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Un gouvernement endetté et une planche à billet

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Publié le 27 juillet 2011
769 mots - Temps de lecture : 1 - 3 minutes
( 5 votes, 4/5 ) , 4 commentaires
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

C’est une histoire vieille comme le monde. De la Rome impériale au Venezuela d’Hugo Chavez en passant par l’épisode épique de la République de Weimar, c’est l’histoire d’un gouvernement endetté qui n’ose pas lever de nouveaux impôts mais qui dispose d’un monopole monétaire.


Quand l’Etat croule sous les dettes – à cause d’une guerre ou de politiques économiques ineptes – la solution naturelle consiste à augmenter l’impôt. Mais cette option présente un grand inconvénient : elle est extrêmement impopulaire et ce, en particulier quand le peuple étouffe déjà sous le poids des prélèvements obligatoires. Même le maître de Rome, pourtant peu sensible à la pression des prochaines échéances électorales, hésitait à y recourir. Pour éviter d’avoir à affronter l’ire populaire, de nombreux princes [1] eurent recours à l’expropriation – l’émission des assignats était garantie par les biens confisqués à l’Eglise – ou tout simplement à l’élimination physique des créanciers – option choisie par Philippe le Bel pour éviter de rembourser ses banquiers Templiers.


Une autre possibilité, qui relève tout autant du vol mais présente l’avantage de revêtir l’apparence d’une certaine forme de légalité, consiste à refuser unilatéralement de rembourser ses dettes. On parle alors d’un défaut de paiement. Il est de bon ton, de nos jours, de fustiger le diktat des marchés financiers qui imposent l’austérité à nos gouvernements. C’est bien sûr une fumisterie pure et simple : si vous deviez un jour décider de ne pas rembourser votre crédit immobilier, on vous enverrait la police. Mais si le débiteur indélicat est un gouvernement, non seulement il n’enverra pas sa propre police récupérer les fonds qu’il doit mais de plus, les éventuels créanciers mécontents ont les meilleures raisons du monde de se montrer discrets : un Etat n’a pas seulement une police, il a aussi une armée.


Mais dans un monde où tout se sait, un gouvernement qui pratique ostensiblement le vol ou le meurtre pour annuler sa dette peine à inspirer confiance à ses éventuels créanciers. C’est ici qu’intervient la planche à billets qui est à la fiscalité ce que les armes bactériologiques sont à la guerre : la solution la plus radicale et la plus discrète qui soit.


Pour que le système fonctionne, vous avez besoin de deux dispositifs légaux. Le premier accorde le monopole d’émission de billets de banques à une banque centrale et interdit à quiconque de lui faire concurrence (article 442-4 du Code pénal français). Le second dispositif instaure le « cours légal » de la monnaie gouvernementale ; c'est-à-dire que vous n’avez pas le droit d’utiliser d’autre monnaie que celle de l’Etat (article R642-3) et que vous n’avez pas le droit de refuser cette monnaie en paiement (article R642-2).


Une fois ces deux conditions préalables remplies, le prince dispose potentiellement de deux méthodes : la première, assez grossière, consiste à financer directement la dépense publique par la planche à billets ; la seconde, plus élégante, vise à dévaluer la monnaie afin de réduire la valeur réelle de sa dette [2]. Dans un cas comme dans l’autre, l’Etat peut donc se sortir des situations financières les plus épineuses en dévaluant la monnaie, c'est-à-dire en créant de l’inflation.


L’usage de l’inflation à des fins fiscales offre au moins deux avantages majeurs : il se passe volontiers de tout contrôle parlementaire [3] et surtout, il ne se matérialise pour le contribuable que par une hausse continue et généralisées des prix. Cette deuxième caractéristique est particulièrement appréciable dans la mesure où elle permet d’accuser les marchands, les banquiers, les riches, les juifs, les monarchistes, le clergé, les propriétaires terriens… bref, à peu près n’importe qui à l’exception notable du véritable coupable qui se trouve d’ailleurs être le premier accusateur [4].


Le prince peut alors imposer un contrôle des prix destiné à lutter contre « la rapacité des spéculateurs » ; s’en suivent invariablement des pénuries de plus en plus sévères qui donnent elles-mêmes lieu à une corruption généralisée des fonctionnaires chargés de les gérer. Le peuple furieux réclame une reprise en main de l’économie et cherche un homme providentiel pour remettre de l’ordre dans le pays. La suite, vous la connaissez : il suffit d’ouvrir un livre d’histoire.




---


[1] En application du précepte Shadock qui veut que pour qu’il y ait le moins de mécontents possibles, il faut toujours taper sur les mêmes.


[2] L’Etat doit toujours cent millions de livres… mais la valeur de la livre a été divisée par dix.


[3] Ou peut, le cas échéant, être habilement masqué par une politique de soutien aux exportations – i.e. une « dévaluation compétitive ».


[4] Pour un exemple contemporain, voir le président vénézuélien Hugo Chavez.



