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Monétisation des dettes publiques, une très mauvaise idée... à la mode

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Publié le 22 novembre 2011
2100 mots - Temps de lecture : 5 - 8 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

Ces derniers jours ont été l'occasion d'assister à une vague médiatique sans précédent en faveur d'une intervention massive de la BCE en tant qu'acheteur de dernier ressort des dettes souveraines de la zone euro. Autrement dit, si on en croit la sagesse des "experts", il faut MO-NE-TI-SER les dettes souveraines. A mort. Citons, entre autres, Martin Wolf, Paul Krugman, Nouriel Roubini, et en France, toute l'équipe de BFM, de Marc Fiorentino à Nicolas Doze, et nombre de leurs invités en plateau.

Leur raisonnement est le suivant : "si les investisseurs ont la certitude que toute dette souveraine un peu difficile à placer est achetée en dernier ressort par la BCE, le défaut de paiement devient impossible (Nd VB : exact), les emprunteurs rassurés reviennent sur les dettes souveraines, et il est possible de le faire sans inflation, puisque le Japon a pratiqué le quantitative easing pendant 20 ans sans inflation. Ainsi rassurés, les agents économiques pourront enfin se remettre à penser à l'avenir et à générer la croissance dont nous avons besoin pour dégonfler définitivement notre bulle de sur-endettement".

Ce raisonnement est basé sur de fausses prémisses, et fort heureusement, l'idée ne semble pas très bonne aux premiers intéressés, à savoir certains membres du conseil d'administration de la BCE comme Jens Weidmann. Reste à savoir si son avis sera suffisant pour résister à la pression de tous les politiciens hors d'Allemagne, qui réclament tous leur shoot de monétisation. Si M. Weidmann venait à démissionner, comme avant lui d'autres conseillers allemands de l'ECB, cela donnerait un signal très fort pro-monétisation aux marchés. Mais nous n'en sommes pas encore là.

Analysons d'abord le volet "Japonais" de l'équation, avant d'en aborder les éléments plus fondamentaux

La monétisation de la dette japonaise est secondaire.... Jusqu'ici

Quoique vous entendiez à ce sujet, la monétisation directe des dettes sur le marché primaire n'a jamais eu lieu au Japon. En revanche, la banque du Japon est un gros acheteur de titres sur le marché secondaire, pour maintenir effectivement les taux d'intérêts bas. La banque du japon a toujours limité ces achats a des titres ayant déjà eu une partie de leur maturité échue, afin d'éviter de donner l'impression de renoncer à la stabilité du Yen.

Cette monétisation "discrète" n'en reste pas moins limitée en volume. La banque du Japon détient un peu moins de 650 milliards de dollars (50 mille milliards de yens) de dette domestique, soit environ 7,9% du total. Ce n'est pas négligeable, mais on est encore loin d'une politique de QE débridé. La Banque du Japon fait en sorte d'éviter de relancer l'inflation, se contentant de "lutter contre la déflation". Une erreur, de mon point de vue, mais ce n'est pas la question qui nous occupe.




Mais la banque du japon est effectivement le monétiseur de la dette en dernier recours de l'empire. Si cette monétisation se produisait (et de nombreux chroniqueurs croient que le Japon, tôt ou tard, ne pourra plus y échapper), alors il est probable que l'économie japonaise deviendrait hautement inflationniste. Ce qui pourrait mettre en danger sa compétitivité... et ses excédents.

La même cause produirait évidemment les mêmes effets en zone Euro, comme elle a produit cet effet dans l'Allemagne de 1923, dans la Yougoslavie de la fin des années 80, en Amérique du sud dans les années 70, etc... Et malheureusement pour les japonais, le point de non-retour, celui où même la plus rigoureuse des politiques budgétaires ne peut plus sauver la situation, semble dépassé. Voyons pourquoi.

