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Cours Or & Argent en

La Chine n’a pas besoin de beaucoup d’or pour créer une alternative au dollar

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New World Economics
Publié le 28 janvier 2015
1280 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Editorial du Jour

 

Bien que l’idée de monnaie classique — qui est dans la pratique une monnaie garantie par l’or – ne soit pas populaire  aujourd’hui, il se trouve qu’elle trouve du soutien dans certains pays. La Chine et la Russie avancent toutes deux dans cette direction, même si ce n’est que sous la forme de plans d’urgence dans l’éventualité où le système dollar d’aujourd’hui ne serait plus utilisable.

Cette tendance a toutefois été handicapée par la notion que des importantes quantités d’or physique doivent être accumulées dans des coffres avant qu’une nouvelle devise puisse être introduite.

Il y a deux raisons de base à cela. La première est que c’est ainsi que les choses ont fonctionné la dernière fois que l’or était incorporé au système monétaire, sous le système de Bretton Woods né en 1944. A la fin des années 1930 et jusqu’au début de la seconde guerre mondiale, d’énormes quantités d’or se déplaçaient depuis l’Europe vers les Etats-Unis pour être mises à l’abri.

Les réserves d'or du gouvernement des Etats-Unis sont passées de 194 millions d’onces en 1933 à 649 millions d’onces en 1941, ce qui à l’époque représentait 78% de l’or détenu par les gouvernements du monde et leurs banques centrales, et 44% des réserves d’or disponibles à la surface de la Terre. Les réserves d’or officielles du gouvernement des Etats-Unis ont atteint un record de 702 millions d’onces en 1949.

Il s’agissait alors d’une concentration incroyable de la propriété d’or, certainement sans précédent, et rendue possible par le conflit global.

En revanche, les choses n’ont pas à fonctionner de cette manière. En 1910, l’Angleterre était indéniablement le maître du système monétaire de l’époque, et les gens s’attendaient à ce qu’elle le reste pendant les décennies à venir. La livre sterling était la devise de référence internationale. La même année, la Banque d’Angleterre possédait 7,2 millions d’onces d’or, soit 1,2% de l’or disponible dans le monde.

Il n’est donc pas nécessaire de posséder tant d’or que cela pour lancer un système monétaire basé sur un étalon or – même pour la devise de référence internationale.

La deuxième raison est liée à la première. Les Etats-Unis, qui ont fait l’expérience des notions keynésiennes, mais aussi en raison de leur ignorance, n’ont pas opéré le système d’étalon or correctement. Ils avaient ce que l’on appelle parfois une « politique d’étalon or », qui est la notion de maintien de la valeur du dollar à hauteur de 35 dollars par once, mais aucune méthode cohérente pour respecter cette politique.

A dire vrai, leurs diverses expériences avec les notions de manipulation monétaire du mercantilisme (ou keynésianisme) ont empêché le maintien d’une parité dollar/or stable. Ceci s’est matérialisé au travers de la notion de « politique monétaire domestique » (manipulation des taux d’intérêt dans l’objectif d’achever le plein emploi) et de « politique monétaire étrangère » (taux de change), et a été rendu encore plus problématique par la séparation de ces politiques entre deux départements, la réserve fédérale (domestique) et le Trésor (étranger).

En d’autres termes, l’approche officielle des Etats-Unis sous Bretton Woods revenait à dire : « tirez-vous dans le pied ». Les politiques monétaires domestiques mercantilistes ont été paralysées par les politiques de la parité dollar/or. Cette parité dollar/or était paralysée par les politiques mercantilistes. Personne n’était satisfait.

Les gens sont, encore aujourd’hui, surpris d’apprendre que personne à l’époque n’avait idée de ce qu’il faisait. Richard Nixon et son directeur de la Fed Arthur Burns – les hommes qui ont vraiment mis fin au système de Bretton Woods – étaient de grands supporters d’une monnaie garantie par l’or. Leur degré d’ignorance impliqué est difficile à imaginer.

