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Le riz doré : une lutte emblématique

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Publié le 22 novembre 2013
912 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
( 64 votes, 1,2/5 ) , 9 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

L’un des créateurs de cette variété de riz – Ingo Potrykus – avait la cinquantaine quand il commença à s’intéresser à la sécurité alimentaire. Agé aujourd’hui de 80 ans, il ne désespère pas encore de voir un jour son riz accessible à la consommation humaine afin de lutter contre ce fléau dévastateur qu’est la déficience en Vitamine A. Car si son but est humanitaire, son innovation n’est pas du goût des activistes anti-ogm.


Depuis le début des années 1990, ils s’acharnent contre ce riz amélioré génétiquement. Au même titre, ils s’opposent depuis des années à la production d’organismes génétiquement améliorés en France. Leur pouvoir est si important qu’en dépit d’une décision récente du Conseil d’Etat invalidant l’interdiction de la mise en culture d’une semence de maïs génétiquement modifiée, les ministres de l’agriculture et de l’environnement français s’engageaient à maintenir le moratoire sur la mise en culture de ce type de semences.


Si l’intérêt de ces fruits, légumes et autres céréales aidées génétiquement échappe à nombre d’entre nous qui vivons en ville, c’est que nous ignorons souvent les raisons pour lesquelles ces organismes ont été créés et les problèmes qu’ils cherchent à résoudre. Le ventre bien rempli, nous avons du mal à imaginer que – même si les choses s’améliorent – un total d’environ 842 millions de personnes (une personne sur huit) souffrait encore entre 2011 et 2013 de sous-alimentation chronique (manque de nourriture empêchant de mener une vie active). Sans compter ceux qui souffrent de malnutrition.


C’est pour lutter contre ce fléau qu’au début des années 90, Ingo Potrikus et Peter Beyer se lancent dans un combat qui à l’époque semblait fou, celui d’éradiquer les déficiences en vitamine A. Leur idée est simple : s’assurer qu’un produit accessible aux personnes les plus pauvres puisse être enrichi en beta-carotène (précurseur de la vitamine A) afin que l’organisme puisse produire cette vitamine.


C’est chose faite en 1999. Sauf que depuis cette époque, ils subissent les attaques des activistes qui s’opposent de façon farouche à la production de ce riz, lui reprochant notamment de ne pas être efficace et lui préférant les méthodes alternatives traditionnelles, en particulier la distribution de capsules de vitamine A.


Si les chercheurs s’acharnent, c’est que la distribution de ces capsules – au programme depuis 15 ans de divers organismes comme l’Organisation mondiale de la santé ou Helen Keller International – n’a pas permis d’éradiquer le problème. Ce sont toujours 1 à 2 millions de personnes qui meurent par an et 500 000 enfants qui deviennent aveugles. Autant dire qu’ils sont convaincus de l’importance de leur découverte. Surtout qu’ils sont parvenus récemment à prouver au sein de l’université Tufts (États-Unis) qu’une portion de riz pouvait couvrir jusqu’à 60% des besoins journaliers en vitamine A.  Une victoire qui continue d’être contestée par des groupes comme Greenpeace qui refusent obstinément de voir les milliers de morts dus à cette déficience et se contentent de l’approche précautionniste à leur égard.


Ce cas emblématique n’est que la partie émergée des bienfaits de certains organismes améliorés avec succès. Car ce que nous ignorons aussi, c’est que si nous ne mourrons en général plus de faim dans les pays développés, nous sommes néanmoins aussi les grands gagnants des gains de productivité réalisés en agronomie par le biais de semences plus résistantes, plus économes en énergie, etc.


Pour se faire une idée des bienfaits sanitaires, nutritionnels et environnementaux des progrès de l’agronomie sur les cinquante dernières années, on rappellera simplement que, sur cette période, la population mondiale a plus que doublé – et la production agricole quasiment triplé – tandis que les surfaces agricoles n’augmentaient que de 12%. Selon une récente estimation, les terres « épargnées » depuis les années 1960 (les meilleurs rendements ayant rendu superflue leur conversion à des usages agricoles) équivaudraient à la superficie des États-Unis, du Canada et de la Chine réunis. Sans être parfaites, les technologies et pratiques de gestion agricoles modernes ont tout de même généré d’importants bénéfices par rapport aux cultures et méthodes du passé.


Les cultures à ADN-recombinée de seconde génération promettent à présent d’améliorer la qualité des aliments de plusieurs manières : apport accru en vitamines, minéraux et protéines (par ex. ananas enrichi en lycopène) ; diminution des taux de toxines (par ex. manioc à moindre teneur en cyanure, pomme de terre à faible teneur en acrylamide) ou d’allergènes (par ex. arachide et blé) ; enrichissement en bons acides gras (oméga-3) ; et meilleure conservation des produits frais.