Le surendettement japonais est une bombe à retardement, le japon ne peut être un exemple à suivre

Le Japon, bien que n'ayant pas relancé son inflation, s'est mis dans une situation inextricable : 228% de dette/PIB fin 2011 (contre 196% fin 2010 : +32% en un an ! La machine s'emballe...). En 2010, le Japon a dépensé 92 000 milliards de yens pour seulement 37 000 milliards de recettes (1 yen#1 centime d'euro). Voici a quoi ressemble le budget de l'état japonais depuis 1990 et l'éclatement mal géré de sa bulle de crédit, de sauvetages bancaires en plans de relance. A côté, les gouvernements français ont été des modèles de vertu budgétaire. Ceux qui croient que cela peut durer indéfiniment sont en situation de déni :




A ces déficits chroniques s'ajoutent une "bombe démographique" à gérer très prochainement.

En effet, une partie non négligeable de la dette japonaise (#11%) est détenue par l'organisme public de gestion du fonds de pension national, qui a thésaurisé ses excédents de collecte en bons du trésor pendant les années où le rapport démographique entre retraités et actifs était encore supportable. La banque postale et l'assurance postale, deux monstres étatiques, détiennent également environ 30% de cette dette. Nombre de fonds de placement alimentés par les individus à travers leurs banques ou assureurs en détiennent également.

Or, le fond de pension voit arriver prochainement à l'âge de la retraite (67 ans) toutes les générations du baby-boom d'après-guerre (2012-1945=67). A contrario, les jeunes générations sont beaucoup moins nombreuses (la démographie japonaise est une des plus faible du monde), et le taux d'emploi s'est dégradé ces 20 dernières années, car les politiques de relance n'ont pas permis de créer des emplois pérennes. La sécurité sociale japonaise a déjà fait savoir qu'elle allait devoir bientôt passer d'acheteur net à vendeur net de bons du trésor pour faire face à ses obligations*. Il est probable que les épargnants individuels âgés feront de même pour conserver un niveau de vie suffisant. D'ailleurs, le taux d'épargne des japonais est tombé de plus de 10% à 2,7%, sans doute du fait du vieillissement de la population, et des très faibles taux servis aux épargnants.

Conséquence : le Japon va devoir diversifier ses investisseurs, aujourd'hui à 95% japonais. Il sera intéressant de voir quel taux les épargnants du monde, échaudés par la quasi-faillite d'états moins endettés, demanderont à l'état japonais pour refinancer le roll over des tranches arrivées à échéance, avec un déficit égal au triple des recettes... Ouille.

*Incidemment, avant d'en arriver là, il est probable qu'elle soit aussi vendeuse nette de T-bonds... La FED monétisera aussi.

Les excédents commerciaux régleront-ils éternellement l'addition ?

Ajoutons que les japonais individuels et entreprises, qui ont également massivement acheté ces bons, ont d'abord investi dans cette dette leurs excédents commerciaux. Or, il semble que ces surplus se dégradent, même si le japon reste globalement exportateur net :




Cela annonce-t-il un retournement de tendance, lié à la dégradation de la compétitivité de l'industrie japonaise ? En tout cas, il faut s'attendre à ce que les bons japonais soient plus difficiles à écouler dans les prochaines années. Et avec une dette nominale de 228% du PIB croissant au rythme de 20% par an, la charge d'intérêt peut très vite devenir insupportable.

Le Japon -qui cherchera sans doute à tout prix à éviter un défaut, question d'honneur- va devoir, tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, couper dramatiquement dans toutes ses dépenses publiques, et aussi, sans doute augmenter ses impôts, et ce dernier point ne sera pas bon pour l'économie en général. Mais ce sera le prix à payer pour 20 ans d'ineptie budgétaire. Il n'y a pas de faillite sans douleur.

La leçon japonaise est claire : même le pays le plus productif du monde ne peut espérer vivre par reconduction perpétuelle du surendettement. Ceux qui nous disent que la zone euro devrait suivre l'exemple japonais le connaissent bien mal.

La monétisation des dettes publiques : une soviétisation rampante de l'économie

J'ose par conséquent espérer que personne n'envisage, en zone Euro, une monétisation intégrale de la dette sur le marché primaire, synonyme de spirale zimbabwéenne pour nos économies.

Admettons donc que la BCE puisse monétiser "juste ce qu'il faut" pour éviter qu'un état ne puisse plus placer ses bons, sans qu'elle ne perde le contrôle de l'inflation, et que cette monétisation "a minima" suffise à rassurer les investisseurs privés... Vous voyez que cela fait beaucoup de "si", mais bon, faisons semblant d'y croire.