La conséquence de tout cela a été le flux sortant quasi-constant des réserves d’or américaines depuis les Etats-Unis, une conséquence de la dévaluation du dollar. Pour maintenir cette contradiction, des couches et des couches de contraintes ont été ajoutées, dont des contrôles de capitaux et diverses formes de manipulation de marché directes ou indirectes comme la London Gold Pool. Mais la trêve n’a été que de courte durée, et après avoir perdu 400 millions d’onces d’or – pour n’en conserver que 275 millions – Nixon a pris la décision de fermer le guichet de l’or en août 1971.

C’est la raison pour laquelle nous pensons souvent qu’il était nécessaire de posséder d’énormes quantités d’or pour maintenir le système de Bretton Woods malgré ses contradictions inhérentes, et que ce système a pris fin quand son or a été épuisé ou semblait en danger de l’être.

Le système de Bretton Woods n’a été maintenu que 27 ans, et a échoué dans un climat de paix et de prospérité international.

Comment se fait-il que la Banque d’Angleterre soit parvenue à mettre en place et conserver une devise liée à l’or pendant deux siècles tout en accumulant graduellement de l’or sur la période, un système qui a pris fin avec ce que l’on appelait la Der des Der en 1914, alors que les Etats-Unis nageaient dans la prospérité ? Comment la Banque d’Angleterre a-t-elle accompli tout cela avec seulement 7 millions d’onces d’or – et comment se fait-il que les Etats-Unis aient échoué avec 700 millions d’onces ?

Comment se fait-il que cent fois ces quantités d’or ne soient pas parvenues aux mêmes résultats ? Malgré les contrôles de capital de Bretton Woods, alors que les capitaux circulaient librement en 1910 ?

La différence est bien entendu que la banque d’Angleterre ne souffrait pas à l’époque des conflits autodestructeurs de la période de Bretton Woods. La Banque d’Angleterre cherchait à maintenir la valeur de la livre sterling à 3 livres 17 shillings 10 pence par once d’or, et avait les moyens d’y parvenir – qui n’étaient pas compromis par des ambitions mercantilistes.

Il se trouve donc que les quantités d’or accumulées dans un coffre n’ont pas tant d’importance. Vous pouvez en avoir plus que quiconque, et échouer à établir un système monétaire en un rien de temps. Vous pouvez en avoir une petite quantité, et profiter de siècles de succès.

La différence n’est que le mécanisme d’opération quotidien. C’est ce que j’ai écrit dans Gold: the Monetary Polaris, qui est désormais disponible gratuitement en format eReader. Il s’agit du facteur qui distingue l’expérience de l’Angleterre avant 1914 et celle des Etats-Unis d’après 1944.

C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines personnes – dont Steve Forbes – insistent sur le fait qu’il ne soit pas nécessaire de posséder beaucoup d’or pour établir un système d’étalon or. Si vous savez comment établir les mécanismes appropriés, l’or que vous avez dans votre coffre n’a aucune importance.

Mais si vous n’avez pas connaissance de ces techniques, vous aurez beau accumuler de l’or, vous n’en tirerez rien de bon. Même certains avocats de l’étalon or n’en savent rien, c’est pourquoi ils tendent à émettre des propositions qui impliquent l’accumulation d’énormes quantités d’or dans des coffres. Ils pensent que leur or pourra les sauver de leur ignorance, mais ce n’est pas le cas.

L’or n’est que du métal !

Malheureusement, rien n’indique que ces faits soient aujourd’hui compris en Chine ou en Russie. Le yuan chinois est lié au dollar, et l’a été depuis 1950, bien que son taux de change fluctue de temps à autres.

Mais la Chine maintien ce lien grâce à une combinaison de contrôles de capital et de réserves de devises étrangères gargantuesques, ce qui n’est rien de plus que la stratégie employée par les Etats-Unis sous Bretton Woods.

Alors si la veut un jour devenir le maître monétaire du monde, elle doit apprendre ces principes. Apprendre  des succès de l’Angleterre d’avant 1914, qui vivent encore aujourd’hui au sein de l’ancien territoire britannique de Hong Kong, et ne pas imiter l’échec des Etats-Unis.

 

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Nathan Lewis est l'auteur de Gold: the Once and Future Money, publié par Agora Publishing et J Wiley. Il est le directeur de Kiku Capital Management.
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