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Frères de sang : la Banque d'Angleterre et le LBMA

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Publié le 08 décembre 2016
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Le London Bullion Market Association (LBMA) est une association globale de négoce basée à Londres, qui vise à « promouvoir et réguler le commerce lié au marché des métaux de Londres, ou London Bullion market ». Le London Bullion Market fait référence au marché de l’or et au marché de l’argent de Londres. La récente révision du LBMA a vu son rôle élargi pour couvrir également le London Platinum and Palladium Market (LPPM).

Bien que beaucoup savent, même si ce n’est que vaguement, que la Banque d’Angleterre a des intérêts établis sur le marché de l’or de Londres, la relation très forte entre la Banque d’Angleterre et le LBMA tend à ne pas être pleinement appréciée. Cette relation s’étend même à la récente nomination de Paul Fisher, l’ancien directeur de la division des changes de la Banque d’Angleterre qui n’a que très récemment quitté son poste, en tant que nouveau directeur « indépendant » du Comité de gestion du LBMA (très récemment requalifié de Conseil). Notez que les activités de négoce d’or de la Banque d’Angleterre sont classées sous la catégorie « opérations de change ». La division de la banque centrale d’où provient Fisher devrait donc être appelée division des changes et de l’or de la Banque d’Angleterre. Terry Smeeton, qui occupait le même poste dans les années 1980, était lui-même qualifié de directeur des changes et de l’or de la Banque d’Angleterre.

Très peu réalisent aussi que ce même Paul Fisher a par le passé été le représentant de la Banque d’Angleterre, en tant qu’observateur, auprès du Comité de gestion du LBMA duquel il est aujourd’hui le directeur indépendant. Parlons d’un éléphant dans le magasin de porcelaine, que les médias londoniens choisissent d’ignorer.

Comme vous le verrez plus bas, l’Autorité des services financiers britannique a aussi des relations très étroites, et relativement secrètes, avec le Comité de gestion du LBMA.

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A la demande de la Banque d’Angleterre

Le LBMA stipule, dans un article publié dans le magazine Alchemist, que son association a été établie à la demande de la Banque d'Angleterre en 1987, avec Robert Guy de chez N.M. Rothschild, alors président du fixing de l’or de Londres, en tant que responsable des négociations. Dans un récent résumé de ses activités, le LBMA stipule avoir été « établi en 1987 par la Banque d’Angleterre, qui était à l’époque le régulateur du marché de Londres ». Une récente annotation pour l’année 1987 stipule que « le LBMA a été mis en place par la Banque d’Angleterre en tant qu’association faîtière pour le London Bullion Market ».

« Etabli à la demande de », « établi par », « mis en place par »… faîtes votre choix. Tous signifient la même chose : la Banque d’Angleterre a été responsable de la formation du LBMA.

Avant sa formation, et avant les réformes règlementaires de 1986, le marché de l’or et le marché de l’argent de Londres fonctionnaient majoritairement sur le principe d’autorégulation, bien que la Banque d’Angleterre ait toujours été lourdement impliquée dans la supervision de ces marchés et de leurs opérations, notamment pour ce qui est du marché de l’or. En lisant un extrait des archives de la Banque d'Angleterre, il devient vite évident que la banque centrale a toujours été très proche du marché de l’or de Londres. Pendant de nombreuses années, le marché de l’or de Londres a consisté en la Banque d’Angleterre et les cinq banques responsables du fixing de l’or : NM Rothschild, Mocatta & Goldsmid, Sharps Pixley, Samuel Montagu, et Johnson Matthey.

Selon le livre de 1933 intitulé The International Gold Trade, écrit par Tony Warwick-Ching, le Financial Services Act de 1986, qui a introduit des réformes en matière de contrôle des marchés britanniques, et la croissance du pouvoir des banques commerciales et des courtiers dans les années 1980, ont conduit à la formation du LBMA en 1987.

Comme l’explique Warwick-Ching :

Le LBMA a représenté une réponse partielle à une demande croissante de la part d’entités non-membres du fixing de Londres pour une implication accrue sur le marché des métaux précieux.

Morgan et J.Aron se joignent à la fête

Selon sa Charte d'association, le LBMA a été formé en tant que compagnie le 24 novembre 1987 par N.M. Rothschild & Sons Limited, J.Aron & Company (UK) Limited, Mocatta & Goldsmid Limited, Morgan Guaranty Trust Company of New York, Sharps Pixley Limited, et Rudolf Wolff & Company Limited. Il s’agit d’une compagnie « limitée par garantie et par l’absence de capital social ». Compte tenu de leur participation au LBMA dès sa création, J.Aron (appartenant aujourd’hui à Goldman Sachs) et Morgan Guaranty (appartenant aujourd’hui à JP Morgan Chase) étaient impliqués dans cette « demande croissante » mentionnée par Warwick-Ching.