Quels en seraient les effets économiques au-delà de quelques jours, à moyen et long terme ?

Plus de monnaie, pas plus de ressources !

Si la BCE annonce qu'elle monétisera la dette des états en dernier recours, quelles incitations les états de la zone Euro auront-ils à résoudre rapidement leurs problèmes structurels ? A équilibrer leurs budgets ? Il est probable que la mise en oeuvre des plans dits "de rigueur" prendrait beaucoup de retard, et que, par exemple, en France, le retour à l'équilibre des comptes publics serait repoussé de plusieurs années.

Ah, s'il suffisait de jeter de l'argent créé à partir de rien pour régler les problèmes de l'économie... A ce compte-là, les faux monnayeurs devraient être légalisés ! Mais dans le monde réel, hélas, les choses ne sont pas aussi simples.

Créer de la monnaie pour boucher le trou des débiteurs surendettés ne crée pas plus de nourriture, de machines, de béton, bref, de ressources dont l'économie a besoin pour produire ce que les individus lui demandent. Monétiser les dettes publiques au niveau nécessaire pour empêcher un krach obligataire souverain signifie donc de donner aux états les moyens de continuer à se porter acquéreurs des ressources dont ils ont besoin pour fonctionner.

En contrepartie, les banques, échaudées par leurs déboires récents, devront renforcer leurs capitaux propres, avec ou sans Bâle III : elles vont donc devoir réduire leur bilan, leur exposition au risque. La masse monétaire correspondant à la création de crédit vers l'activité privée, va, elle, se réduire. On observe déjà un effet de substitution des bons d'états aux prêts à l'économie privée dans le bilan de nombreuses banques américaines, ou la monétisation a déjà largement commencé. C'est ce que l'on appelle "l'effet d'éviction".

Affamer ceux qui produisent en récompensant le plus médiocre

En admettant même que l'inflation publique ne surpasse pas de beaucoup la déflation privée, et donc en supposant que l'inflation résultante soit faible (cela fait toujours autant de "si"...), nous obtiendrons donc un phénomène de confiscation des ressources disponibles par l'agent économique le plus pitoyablement sous performant, l'état. Il y aura donc, en termes relatifs, un renchérissement des coûts pour les agents privés, que ce soient les ménages ou les entreprises.

La monétisation des dettes publiques constitue donc, avant même de parler de résurgence inflationniste, une nationalisation, une soviétisation rampante de l'économie, ou plutôt une confiscation furtive d'une part croissante de la richesse du pays par l'état, qui en fera le plus mauvais usage, puisqu'il est destructeur net de valeur. La prime à la médiocrité dans toute sa plénitude.

Prétendre, comme le font certains, que "un retour à la croissance" permettra d'assainir les comptes, fait montre d'une incompréhension totale de ce qu'est l'économie. Aucune reprise durable ne peut se produire dans ces conditions. Si l'étatisation de l'économie fonctionnait, les pays les plus socialisés auraient été les plus riches du monde : inutile de rappeler que cela n'a pas été le cas. Au Japon, cela fait 20 ans qu'ils l'attendent, la croissance, malgré une ribambelle de plans de relance tous plus dispendieux les uns que les autres. Et ils vont finir par y arriver tout de même, à la faillite. Ou à la grosse inflation. Et pourtant, il y a encore des docteurs Knock qui nous affirment que si le Japon se traine, c'est parce qu'il n'a pas assez relancé !

Et donc, si nous monétisons les dettes publiques, l'économie privée sera incapable de créer assez de richesse pour fournir aux états assez de rentrées fiscales pour éponger les dettes passées, dettes qui ne feront que croître, puisque la monétisation rendra son expansion facile... Mais tôt ou tard, le système craquera, et soit la BCE (ou la FED, ou la Bank of Japan) devra monétiser à mort des centaines de milliards de roll'overs, transformant l'Europe en nouvelle Yougoslavie, soit elle devra se résoudre à laisser les états faire défaut, et nous serons revenus à la case départ, sauf que la faillite sera prononcée à un niveau d'endettement encore plus fort que maintenant : elle fera encore plus mal.

