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Cours Or & Argent en

Nicholas Copernic.

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New World Economics
Publié le 26 août 2014
918 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Or et Argent




Nicholas Copernic (1473-1543) est connu aujourd’hui comme celui qui ‘nous a appris que la Terre tourne autour du Soleil’, mais il a également conseillé le Parlement Royal de Prusse en matière de réformes monétaires pendant quelques années. Au cours de cette période, il a écrit un essai connu sous le nom de Traité sur la Monnaie (1526). Une traduction anglaise de cet essai a récemment été publiée par la maison d’édition Laissez Faire Books. Il est truffé de trésors – de choses si simples qu’elles ont été oubliées par la majorité des économistes académiques d’aujourd’hui, ce qui n’a pas été sans conséquences.

‘La monnaie, ou unité de devise, prend la forme d’or ou d’argent qui a été marqué – en fonction des politiques établies par un gouvernement ou chef d’état – dans le but de déterminer le prix des biens qui sont achetés et vendus. La monnaie est donc un ‘outil de mesure’ commun de la valeur des choses. Tout ce qui est utilisé en tant qu’outil de mesure doit être stable – et doit rester égal à sa limite fixée. S’il ne l’est pas, l’ordre public se trouve perturbé, et les acheteurs et vendeurs ne cessent plus d’être trompés, un peu comme si l’outil de mesure de distance (ulna en Latin), de volume (modius en Latin) ou de poids n’était plus fixé.


C'est ce que j'appelle l'approche Classique de la monnaie — la monnaie doit être aussi stable que possible pour pouvoir servir d’outil de mesure pour évaluer la valeur des choses. Pendant des millénaires, depuis l’aube de la civilisation en Mésopotamie et les Sumériens de 3500 avant JC, cet objectif a été achevé en basant la monnaie sur l’or et son adjoint de plus petite dénomination, l’argent.

A cette époque aussi, les gouvernements pensaient que disposer d’une unité de mesure à la valeur stable et fiable était un peu trop ennuyeux. Qu’il est amusant de créer de la monnaie à partir de rien ! A l’époque, cela signifiait frapper des pièces à plus forte valeur nominale ou contenant moins d’argent. Et puis c’est devenu une habitude. Copernic se lamente :

‘Mais ce qui est pendant si longtemps devenu une habitude d’altération et de dévaluation de la monnaie n’a pas cessé à notre époque. J’ai peine à dire, au vu de ce que les choses sont devenues et de ce qu’elles sont aujourd’hui, que la valeur de la monnaie a tant diminué que trente marks ne valent aujourd’hui plus qu’une livre d’argent !’


Voilà quarante années que les Etats-Unis ont formellement abandonné leur politique de maintien de la valeur du dollar à 1/35e d’une once d’or – une décision prise le 15 août 1971. La valeur du dollar est un peu vague, mais avec un or à 1.200 dollars l’once, il ne vaut aujourd’hui plus qu’1/34e de sa valeur de Bretton Woods. Personne ne semble pourtant s’en soucier outre mesure, comme c’était aussi le cas à l’époque de Copernic. C’est simplement ainsi que les choses sont. (Copernic a retracé cette tendance sur un siècle entier de l’histoire de Prusse). ‘L’habitude d’altération et de dévaluation de la monnaie’ est devenue chose commune, et je suspecte les efforts actuels d’impression monétaire de la Fed de ne représenter qu’un chapitre de cette longue histoire.

‘Mais peut-être que quelqu’un s’y opposera. Une monnaie maigre est plus avantageuse aux usages humains : elle aide les pauvres en offrant un prix plus faible des biens et rendant plus accessibles les autres nécessités de la vie’.


Nous avons là ce que l’on appelle la vision mercantile de la monnaie, qui veut qu’elle soit manipulée par l’état pour atteindre certains objectifs de court terme. Peut-être que l’idée de rendre plus accessibles les biens alimentaires n’a pas beaucoup de sens pour nous à l’heure actuelle, mais de nombreuses nations connues pour ‘aider les pauvres’ (moindre taux de chômage, taux de prêts immobiliers plus faibles…) ont toujours été utilisés comme justifications pour les manipulations mercantilistes.

Mais cela fonctionne-t-il?  Quelle en sont les conséquences ? Après un siècle de recours à ces stratégies, la Prusse est-elle parvenue à la prospérité et l’abondance ? Voyons ce qu’en dit Copernic :

‘Mais si ces personnes ne considèrent que le bien commun (communitis utilitas), elles ne peuvent certainement pas nier qu’une devise excellente n’est pas uniquement bonne pour l’état mais aussi pour elles-mêmes et toutes les classes de la société, et qu’une monnaie peu chère est nuisible. La vérité de tout cela est nette, non seulement pour beaucoup d’autres raisons, mais notamment grâce à l’expérience par laquelle nous avons vu les pays aux grandes monnaies prospérer et ceux à la monnaie faible décliner et périr…


(Au cours de ce dernier siècle), la monnaie n'a cessé de perdre de sa valeur chaque jour, et notre pays, par cette pestilence ainsi que d’autres catastrophes, a été mené à la ruine. Il est évident que partout où la monnaie peu chère est utilisée, la pratique des arts et des talents humains laisse place à la fainéantise, au désintérêt et au désœuvrement, et qu’il n’y a d’abondance en rien’.


Voilà quarante-deux années que dure notre propre expérience avec notre drôle de monnaie. Pendant tout ce temps, même selon les statistiques gouvernementales les plus optimistes, le salaire à temps plein masculin médian a stagné. Les revenus réels médians sont désormais autour de leur niveau de 1988.

 
A quoi ressembleraient les choses si, comme Copernic, nous observerions notre propre appauvrissement sur un siècle ?


Elles ressembleraient probablement de près à la situation de 1526. Surprenant ? Non.


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Nathan Lewis est l'auteur de Gold: the Once and Future Money, publié par Agora Publishing et J Wiley. Il est le directeur de Kiku Capital Management.
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