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Les devises cryptographiques gouvernementales – réexaminées

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Publié le 13 décembre 2017
1040 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Dans un article publié la semaine dernière, j’ai brièvement expliqué que des « devises cryptographiques émises par le gouvernement » seraient en elles-mêmes une contradiction. Tout dépend de ce qui est insinué par le terme « devise cryptographique ». En revanche, j’ai depuis fait quelques recherches supplémentaires sur le sujet, et comprends désormais comment une banque centrale pourrait avoir recours à la technologie de la blockchain, et pourquoi un gouvernement pourrait vouloir établir une devise cryptographique.

Ma compréhension du sujet a été grandement améliorée par la lecture d’un essai sur le Fedcoin publié il y a quelques mois par l’Université de Yale. J’ai également lu certains articles sur la différence entre les blockchains avec ou sans permissions. En conséquence, je comprends désormais que la blockchain est une structure de données qui peut être distribuée, comme dans le cadre de Bitcoin, ou centralisée, comme dans le cadre d’une devise émise par une banque centrale.

Je comprends également comment les banques commerciales pourraient tirer profit du lancement d’une devise cryptographique centralisée. C’est là un point important, parce dans le monde d’aujourd’hui, il n’est pas réaliste que d’espérer voir introduite une nouvelle forme de monnaie officielle qui déboucherait sur une réduction substantielle des profits des banques.

L’article sur le sujet du Fedcoin mentionné plus haut montre comment pourrait fonctionner une devise cryptographique sponsorisée par le gouvernement. En voici les aspects clés :

1. Le système comprend un registre central contenant toutes les transactions (la blockchain) géré par la Fed, les banques commerciales et les utilisateurs du système (quiconque souhaiterait dépenser ou recevoir un Fedcoin).

2. Un utilisateur de Fedcoins devrait avoir un compte auprès de la Fed. Ouvrir un compte impliquerait de livrer ses données personnelles, un processus avec lequel sont familiers tous ceux qui ont ouvert un compte auprès d’une institution financière ces dernières années.

3. Les utilisateurs du système auraient des portefeuilles digitaux contenant leurs fonds cryptés, et toutes leurs transactions devraient être digitalement signées. Dans ce sens, le terme « cryptographique » est donc correct. En revanche, la Fed et le gouvernement seraient en mesure de déterminer l’identité des utilisateurs impliqués dans chaque transaction, c’est pourquoi ce système crypté n’offrirait pas de confidentialité à proprement parler. Le gouvernement aurait aussi le pouvoir de geler un compte.

4. Les banques commerciales conserveraient des copies du registre central et vérifieraient les transactions afin de s’assurer à ce qu’il n’y ait pas de double-dépense. Les transactions en Fedcoins seraient également annoncées au réseau de banques commerciales.

5. La Fed auditerait les transactions et verserait des frais aux banques commerciales, et pourrait offrir des récompenses aux plus rapides. Ces versements seraient suffisamment élevés pour rendre cette entreprise lucrative pour les banques.

6. Les banques commerciales enverraient ensuite de petits blocs à la Fed pour les incorporer dans de plus gros blocs incorporés dans la blockchain.

7. La Fed garantirait qu’un Fedcoin est échangeable contre un dollar. Ainsi, elle pourrait assurer au Fedcoin la même stabilité que celle du dollar.

8. D’un point de vue de comptabilité, un Fedcoin serait équivalent à un dollar. Comme les billets et les pièces physiques, les Fedcoins seraient des passifs sur les bilans de la Fed.

9. La Fed aurait un contrôle total sur l’offre de Fedcoins, et l’évolution de cette nouvelle devise cryptographique ne réduirait pas la capacité de la banque à manipuler la masse monétaire et les taux d’intérêt. Bien au contraire, la capacité de la banque centrale à manipuler la monnaie s’en trouverait augmentée, parce qu’il y a de fortes chances que les Fedcoins remplacent un jour les espèces physiques. Cela simplifierait l’imposition de taux d’intérêt négatifs, si une telle politique était jugée nécessaire par les planificateurs centraux.

Quels seraient les avantages et les désavantages d’une devise cryptographique contrôlée par le gouvernement ?

Selon la Banque d’Angleterre, une devise digitale pourrait faire grimper le PIB de 3% de manière permanente, parce qu’elle permettrait une réduction des taux d’intérêt réels et des frais de transaction. Grâce à une telle devise, la banque centrale serait également capable de stabiliser les cycles économiques.

Les arguments de la Banque d’Angleterre ne valent rien, pour des raisons que beaucoup de mes lecteurs savent déjà, et sur lesquelles je ne reviendrai pas.

La raison première pour laquelle une devise cryptographique gouvernementale serait imposée est la maximisation des recettes fiscales, parce que le remplacement des espèces par un tel système permettrait à chaque transaction d’être contrôlée. Le combat contre le crime et la promotion de la croissance économique ne sont autres que des prétextes.

Ceci étant dit, une devise telle que Fedcoin offrirait un avantage significatif aux individus, qui pourraient effectuer des transferts en ligne sans ouvrir de compte auprès d’une banque commerciale. Les transferts pourraient en effet se faire directement d’un portefeuille à un autre.

Une devise cryptographique officielle offrirait également des avantages par rapport à Bitcoin, la plus populaire des devises cryptographiques non-officielles. Pour commencer, une devise comme Fedcoin n’aurait pas de problème de volatilité. Deuxièmement, Fedcoin serait beaucoup plus efficace que Bitcoin.

Pour en revenir à son efficacité, le système de preuve de travail de Bitcoin représente un énorme gaspillage de ressources (et notamment d’électricité). L’inefficacité de Bitcoin est volontairement embarquée dans le système afin de limiter le rythme de la hausse de l’offre. Les coûts élevés et en hausse imposés pour la vérification des transactions en Bitcoins, et la création de nouvelles pièces qui en découle, revient à forcer toute l’extraction minière à être effectuée à la main et, une fois que les quantités d’or sont suffisantes, de demander à ce qu’elle soit effectuée à la main par des mineurs handicapés.

D’une certaine manière, Bitcoin et les autres devises cryptographiques constituent un projet keynésien en pleine expansion. Dommage que de tels projets ne débouchent que sur une destruction de long terme.

Compte tenu des bénéfices que le gouvernement, la banque centrale et les économistes les plus influents (les Keynésiens) en tireraient, il y a fort à parier que des crypto-devises gouvernementales sont en chemin. Pour le secteur privé, l’introduction de telles devises signifiera des réductions de coûts en matière de transferts monétaires, mais une capacité accrue pour le gouvernement de détourner des ressources. Le contrôle accru qu’en tirerait la banque centrale sur la monnaie entraverait davantage le progrès économique.

 

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