 

 

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Georges Kaplan ne s’appelle – de toute évidence – pas vraiment Georges Kaplan puisque Georges Kaplan est un leurre. Né en 1975 dans une grande ville du sud de la France qui fût autrefois prospère grâce à son port, Georges Kaplan a principalement quatre centres d’intérêts dans la vie : sa famille, la musique, les bateaux (à voile) et l’économie. Ceux qui le connaissent considèrent Georges Kaplan comme un « libéral chimiquement pur » qui pense pour l’essentiel s’inscrire dans la tradition de la pensée libérale classique française et celle de l’école autrichienne d’économie. Il gagne honnêtement sa vie sur les marchés financiers et publie régulièrement des articles sur son blog, sur Contrepoints.org et Causeur.fr.
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C'est de la totale désinformation , une belle ignorance ou de la propagande du système à usage des foules bêlantes ?
Il y a belle lurette que les gouvernements occidentaux n'ont plus le monopole de la création monétaire.
Celle-ci est le fait de la Fed aux États-Unis qui est un conglomérat de banques privées comme son nom ne l'indique pas .
En Europe , les gouvernements signataires de l'article 123 du traité de Lisbonne s'obligent à emprunter auprès des banques privées pour couvrir leurs déficits budgétaires.
Dispositions mise en place malgré leur rejet référendaire.
Ces dispositions ne faisaient que reprendre la loi a parfaitement anticonstitutionnelle du 3 janvier 1973 promulguée par le tandem rotschildien Pompidou Giscard qui dans son article 25 transforme la facilité offerte jusqu'alors gratuitement par la Banque de France en obligations contre intérêts auprès de banques privées et de créer ainsi de façon irréfutable la dette publique que nous connaissons actuellement.
La dette publique qui est à la louche de 1500 milliards dont la charge est de 70 milliards par an est née d'une forfaiture.
La dette publique est une création sur mesure, la rente du cartel bancaire mondial mise en place par des politiciens marionnettes.
Il est bien évident que cette arnaque de la dette publique doit être répudiée et ses acteurs traduits devant les tribunaux.
In fine la création anticonstitutionnelle et criminelle de la dette publique cautionne la privatisation de pans entiers de biens publics afin de rembourser cette chimère , la prévarication pour justifier un vol.

Entièrement d'accord avec toi mais en ce qui me concerne je suis pour ressortir la guillotine et les exécutés comme au bon vieux temps de la révolution à tous ces mécréants sont devenus au fil du temps des roitelets qui exploites le peuple et s'en foute plein les poches

Y'a un truc que je ne comprends pas D. ! Si l'article 123 oblige les états à emprunter aux banques privées pour couvrir leurs déficits, et si pendant la crise banquaire les états ont sauvé les banques à coups de milliards, n'y a t il pas quelque chose de pourri au royaume du Danemark ? N'aurait il pas été plus simple que chacun annule sa dette, ou du moins la rectifie ? genre : "tu me dois 100 €, je t'en dois 100 €, n'en parlons plus ?" ... Ca me fait penser à deux personnes qui se noient et qui essayent de se sauver mutuellement ! On ne nous dit pas tout ?!
@ Tophe
Les états ont emprunté auprès des banques pour sauver ...les mêmes banques... D'un éventuel défaut de paiement... Des états...
Il s'agit à l'évidence d'un système de Ponzi comptable , qui permet ainsi aux banques d'obtenir un cautionnement public sur l'argent issu de la magie des réserves fractionnaires bancaires c'est-à-dire créé d'un simple clic d'ordinateurs.
Si c'est par un simple jeu d'écriture que les banquiers créent l'argent, nous sommes obligés de travailler pour payer les impôts nécessaires au service de la dette.
Impôts obligatoires payés par une monnaie d'usage et à cours forcé.
C'est ainsi que se dévoile l'architecture du système de mise en servitude par une dette ,créée sur mesure, qui provoque un gigantesque transfert de richesses des classes moyennes et populaires vers l'hyper classe.
Bien évidemment la seule solution est le jubilé général de toutes les dettes tant publiques que privée puisque toutes issues de l'escroquerie des réserves fractionnaires bancaires, qui permetent aux banques de prêter l'argent qu'elles n'ont pas qu'elles inventent.
De toute manière toutes les dettes sont devenues impayables les systèmes antiques le savaient très bien, c'est pour cela qu'existe le jubilé.
http://www.denissto.eu/node/319
http://fr.wikipedia.org/wiki/Solon
Bien évidemment il est de la survie du système que toutes ces notions pourtant simplissimes doivent rester secrètes.
Nous remarqueront aussi que c'est d'un bel acharnement unanime que tous les partis politiques occidentaux de gauche, de droite ,du centre ou écologique approuvent le renflouement systématique des banques quel qu'en soit le prix à payer par la population, renflouements présentés à la population sous la terminologie langue de bois de "sauver" la Grèce, l'Irlande , le Portugal etc.
Chacun en tirera ses propres conclusions.
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@ Tophe Les états ont emprunté auprès des banques pour sauver ...les mêmes banques... D'un éventuel défaut de paiement... Des états... Il s'agit à l'évidence d'un système de Ponzi comptable , qui permet ainsi aux banques d'obtenir un cautionnement publi  Lire la suite
D. - 27/07/2011 à 11:33 GMT
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