Les technophobies actuelles entraînent cependant des coûts et délais réglementaires croissants. Entre 2008 et 2012, le coût mondial moyen de commercialisation d’une nouvelle variété génétiquement améliorée s’élevait à 136 millions de dollars, dont 35 millions pour répondre aux contraintes réglementaires. Inutile de préciser que ces coûts supplémentaires, découlant généralement de revendications militantes, constituent une puissante barrière à l’entrée sur un marché auquel les écologistes reprochent volontiers un excès de concentration aux mains de quelques grands groupes.


Si l’on peut juger que les pays riches ont les moyens d’un tel luxe de précautions, il en va autrement dans les sociétés moins développées. Par conséquent, notre méconnaissance des biotechnologies moléculaires et une attitude ambiguë à leur égard qui nous les rend acceptable quand il s’agit de manipuler le génome à des fins médicales mais inacceptables quand il s’agit d’appliquer ce savoir à l’agriculture ont des conséquences très regrettables. Ces attitudes nous amènent à rejeter des moyens susceptibles de faire émerger des modes d’action meilleurs et moins nocifs, plus encore de sauver des vies.


 

 

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Cécile Philippe est docteur ès sciences économiques de l'Université Paris-IX Dauphine et d'un Desup en gestion des entreprises dans les pays en développement. C'est au sein d'un think tank américain qu'elle a terminé sa thèse portant sur les théories de l'information et l'émergence d'un marché de l'information sur Internet. De retour en Europe, elle a crée en 2003 l'Institut économique Molinari, dont elle assure depuis la direction. Auteur d'un grand nombre d'articles publiés dans des journaux aussi bien francophones qu'anglophones, elle a publié en 2007 son premier livre aux Éditions JC Lattès intitulé "C'est trop tard pour la terre". Le livre s'intéresse aux questions d'environnement et cherche à mettre fin à un certain nombre de mythes, en particulier celui qui consiste à croire que réglementation et taxation vont de pair avec amélioration de l'environnement. Elle est intervenue à maintes reprises à la radio (BFM, RFI, etc.) et à la télévision (France 3, LCI, etc.) sur des questions de politiques publiques.
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"Si l’on peut juger que les pays riches ont les moyens d’un tel luxe de précautions, il en va autrement dans les sociétés moins développées."
Mais alors pourquoi les pays du tiers monde ne cultivent pas déjà le riz doré puisqu'il est si bon ?
En Occident, le riz doré est inutile car tout ce que nous mangeons est enrichi n'importe comment au point que des gens en tombent malade. Chercher à légaliser chez nous le riz doré est stupide, sa culture est, selon l'auteur, une question vitale pour les pays pauvres. Ils n'ont qu'a la légaliser chez eux et le produire. Mais je devine que c'est une question de gros sous. On laisserai crever les pauvres parce que les écolos ne veulent pas d'OGM ? En fait, la firme détentrice du brevet veut vendre ses semences à des paysans occidentaux solvables, pas les donner à ceux qui en ont vraiment besoin.
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Et dire que l'inventeur des ogm est un Belge... honte sur nous !

:-((
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Bonjour à 24hgold,
Pourquoi ne peut-on pas noter négativement certains articles comme celui-ci juste histoire de bien faire comprendre à l'auteur la qualité de son article et signifier que l'on n'en désire plus d'autres ?
On est forcément obligé de noter 1 même si c'est encore trop !
Merci d'une éventuelle réponse
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Bonjour Voyageur256,

Je pense que vous auriez peut-être plus de chances d'obtenir une réponse à votre question si vous la postiez dans la rubrique "fonctionnement du forum", en cliquant sur "plus" situé en bas du bloc intitulé "en cours sur le forum".

Le modérateur devrait, logiquement, répondre. Enfin... s'il fait bien son boulot.

;-)
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Riz amélioré, Hahaha.
Et les paysans indiens qui se suicident ruinés en cultivant des semences qui ne donnent pas de descendance.
En parlant de paysans suicidés, il y en a en France en ce moment.
C'est sûr, les grosses boîtes font ça pour votre bien et le bien de l'humanité, et surtout pas pour contrôler la production alimentaire et rendre les gens dépendants.
Alors cela peut être utile pour l'humanité, mais quand on voit "think tank américain" dans le CV de l'auteure et qu'on sait que les recherches sur le riz Ingo Potrykus ont été subventionnées par Rockfeller, on est en droit de se poser des questions.
Manger moins de viande résoudrait déjà certainement beaucoup plus de problèmes.
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...Manger moins de viande résoudrait déjà certainement beaucoup plus de problèmes ...

Ha bon , on ne peut même pas manger l'auteur des articles bidons à la gloire de l'asservissement par la malbouffe ?
Evaluer :   6  0Note :   6
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"En parlant de paysans suicidés, il y en a en France en ce moment."

Moi, il y a quand même un truc que je ne comprends pas...