Conclusion : Gérer la faillite des états plutôt que la retarder

Laisser les états les plus faibles faire défaut maintenant, sous réserve que quelques précautions législatives soient prises pour éviter qu'un gel bancaire total en résulte, sera dur à vivre, mais permettra de dégonfler une grande partie des bulles de dettes accumulées jusqu'alors.

Le mouvement déflationniste qui en résultera permettra à certains prix d'atteindre un niveau suffisamment bas pour offrir aux entreprises, seules à pouvoir nous sortir du pétrin, des opportunités d'action que le niveau actuel des prix et des dettes ne rend plus possibles.



Vincent Bénard

 

 

 

 

 

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Les mots ont-ils encore un sens en cette période de grande tromperie ?
Monétiser la dette publique qu'est-ce que cela signifie ?

Cela signifie que les banques centrales feront ainsi cautionner par les états la création monétaire privée qui a permis d'acheter les OAT des pays nécessiteux par application de l'article 123 du traité de Lisbonne.
Je ne reviendrai pas sur le fait que la charge de la dette nourrit la dette et que toute cette cavalerie de création sera in fine supportée par les contribuables.
Explications:

http://monnaie.wikispaces.com/Arnaque

Décorticage de la combine comptable qui permet aux banques sans le sou d'acheter des milliards d'obligations souveraines :

http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post/Cr%C3%A9ation-mon%C3%A9taire-obligations-Etat

Il s'agit là d'un formidable transfert de richesses de toutes les classes productives de l'employé au PDG au profit exclusif de l'ultra minorité qui s'est arrogé le privilège , grâce à la complicité des politiciens achetés et payés pour le faire, de la création monétaire.
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Le dollar a perdu 95 % de sa valeur depuis la création de la FED.
Visiblement, le monde a continué de tourner.
Non, le pire que nous puissions avoir serait la déflation. Bernanke a raison sur ce point : TOUT sauf la déflation.
L'inflation a ceci de socialement acceptable par les populations quelle est mise sur le compte des spéculateurs, meme si la politique monétaire est visiblement inflationniste. L'ordre social reste sauf.
Les conséquences sociales de la déflation sont catastrophiques. Il suffit de voir les evenements en Grece.
L'Allemagne se focalise sur la période 1921-1923. Oubliant que la déflation des années ultérieures a été une des causes de l'accession d'Hitler au pouvoir.
On lira avec profit Carl Holferirich 'l'inflation en allemagne 1914-1923', édité par le MINEFI, pour se faire une idée précise (politique, economique et social) de cette problématique.
http://www.lgdj.fr/documents/6779/inflation-allemagne-1914-1923-causes-consequences-regard.
Ca va les ultralibéraux ? Voilà de quoi torpiller le dogme de la déflation des dettes :-)
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L'analyse est bonne ; la/les conclusions plus douteuses. Laisser les "petits états" faire défaut entraînerait une méfiance immédiate des prêteurs et donc la cascade de faillites : Espagne Italie France puis nécessairement les préteurs dont certains pourraient imaginer de se payer sur les bêtes blessées donc bien affaiblies : en achetant leurs actifs ? ou plutôt, car les répercutions internes chez eux seraient inévitables entraînant des troubles sociaux, en leur faisant une bonne guerre qui résoudrait tous les problèmes.
Je ne suis pas un va-t-en-guerre mais je me sentirais mal à l'aise en ne tenant pas compte de toutes les possibilités. Or, si l'Europe a un point faible et même très faible c'est bien au niveau de sa défense générale. Des pays de vieux, relativement riches, sans volonté ni défense, sont des proies faciles. Les prédateurs sont là et n'ont pas nos scrupules : la loi du plus fort reste la dominante de l'humanité pour ne pas dire de toutes les formes de vie. Préparons-nous donc à mourir.
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Je ne partage absolument pas votre opinion sur le fait que le point faible de l'Europe soit sa défense. L'Allemagne a fait une OPA sur l'Europe, Dieu nous protège d'une militarisation de l'Europe !

Au moment où la France est en train de prendre la tête des PIIGS et qu'elle probablement abandonnée par l'Allemagne lorsque celle ci reprendra son indépendance monétaire, il ne me semble guère judicieux de militariser une organisation qui est en train de mettre ses hommes à la tete des pays les plus faibles pour organiser leur mise en coupe réglée et le paiement de leurs dettes.