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Signataires de la Charte d’association originale du LBMA

Les adhérents à la charte originale, en le nom de leurs compagnies respectives, étaient Robert Guy (Rothschild), Neil Newitt (J.Aron), Keith Smith (Mocatta & Goldsmid), Guy Field (Morgan Guaranty Trust), Les Edgar (Sharps Pixley), et John Wolff (Rudolf Wolff & Company). Ils ont demandé à ce que « nous, adhérents à la Charte d’association, représentent ensemble une compagnie, conformément à cette charte ». Cinq d’entre eux ont appartenu au comité original du LBMA : Robert Guy (Chairman), Guy Field (Vice Chairman), Keith Smith, John Wolff, Neil Newitt, ainsi que Jack Spall de chez Sharps Pixley, le père de Jonathan Spall (conseiller actuel du LBMA). Notez que le dossier déposé auprès du Registre du commerce britannique est daté du 14 décembre 1987, trois semaines après la date de la Charte d’association.

Dès le mois d’avril 1988, il y avait treize animateurs de marché et quarante-huit membres ordinaires au LBMA. Les animateurs de marché étaient des institutions cotées du marché monétaire, c’est-à-dire des institutions listées sous la section 43 du Financial Services Act de 1986 (sur une liste tenue par la Banque d’Angleterre) qui conduisaient des transactions diverses, notamment sur le marché des métaux précieux.

Observatrice de l’ombre : la Banque d’Angleterre

Selon le site web du LBMA :

La Banque d’Angleterre est intrinsèquement liée au marché de Londres depuis sa création en 1964.

Bien que la banque centrale ne soit pas membre du LBMA, les membres du LBMA détiennent des comptes de dépôts d’or auprès d’elle.

Les coffres de la banque contiennent approximativement deux-tiers de l’or déposé dans l’ensemble des coffres de Londres et, en tant que tels, jouent un rôle important pour la liquidité du marché de Londres. Des clients sont en mesure d’acheter ou de vendre de l’or à d’autres clients en effectuant ou en recevant des transferts d’inscription en comptes, dans le cadre desquels la propriété de métal est transférée au sein du système de la banque. Ce service fournit un élément important à l’infrastructure du marché de l’or de Londres, et permet aux membres du LBMA et aux banques centrales de négocier de manière à la fois sécurisée et efficace.

La présentation faite par la Banque d’Angleterre lors de la Conférence du LBMA de 2013 à Rome, intitulée the-bank-of-englands-gold-vault-operations, nous fournit un excellent aperçu de la mise à disposition de ces transferts d’inscription en comptes aux banques centrales et banques commerciales, et de la manière dont ils facilitent le marché du prêt d’or de Londres, un marché complètement opaque et très peu documenté. La Banque d’Angleterre se trouve au cœur de ce marché.

Du côté de la compensation :

Les membres de compensation du marché de Londres sont en contact direct avec leurs clients. Il existe également des interfaces électroniques pour faciliter les liaisons entre les membres de compensation et la Banque d’Angleterre.

Depuis sa fondation à la fin de l’année 1987, la Banque d’Angleterre a été impliquée dans le Comité directeur du LBMA et dans les activités de l’association. Jusqu’à ce jour, des observateurs de la Banque d’Angleterre participent aux réunions mensuelles du Comité de gestion du LBMA.

Un compte rendu historique de la formation du LBMA en 1987 stipule que :

Depuis la naissance de l’association, la Banque d’Angleterre a supervisé le Comité directeur du marché des métaux précieux de gros, a été impliquée dans les affaires de l’association, et a assisté à la rédaction de son code de conduite. Des observateurs de la banque centrale continuent encore aujourd’hui d’assister aux réunions du Comité de gestion du LBMA.

Le Comité directeur du LBMA est devenu le Comité de gestion du LBMA et, depuis quelques mois, son Conseil de direction. La Banque d’Angleterre est donc un partenaire actif au sein de la structure de gouvernance du LBMA. Pour confirmer ce point, lors de la réunion annuelle du LBMA de juillet 2014, l’ancien directeur du Comité de gestion du LBMA, David Gornall, a déclaré que :

Le LBMA a également la chance de compter un observateur de la Banque d’Angleterre parmi son Comité de gestion. La présence de la banque représente pour nous un bénéfice inestimable.