Si quelqu'un est tellement désespéré qu'il veut mettre fin à ses jours à cause de pressions extérieures... pourquoi ne va-t-il pas, d'abord, dépenser tout ce qu'il a pour s'acheter billet d'avion, hôtel, location de voiture, arme, etc. pour aller flinguer les têtes de ceux qui asservissent le monde ?

C'est vrai, non ? Si on n'a plus rien à perdre, pourquoi se supprime-t-on soi-même, au lieu de supprimer les vrais responsables (même si on est bien d'accord, qu'on leur a donné le pouvoir sur nous en laissant faire...) ?

Perso, si j'en étais là, je ferais travailler mes neurones (à l'instar d'un Mesrine quand il s'est échappé de la prison canadienne la plus gardée au monde) pour trouver un moyen de me rapprocher le plus possible d'un Rockefeller ou d'un pdg de Monsanto et je ferais quelque chose d'utile pour ceux qui resteront derrière moi.

Si tous les futurs suicidés faisaient ça, on arriverait vite à bout de tous ces oppresseurs cupides et cannibales (cannibales parce que leurs politiques à la con et leur cynisme tuent plein de gens, même s'ils ne les mangent pas...).

Quant à cette Cécile Philippe, vraiment, c'est un cas désespéré ! Vraiment, je pense qu'il faut la boycotter et ne plus lire ses articles à la mord-moi-le-noeud ! Quelle tarte !
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Hé oui Lolo , vouloir partir seul est d'un égoïsme !
Mieux vaudrait inviter à cette dernière sauterie le directeur de l'agence qui à sciemment coulé le malheureux pour récupérer deux ou trois fois la valeur du prêt donnée en nantissement.
Et pourquoi pas ne pas inviter aussi le staff au complet.Plus on est de fous ...

Ce serait assurément un service rendu à toutes les victimes passées et potentiellement futures de ce système frauduleux d'argent papier et de monnaie scripturaire qui nous ruine d'une façon collective immanquablement.La société est bien malade de la dette inventée.

Mais tôt ou tard , des désespérés vont passer à l'acte car l'idée est dans l'air et les gens du peuple la sentent.
D'après certains témoignages les commerçants , agriculteurs et artisans semblent à bout de nerfs.
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Ah D., comme ça fait du bien de se savoir comprise. Lol !

"Mieux vaudrait inviter à cette dernière sauterie le directeur de l'agence... (...) Et pourquoi pas ne pas inviter aussi le staff au complet. Plus on est de fous..."

Ben oui, puisque ceux qui nous gouvernent sont dans un mode d'auto-destruction (et qu'ils n'ont même pas encore pris conscience du fait qu'ils étaient eux-mêmes des haineux de la vie, des suicidaires en puissance, et que tout le clinquant qu'ils aiment tant et dont ils ont tant besoin pour se sentir "vivant" ne sont que des "illusions" leur permettant de s'oublier eux-mêmes et leur véritable nature "zombie"), autant les emmener tout de suite à destination, non ? On gagnera du temps et eux aussi !

Les trois modes de défense enregistrés dans notre cerveau archaïque en cas de danger est : la lutte (ce que font quelques "allumés" ou "inconscients" à vrai dire très lucides, de notre société); la fuite (les suicidaires et/ou ceux qui tentent encore de trouver naïvement un coin de paradis perdu dans ce vaste monde totalement corrompu) ou l'immobilité (ce que fait la majorité de notre société jusqu'à présent).

En général, l'immobilité est le comportement que l'animal adopte quand il sait qu'il n'y a plus rien à faire et qu'il s'apprête à mourir. --> il y a donc quelque chose qui cloche dans notre société car nous pourrions totalement renverser la vapeur en tentant au moins de nous battre !

Alors, la fuite, si c'est pour sauver notre peau, d'accord. Mais si c'est pour se tuer sans même être utile au monde, c'est totalement nul !

Ce n'est même pas égoïste; ça ressort, une fois de plus, du manque de questionnement au sujet de ce qui nous arrive. Si on réfléchit un tant soi peu, on peut remonter le fil, voir clair et emmener la "tête" ou le "complice" dans notre délire d'aller à fond dans l'auto-destruction.

Y aurait-il un champignon, une bactérie ou un parasite qui annihilerait cette fonction dans le cerveau archaïque de la majorité de nos concitoyens et dirigeants, comme celle qui attaque le cerveau des fourmis ? (http://www.gurumed.org/2011/03/04/quatre-nouvelles-espce-de-parasite-qui-transforment-les-fourmis-en-zombis/) ou autres insectes (http://www.linternaute.com/science/biologie/dossiers/06/0606-parasites/6.shtml).

Je sais qu'il existe aussi un type de parasite semblable qui fait faire des choses absurdes aux moutons, se retrouve ensuite dans ses selles pour recommencer avec un autre. Alors, comme les humains sont aussi des moutons... ;-)
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Et dire que l'inventeur des ogm est un Belge... honte sur nous ! :-(( Lire la suite
Lolo27 - 22/11/2013 à 14:44 GMT
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