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Thomas Sowell, un économiste Noir contre le multiculturalisme

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Extrait des Archives : publié le 10 novembre 2014
1189 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

 

 

 

Thomas Sowell est l'un des intellectuels les plus importants et respectés en Amérique. Économiste et philosophe, enseignant, essayiste, il est également chroniqueur dans de nombreux journaux.

 

Sowell est né en 1930 en Caroline du Nord et a grandi dans la communauté noire d’Harlem. Comme beaucoup d'autres noirs dans son quartier, il quitte la maison très jeune, sans terminer l'école secondaire. Les années suivantes sont difficiles, mais il rejoint finalement le Corps des Marines et devient photographe de guerre en Corée. Après avoir quitté le service, Sowell entre à l'Université Harvard. Il occupe un emploi à temps partiel en tant que photographe et étudie la science qui va devenir sa passion et sa profession : l'économie.

 

Diplômé de l'Université Harvard (1958), il reçoit sa maîtrise en économie de Columbia University (1959) et un doctorat en économie de l'Université de Chicago (1968). Au début des années 60, Sowell occupe un emploi en tant qu'économiste au Ministère du travail. Mais il souhaite se consacrer à l'enseignement. En 1965, il commence à enseigner à l'Université Cornell avant d’enseigner à l'Université de Californie à Los Angeles, au début des années 70 et de 1984 à 1989.

 

Sowell a publié de nombreux livres, ainsi que de nombreux articles et essais, couvrant un large éventail de sujets, de la théorie économique classique aux questions judiciaires, en passant par le droit de choisir son école. Sowell, après avoir écrit dans plusieurs journaux à la fin des années 70 et au début des années 80, commence véritablement sa carrière comme chroniqueur en 1984. Sowell dit qu'il aime écrire pour le grand public car cela lui permet d’aller au cœur des problèmes sans les artifices qui accompagnent si souvent l'écriture académique.

 

En 1990, il remporte le prestigieux prix François Boyer, présenté par l'American Enterprise Institute. Il est actuellement Senior Fellow à la Hoover Institution de Stanford, en Californie.

 

Un critique de l’État-providence

 

Sa pensée est orientée vers la défense du libre-marché et une politique sociale conservatrice-libertarienne. Ses recherches ont porté notamment sur la théorie de la connaissance et de l'information. En 1980, Thomas Sowell publie Knowledge and Decisions (1980). À l’instar de son maître Friedrich A. Hayek, il présente l'économie de marché comme un processus cognitif. Sowell utilise une citation de Walter Lippmann en épigraphe de son livre : « L'homme n'est pas le Dieu d'Aristote contemplant toute existence d'un seul regard. » Certains proposent des remèdes aux problèmes sociaux qui supposent implicitement que nous sommes ou devrions être des dieux aristotéliciens. Ils sous-estiment le niveau de connaissance détaillée qui doit être utilisé pour fournir la nourriture et le logement aux habitants d'une ville ; assurer suffisamment mais pas trop de médecins, de plombiers, de poètes, et de pilotes de ligne, distribuer l'électricité et le service téléphonique à tout le monde ; maintenir les processus de découverte qui vont apporter des réponses nouvelles et précieuses à de vieux problèmes d'inconfort et de maladie. L'échec spectaculaire du socialisme n'a pas été, comme beaucoup semblent le croire, une conséquence du fait que les gens sont égoïstes et mettent leurs propres intérêts avant les intérêts de la société. Il a été une conséquence du fait que personne n’est omniscient.

 

Thomas Sowell milite notamment en faveur d’un impôt uniforme qui permettrait de produire plus de croissance économique que le système d'impôt progressif en vigueur. En effet, il ne pénaliserait pas les efforts supplémentaires à un taux de plus en plus élevé. Il encouragerait les efforts et la prise de risques. Il critique aussi le contrôle des loyers. Comme toutes les formes de contrôle des prix, le contrôle des loyers conduit à une augmentation des prix et à une réduction de la quantité fournie. La pénurie des moyens et les faibles profits conduisent alors à une détérioration rapide des biens locatifs. Ce scénario a été observé dans tous les pays à travers le monde – en Australie, en Suède, en France, en Angleterre, comme aux États-Unis.