David Gornall n’a pas élaboré concernant le bénéfice inestimable représenté par l’observateur de la Banque d’Angleterre. Le rapport de la réunion ne nous en indique pas plus, tout simplement parce qu’aucun rapport de réunion n’est rendu disponible (voir ci-dessous).

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept d’observateur de comité ou de conseil, il ne s’agit pas de quelqu’un qui se contente de s’asseoir en silence, contrairement à ce que son titre laisse supposer. Un observateur est un participant qui participe activement aux discussions mais n’a aucun droit de vote dans le cadre des décisions prises par le comité ou conseil. En dehors de cela, il peut participer pleinement aux réunions. Lorsqu’un vote a lieu, il peut se voir demander de quitter la pièce.

Lors de la réunion annuelle du LBMA de juin 2013, David Gornall, qui était à l’époque directeur du Comité de gestion du LBMA, a révélé que la Banque d’Angleterre a disposé d’un observateur auprès du Comité de gestion du LBMA, et qu’un observateur du régulateur financier britannique, l’Autorité des services financiers, a également participé à ses réunions.

Le LBMA est aussi privilégié dans le sens où il dispose d’observateurs provenant de la Banque d’Angleterre ainsi que de l’Autorité des services financiers, dont la présence représente pour nous des bénéfices inestimables. 

De nombreuses références similaires peuvent être trouvées dans les discours liés au LBMA. Lors de la conférence du LBMA sur les métaux précieux de septembre 2013, Matthew Hunt, de la Banque d’Angleterre, a déclaré que :

Plus spécifiquement, pour ce qui concerne l’or, bien que nous ne soyons pas des négociants actifs sur son marché, nous sommes un important dépositaire de métal jaune, et certains des membres de notre équipe chargés d’observer le marché de l’or participent en tant qu’observateurs aux réunions du Comité de gestion et du Comité sur les métaux physiques du LBMA. Nous restons donc pleinement engagés sur le marché de l’or.

La Banque d’Angleterre dispose d’une équipe responsable d’observer le marché de l’or, mais n’a personne pour observer le marché du zinc, du bétail, de l’huile de cuisson, du soja, du sucre ou encore des peaux de castor.

En mars 2013, Luke Thorn, de la Banque d’Angleterre, à l’occasion du séminaire du LBMA pour l’analyse et l’affinage de métaux précieux, a expliqué ceci :

Nous ne sommes pas un membre du LBMA, mais continuons de jouer un rôle central sur le marché de Londres. Nous avons un statut d’observateur auprès des Comités de gestion, des métaux physiques et des coffres du LBMA.

Des observateurs de la Banque d’Angleterre sont donc présents lors des réunions de trois comités du LBMA. Qui sont ces représentants ? Ce n’est pas une question à laquelle il est facile de répondre. Aucune mention n’en est faite sur la page comités du site du LBMA. Aucun rapport de réunion n’a jamais été publié sur le site du LBMA suite aux réunions du Comité de gestion ou de n’importe lequel des cinq autres sous-comités du LBMA. Ces rapports devraient lister les personnes présentes lors de ces réunions. Nous y reviendrons plus bas.

Pour en revenir aux comités chargés du métal physique et des coffres, le LBMA mentionne qu’une observatrice de la Banque d’Angleterre, Jennifer Ashton, participe actuellement à certaines réunions.

Selon la page good delivery du LBMA :

Le Comité du LBMA chargé des métaux physiques est composé d’experts de l’industrie provenant du marché physique. Il est responsable du suivi, du développement et de la protection de la liste good delivery, et travaille de très près avec des sous-groupes tels que les arbitres et les gestionnaires de coffres du LBMA.

Aucune liste formelle n’est publiée concernant ces gestionnaires de coffres dans la section des comités du site du LBMA. La seule référence qui est faite d’un tel groupe est contenue dans la section good delivery, qui stipule ceci :

Le groupe des gestionnaires de coffres, composé de la Banque d’Angleterre et de représentants des membres du LBMA qui disposent de leurs propres infrastructures de stockage à Londres, se réunit régulièrement pour discuter des questions de qualité des barres physiques et de procédures liées aux coffres. Les gestionnaires de coffres sont chargés de documenter chaque cas de rejet de barre et de fournir ces informations au directoire du LBMA.

Quels membres de la Banque d’Angleterre font partie de ce comité ? Les noms des représentants d’autres entités ne sont pas non plus mentionnés.

