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10 trillions de dollars sont nécessaires pour éviter une flambée du prix du pétrole

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oilprice.com
Publié le 16 janvier 2016
1097 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Selon les dires de l’OPEP, 10 trillions de dollars devront être investis sur l’industrie du pétrole et du gaz avant 2040 afin que puisse être satisfaite la demande du monde en énergie.

L’OPEP a publié son World Oil Outlook 2015 (WOO) à la fin du mois de décembre, qui dépeint une situation bien plus pessimiste que par le passé sur les marchés pétroliers. Tout d’abord, l’OPEP ne s’attend pas à voir le pétrole repasser au-dessus des 100 dollars le baril avant 25 ans, une conclusion remarquablement baissière. Le groupe s’attend à voir le prix du pétrole grimper d’environ 5 dollars par an jusqu’à la fin de la décennie, pour atteindre 80 dollars en 2020. A partir de cette date, il s’attend à le voir grimper plus lentement encore, pour atteindre 95 dollars par baril en 2040.

Les prévisions de long terme sont connues pour être peu précises, et le prix du pétrole à plusieurs années est particulièrement difficile à prévoir. Plus encore à plusieurs décennies. Les estimations de prix impliquent une série de variables, et de petites erreurs d’estimation – comme par exemple sur le PIB global ou le taux de croissance de la population mondiale – peuvent radicalement transformer les conclusions apportées. Une telle estimation ne devrait donc être prise que comme point de référence et non comme une tentative de prédiction exacte du prix du brut sous 25 ans. Il n’en est pas moins que la conclusion du rapport suggère que l’OPEP soit d’avis que nous disposerons de suffisamment de pétrole pendant encore assez longtemps, suffisamment pour ne pas assister à des pics de prix tels que ceux que nous avons traversés ces dernières années.

C’est en partie lié à ce que l’OPEP perçoit comme un développement graduel en faveur d’une meilleure efficacité de production et d’alternatives au pétrole. Le rapport publié présente une estimation de la demande par tranches de cinq ans, une demande qu’il pense voir décélérer graduellement. Pour vous donner un exemple, le monde devrait consommer 6,1 millions de barils supplémentaires par jour jusqu’en 2020. Mais après cette date, elle devrait ralentir avec 3,5 millions de barils supplémentaires par jour entre 2020 et 2025, 3,3 millions de barils entre 2025 et 2030, 3 millions de barils entre 2030 et 2035, et finalement 2,5 millions de barils entre 2035 et 2040. Les raisons en sont diverses : ralentissement de la croissance économique, baisse du taux de croissance de la population et, crucialement, amélioration des efforts de lutte contre les changements climatiques. Depuis le WOO publié en 2014, l’OPEP a réduit son estimation de la demande pétrolière pour 2040 de 1,3 million de barils par jour, parce qu’il perçoit l’arrivée de nouvelles régulations favorables au climat ces prochaines années.

Bien évidemment, nous pourrions dire que même cette estimation de 110 millions de barils par jour en 2040 est potentiellement optimiste. Ce ne serait pas surprenant compte tenu du fait qu’il soit publié par un groupe de pays exportateurs de pétrole. Les transitions énergétiques sont difficiles à prévoir au fil du temps, mais lorsqu’elles se présentent, elles ont tendance à laisser place à de rapides changements. Toute tentative de parvenir aux objectifs climatiques établis nécessitera des efforts plus ambitieux. Bien que les gouvernements aient hésité des années durant, des efforts semblent aujourd’hui être faits. Le coût des voitures électriques baissera au fil du temps en termes de dollars réels, et leur adoption devrait continuer de se répandre de manière non-linéaire, et représenter une menace significative pour les ventes de pétrole sur le long terme.

L’OPEP a cependant aussi émis un avertissement dans son rapport. Bien que les marchés énergétiques fassent l’expérience d’une surabondance sur le court à moyen terme, des investissements massifs sont toujours nécessaires en termes d’exploration et de production pour pouvoir satisfaire la demande sur le long terme. Selon l’OPEP, 10 trillions de dollars seront nécessaires au cours de ces 25 prochaines années pour que la demande puisse être satisfaite. « Si les bons signaux ne se présentent pas, il est possible que le marché se rende compte que les capacités et infrastructures en place sont insuffisantes pour répondre à la demande future, ce qui aurait un impact baissier sur les prix », a-t-il conclu. Environ 250 milliards de dollars devront chaque année provenir des pays extérieurs à l’OPEP.

Autre conclusion similaire mais tout aussi déconcertante, Rystad Energy, basée à Oslo, a récemment déterminé que l’état actuel de surabondance pourrait se trouver « renversé sous quelques années ». La raison en est la réduction actuelle des coûts, qui devrait déboucher sur une pénurie d’ici quelques années. Pour donner de la perspective à tout cela, Rystad a annoncé que l’industrie pétrolière « aurait besoin de remplacer 34 millions de barils de pétrole chaque année – pour une consommation égale à ce qu’elle est actuellement ». Mais en conséquence de l’effondrement de prix, l’industrie a réduit ses dépenses et une « décision d’investissement a été prise concernant 8 millions de barils par an en 2015 ». Cela représente moins de 25% de ce qui sera nécessaire sur le long terme. En 2015, l’industrie a réduit ses investissements en amont de 250 milliards de dollars, et pourrait les réduire de 70 milliards de dollars supplémentaires en 2016. Ce dernier chiffre ne prend pas en compte la récente décision de l’OPEP d’abandonner ses objectifs de production actuels, qui a fait davantage plonger les prix.

Que pouvons-nous dire de tout cela ? Il pourrait exister une surabondance pétrolière dans le futur, mais à l’heure actuelle, l’industrie est en sous-investissement. Voilà qui illustre les tensions troublantes auxquelles elle fait face. Le prix du pétrole sera déterminé par son coût marginal de production, et sans prendre en compte les améliorations en termes d’efficacité, les coûts marginaux ont grimpé au fil du temps. La production peu chère diminue et l’industrie repose de plus en plus sur le pétrole de fonds marins, de schiste ou des cercles polaires, dont l’extraction demande des dépenses plus importantes. Dans de nombreux cas, ces projets ne sont pas profitables aux coûts actuels. La hausse de prix survenue entre 2011 et 2014 n’a fait que semer les graines de la baisse de prix actuelle. Le retrait d’aujourd’hui pourrait donner lieu à un rebond dans le futur. L’OPEP est peut-être un peu trop pessimiste avec ses prévisions à 95 dollars le baril pour 2040.

Mais dans le même temps, les hausses de prix futures rendront possible une destruction plus importante encore de la demande, notamment à mesure que des alternatives deviendront viables. C’est là le jeu d’équilibriste auquel devra participer l’industrie pétrolière au cours de ces prochaines décennies.

 

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