Le tout sous le leadership ferme de l'Allemagne réunifiée
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J'ai bien connu la "botte allemande" mais c'était celle de Hitler ! Je ne crois pas que les allemands soient prêts à recommencer. Maintenant que l'Allemagne (?) ait fait une OPA sur l'Europe, je ne le crois pas non plus : nous sommes son principal client et il est indispensable pour eux de le protéger. Si vos souvenirs sont tels que le nazisme soit encore en résonance en vous, vous oubliez plus récemment que si l'Europe s'est faite c'est surtout parce que l'Allemagne a cru en la France et sa force de dissuasion pour se protéger du stalinisme, et en a assuré une bonne partie du financement. Cela crée des liens solides.
Maintenant que l'Allemagne s'est serré la ceinture pour se gérer convenablement et que nous ne l'avons toujours pas fait, n'est pas une raison pour se méfier d'eux. De plus c'est un pays vieillissant bien plus que nous ce qui ne conduit pas à la guerre mais bien aux "Verts" et leur allergie nucléaire. Je trouve aussi et enfin que vous ne regardez pas la réalité allemande. La survie, notre survie, dépend de notre capacité d'adaptation au monde, quel qu'il soit car nous ne le faisons pas seuls. Nous ne pourrons défendre notre mode social contre le reste du monde qu'en étant assez forts. Et, nous n'en prenons pas le chemin.
Un peu de réalisme à ajouter massivement à notre idéalisme.
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Merci.
J'entends bien.

Il parait toutefois parfaitement clair que l'Allemagne voit désormais son avenir à l'Est, et qu'il ne se passera pas longtemps, si ce n'est pas déjà fait, avant qu'elle échange la protection du parapluie nucléaire russe contre le parapluie français.

Concernant la prétentue "bonne gestion" allemande, l'Allemagne est exactement dans le même état que la France. Son ratio dettes sur PIB est de plus de 80%, avant toute recapitalisation de ses banques, qui sont insolvables comme les banques françaises. Après recapitalisation de ces banques, l'Allemagne n'aura plus de triple A non plus.
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Faire entrer la Russie dans l'Europe n'est pas une option à réfuter ; c'est même probablement une des meilleures solutions pour résoudre les nombreux problèmes qui se posent. De Gaulle le pensait et l'avait prédit. Ce sera beaucoup plus facile dès la chute du $ et de la puissance américaine car la Russie n'aura plus guère d'autre choix... et l'Europe non plus. Les pays qui montent en puissance sont de l'ordre du milliard d'individus. Nous en serions à égalité.
Et vous pensez, Philvar, que la Russie veut entrer dans l'Europe ?
1 - Parlez-vous de l'Europe "légale" (celle des traités, des Etats, etc.) ou bien de l'Europe "réelle" ? Une Europe réelle que depuis plus de dix ans le Kremlin oppose, avec pertinence mais non sans arrière-pensées, à l'Union Européenne, que la Russie n'estime guère.
2 - Si c'est à l'Europe "légale" que vous faites allusion, s'agit-il de l'Union Européenne ou de la zone euro ?
3 - Vous dites que faire entrer la Russie dans l'Europe n'est pas une option à réfuter, mais pensez-vous que Moscou l'envisage ? L'européisme russe n'a rien à voir avec l'européisme des Européens, il est plus ambigu, et même s'il séduit certaines élites politiques et intellectuelles françaises, je ne suis pas sûr que ces dernières aient les idées claires sur ce sujet. A vrai dire il s'y mêle plus de passions que de raisonnements.
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Tant que les USA sont relativement forts la Russie peut tenir en équilibre. Mais si, comme probable, ils sont en déclin économique, la Russie craindra sur son Sud - ouest par la montée de l'Islam qui est loin d'être négligeable déjà - Sud par la Chine qui l'inquiétée depuis longtemps. Alors sa meilleure possibilité sera de se rapprocher encore plus de l'Europe. Quand à la forme... je ne suis pas devin ! Mais dépendra du rapport des forces, comme toujours.
De plus, la Russie comme tous les grands pays envisage toujours toutes les possibilités et il ne me semble pas que ses dirigeants actuels soient les moins intelligents des dirigeants mondiaux. (humour)
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D. - 23/11/2011 à 11:35 GMT
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