 

Thomas Sowell est aussi l’un des principaux critiques de l’État-providence aux États-Unis. Selon lui, après avoir souffert de l'esclavage, les noirs ont été les cobayes des expérimentations sociologiques du XXème siècle : emplois assurés, santé surveillée, hébergement bon marché, intelligences prises en charge par l'école publique et les programmes sociaux pour jeunesse à risque. Le problème, c’est que tous ces programmes d’assistance sociale se sont soldés par un échec retentissant. Certes, la politique d’« Affirmative Action » a été une aubaine pour les noirs qui étaient déjà intégrés et en particulier pour ceux qui étaient riches. Mais elle n’a rien fait pour les noirs qui sont au bas de l’échelle. Les données empiriques provenant d'autres pays à travers le monde montrent la même tendance générale. De plus, si vous donnez directement aux pauvres assez d’argent pour cesser d'être pauvres, cela ne coûte qu’une fraction du coût des programmes de l'État-providence visant à aider les pauvres. 

 

Races et politique

 

Les cultures humaines sont-elles égales ? Et si oui, pourquoi certaines sont-elles socialement et économiquement moins performantes que d'autres ? Selon Sowell, leur sort dépend moins de l’environnement extérieur (racisme, discriminations) que de leurs habitudes de vie et de leurs valeurs. Pourtant, l’idée que la « sous-représentation » de certains groupes dans des situations favorables serait due à la façon dont ils sont traités par les autres, est devenue le dogme d'une véritable religion séculière.

 

Dans Race, politique et économie, traduit par Raoul Audouin, PUF, 1986, il montre qu’il existe de nombreuses preuves du contraire. Au cours des siècles, et dans les pays à travers le monde, certaines minorités, sans pouvoir politique, ont surpassé la majorité dominante dans des professions lucratives ou de prestige. Les Arméniens dans l'Empire ottoman, la minorité chinoise en Asie du Sud, les huguenots en France, les Ibos au Nigeria, les Japonais du Brésil, les Libanais en Afrique de l'Ouest, les Juifs dans l'Espagne médiévale... La liste pourrait être prolongée presque indéfiniment.

 

Par ailleurs, il observe que les Italiens en Australie et en Argentine montrent des schémas sociaux et économiques similaires à bien des égards à ceux des Italiens en Italie ou aux États-Unis. Et, bien que les Noirs n'aient pas eu à subir la même oppression massive et rigide au Brésil, les différences économiques entre Blancs et Noirs sont beaucoup plus élevées au Brésil qu’aux États-Unis. Selon lui, aucun dogme n’a causé plus de mal que l’idée qu’il existe une discrimination quand certains groupes sont « sous-représentés » dans les institutions.

 

Enfin, Sowell ne croit pas qu’il faille payer des réparations pour compenser l’esclavage. Il n’hésite pas à dire que les descendants des esclaves ne vivraient pas mieux s'ils étaient nés en Afrique au lieu d'être nés en Amérique. Autrement dit, le sort terrible de leurs ancêtres leur a profité. Si ces ancêtres étaient encore en vie, ils mériteraient des réparations énormes et leurs ravisseurs mériteraient les punitions les plus sévères. Mais le passé appartient aux morts. Aussi frustrant que cela puisse être, créer de nouvelles injustices parmi les vivants ne changera pas les choses.

 

Trois livres ont été publiés en Français : « L’Amérique des ethnies » (L’Age d’homme), « La loi de Say » (PUF) et « Race, politique et économie » (PUF).

 

 

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Damien Theillier est professeur de philosophie. Il est l’auteur de Culture générale (Editions Pearson, 2009), d'un cours de philosophie en ligne (http://cours-de-philosophie.fr), il préside l’Institut Coppet (www.institutcoppet.org).
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Bonjour
Je trouve (et regrette) que le titre de l'article ne correspond pas au contenu.
En effet, le contenu est très clair (et très pertinent )contre des dérives perverses de la doxa "multiculturaliste", pas contre la notion-même de multiculturalisme.
Ce n'est pas en mélangeant tout qu'on fera avancer les choses.
Sowel a toujours eu une analyse très fine et très pertinente des sujets qu'il a abordé.
Je souscrit tout à fait au dernier paragraphe. Il faut bien être clair que nombre de pays que nous avons colonisés n'en seraient pas là où ils en sont sans la présence des européens qui les ont habités. Les français ont libéré le Maghreb du joug ottoman qui en avait fait des pirates et des esclaves pendant plusieurs siècles alors que ces gens-là étaient chrétiens à l'époque de la fin de l'empire romain ! Beaucoup d'autochtones le savent bien et n'ont pas honte de le dire. Quant à ce qui s'est passé de nombreuses décennies en arrière, cela appartient effectivement au passé et à ceux qui l'ont vécu, nous n'y étions pas.
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Bonjour Je trouve (et regrette) que le titre de l'article ne correspond pas au contenu. En effet, le contenu est très clair (et très pertinent )contre des dérives perverses de la doxa "multiculturaliste", pas contre la notion-même de multiculturalisme.  Lire la suite
Pierre A. - 11/11/2014 à 10:28 GMT
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