought Before Adam Smith, qui était autrefois un texte peu connu enterré au fin fond des bibliothèques, mais qui est aujourd’hui disponible gratuitement en format eBook sur le site de Mises.org.

L’une des idées clés de Rothbard était que le mercantilisme reflète l’idée de  gouvernements importants, et que la vision classique ou de laisser-faire réflète l’idée d’un gouvernement limité. Le mercantilisme d’aujourd’hui est une réflexion de l’expansion du gouvernement des Etats-Unis depuis 7% du PIB en 1900 à environ 40% aujourd'hui. Ce bref extrait est aussi tiré de Mises.org :

« De la même manière que l’aspect absolutiste de l’Etat, le mercantilisme est un système de renforcement de l’Etat et de l’augmentation de la taille du gouvernement, des dépenses royales, des taxes, de l’inflation et de la finance de déficit (notamment après la fin du XVIIe siècle), de la guerre, de l’impérialisme et de l’élargissement de l’Etat-nation. En clair, un système politico-économique très ressemblant à celui d’aujourd’hui ».


Voilà qui semble familier…

Voici ce que Rothbard a dit du mercantilisme en 1963 :

« Le mercantilisme a été bien vu au cours de ces dernières décennies, contrairement à l’opinion du XIXe siècle. A l’époque d’Adam Smith et des économistes classiques, le mercantilisme était perçu comme un mélange d’idées fausses et de création de privilèges. Mais à notre époque, la vision du mercantilisme a drastiquement changé.


Les Keynésiens pensent les mercantilistes comme reflétant leur propre pensée économique. Les marxistes, qui sont constitutionnellement incapables de distinguer la liberté d’entreprise du privilège, perçoivent le mercantilisme comme progressiste dans le cadre du développement historique du capitalisme. Les socialistes et les interventionnistes le saluent comme anticipant l’Etat moderne et la planification centrale.


Le mercantilisme, qui a atteint son apogée en Europe aux XVII et XVIIe siècles, était un système d’étatisme qui employait des idées fausses pour construire une structure d’Etat impérial et offrir à des individus et groupes favoris de l’Etat des subventions et des privilèges ».


Nous sommes entrés dans une période de crise, qui devrait durer jusqu’en 2020. Elle devrait pouvoir se débarrasser d’anciennes idées pour laisser place à de nouvelles. Il est encore trop tôt pour faire quoi que ce soit. Il est cependant temps de s’éclaircir les idées et de se rendre compte de ce à quoi ressemblera l’ère à venir.


La crise de la Grande dépression et de la deuxième guerre mondiale s’est traduite par la transition de gouvernements limités vers de très gouvernements à l’échelle du monde. La transition de la pensée classique vers le mercantilisme n’en était qu’un aspect.


Espérons que l’ère à venir soit une ère de gouvernements limités et de retour à une vision économique classique – ce que j’appelle le capitalisme du XXIe siècle. L’abandon du mercantilisme sous toutes ses formes ne sera qu’un pas vers ce renouveau.


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Nathan Lewis est l'auteur de Gold: the Once and Future Money, publié par Agora Publishing et J Wiley. Il est le directeur de Kiku Capital Management.
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