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De prodigieux gains de productivité

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Publié le 31 août 2011
650 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

En 1970, le salarié moyen de l’industrie française produisait l’équivalent de 74 000 euros par ans ; 40 ans plus tard, son fils produit plus de 273 000 euros – soit 3,7 fois plus.


Cet extraordinaire gain de productivité a été rendu possible par un seul et unique phénomène, celui-là même qui est la source du gigantesque enrichissement de l’humanité depuis la première révolution industrielle : le progrès technologique. Là où les travailleurs des années 1970 accomplissaient encore de nombreuses tâches manuelles à faible valeur ajoutée, les chaines de montage robotisées modernes ont permis de les automatiser. Avec moins, nous sommes désormais capables de produire beaucoup plus.


Ces gains de productivité ont eu pour première conséquence d’augmenter significativement notre niveau de vie. Jugez plutôt : en 1972, un salarié payé au Smic devait travailler 2 265 heures pour espérer s’offrir une Renault 5 ; aujourd’hui, moins de 1 000 heures de travail lui suffiraient pour acquérir une Twingo. Sans même tenir compte de l’amélioration du produit, une petite voiture est désormais deux fois moins chère qu’il y a 40 ans.


Chaque être humain étant désormais capable de produire beaucoup plus de richesse qu’autrefois, le « gâteau » que nous avons à nous répartir grossit plus vite que le nombre de convives et jamais il n’a jamais été grand. Peu de gens réalisent qu’en 50 ans, le revenu moyen a presque triplé.


Autre conséquence des gains de productivité dans l’industrie : le volume de production mondial n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui, mais comme le prix des produits manufacturés baisse plus vite – ou augmente moins vite – que celui des autres biens et services, le poids relatif de l’industrie dans l’économie mondiale baisse. Et ce, d’autant plus qu’en augmentant notre pouvoir d’achat, la baisse relative des prix des produits industriels nous a permis de consacrer une part grandissante de nos revenus à d’autres usages et, notamment, à l’achat de services.


Pour reprendre l’exemple proposé plus haut, après s’être acheté une voiture, notre salarié payé au Smic peut désormais consacrer le produit de 1 165 heures de travail en abonnement Internet, en sorties ou toute autre forme de services. À l’échelle mondiale, la part de l’industrie est ainsi passée de près de 27% du produit mondial brut en 1970 à moins de 17% en 2010 [1].


C’est exactement le même phénomène que celui que nous avons observé dans l’agriculture : les prodigieux gains de productivité réalisés au cours du dernier siècle entraînent une diminution du poids économique du secteur et de la main-d’œuvre qu’il mobilise.


Il y a quelques jours, Andy Keane et Jim Scanla, deux ingénieurs de l’université de Southampton au Royaume-Uni, ont annoncé le premier vol d’une maquette d’avion imprimée en 3D. Oui, « imprimée » ; c'est-à-dire que le processus de production a consisté à rentrer le plan dans une sorte d’imprimante et à attendre le produit fini [2]. Le premier vol de SULSA (c’est son nom) est une étape supplémentaire de franchie dans cette extraordinaire épopée humaine.


Si ces imprimantes 3D se généralisent, elles détruiront des emplois, en créeront d’autres et réduiront encore les coûts de production et donc les prix de l’industrie. Ce faisant, elles participeront à l’amélioration de notre niveau de vie et permettront d’économiser encore un peu plus la plus rare et la plus précieuse de toutes nos ressources : l’esprit humain.


Un jour où l’autre, ces vieilles industries séculaires et consommatrices de ressources naturelles ne représenteront sans doute plus qu’une infime fraction du produit brut mondial. Il ne restera alors plus qu’une seule limite à la quantité de richesses que nous pourrons produire : notre imagination.




---


[1] Cette « désindustrialisation » n’a donc pas grand-chose à voir avec les délocalisations de certaines activités vers les pays à bas salaires : c’est le résultat naturel et logique des gains de productivité réalisés dans l’industrie.


[2] Et le produit fini vole parfaitement bien [http://www.youtube.com/watch?v=aFFFiB_if18].


 

 

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Georges Kaplan ne s’appelle – de toute évidence – pas vraiment Georges Kaplan puisque Georges Kaplan est un leurre. Né en 1975 dans une grande ville du sud de la France qui fût autrefois prospère grâce à son port, Georges Kaplan a principalement quatre centres d’intérêts dans la vie : sa famille, la musique, les bateaux (à voile) et l’économie. Ceux qui le connaissent considèrent Georges Kaplan comme un « libéral chimiquement pur » qui pense pour l’essentiel s’inscrire dans la tradition de la pensée libérale classique française et celle de l’école autrichienne d’économie. Il gagne honnêtement sa vie sur les marchés financiers et publie régulièrement des articles sur son blog, sur Contrepoints.org et Causeur.fr.
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