Pour en revenir aux identités des observateurs du Comité de gestion du LBMA, revenons-en à la réunion annuelle du LBMA du 20 juin 2012, au cours de laquelle le très omniprésent David Gornall, de la succursale londonienne de Natixis, a déclaré :

Pour ce qui est du Comité de gestion, laissez-moi vous rappeler que nous avons eu la chance de compter parmi nos observateurs des membres de la Banque d’Angleterre et de l’Autorité des services financiers. J’aimerais remercier Trevor Stone et Don Groves pour leur participation aux affaires du LBMA.

Lors d’un discours prononcé par Michael Cross, ancien directeur des changes à la Banque d’Angleterre, lors de la conférence annuelle du LBMA de 2013, ce dernier a mentionné les services bancaires offerts par la Banque d’Angleterre :

C’est sur ce domaine que travaillent Trevor Stone et ses collègues, que beaucoup d’entre vous connaissent également. Ces services bancaires offrent des services de gros et de dépôt à de nombreux clients.

Ces « services bancaires » fonctionnent de la même manière que les services pour les comptes internationaux et de banques centrales offerts à ses clients par la Réserve fédérale, et incluent des services liés à l’or.

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Observateurs intégrés : l’Autorité des services financiers, Don Groves

Le 30 septembre 2013, David Gronall, dans un autre discours, cette fois-ci lors de la conférence du LBMA à Rome, a déclaré que :

Nous sommes reconnaissants des communications et des recommandations que nous recevons de la part des agences de régulation, et notamment de la part de l’Autorité des services financiers. Nous serons heureux d’être d’accueillir Don Groves, qui nous vient de l’Autorité des services financiers, à notre réunion ordinaire de demain. Don est un observateur de longue date du Comité de gestion du LBMA, et nous le remercions de sa participation et de son dialogue continu quant aux questions règlementaires auxquelles fait face le marché de Londres.

Le lendemain, le 1er octobre 2013, à l’occasion de la même conférence, Ruth Crowell, alors directrice générale adjointe du LBMA (et directrice actuelle du LBMA) a introduit Don Groves comme suit : 

J’en viens maintenant à Don Groves, qui nous vient de l’Autorité des services financiers. Don est un spécialiste technique des marchés, qui travaille pour le Département de supervision des marchés de l’Autorité des services financiers, où il est responsable de l’examen des allégations de mauvaise conduite, d’abus de marchés et d’opérations d’initiés.

Don se spécialise sur les marchés des marchandises britanniques, et travaille dans le domaine de la supervision des marchés depuis un certain nombre d’années. Nous avons également eu le privilège d’accueillir Don en tant qu’observateur lors des réunions du Conseil de gestion du LBMA.

Groves a intégré l’Autorité des services financiers en mars 2015. Bien que son profil LinkedIn comporte des informations détaillées concernant son rôle au sein de l’Autorité financière, aucune mention n’est faite du Conseil de gestion du LBMA, ce qui me semble étrange, à moins que cette omission soit délibérée. Une version précédente du profil de Groves stipule ceci :

On me considère comme un expert des questions de comportement de marchés et des abus de marchés au Royaume-Uni. Je suis responsable de projets qui ont à voir avec les questions de comportement de marchés, et contribue à la rédaction de législations européennes relatives aux abus de marchés. Mon principal domaine d’expertise est le marché britannique des marchandises.

N’est-il pas étonnant qu’un régulateur ait participé de longue date aux réunions du Conseil de gestion du LBMA en tant qu’observateur, bien que l’Autorité des services financiers n’ait jamais rien eu à dire du marché de l’or de Londres ? Peut-être est-ce pour la raison suivante, qui laisse supposer un régulateur docile et intégré. Comme l’a écrit le FT en 2013 dans un article intitulé Gold and oil benchmarks face tighter regulation :

« Je ne voudrais pas vous donner l’impression que l’Autorité britannique des services financiers s’en prend au marché des métaux précieux ou à n’importe quel autre marché », a expliqué Groves lors de la conférence du LBMA à Rome. « Mais les politiciens cherchent à mettre l’accent sur les consommateurs. C’est pourquoi nous nous tournons, en tant que régulateurs, vers les questions relatives aux clients de ces marchés. »

En revanche, Groves a admis que le régulateur ne connaissait rien des marchés physiques, et avait récemment lancé un programme en vue d’en acquérir de meilleures connaissances. « Nous cherchons, en le nom de l’Autorité financière, d’en apprendre plus au sujet de ces marchés, » a-t-il expliqué.

Que faisait l’Autorité des services financiers au Comité de gestion du LBMA ? Pour reprendre ce que j’ai déjà dit, aucun compte-rendu public n’est rendu disponible suite à ces réunions. Peut-être Groves cherchait-il à « en apprendre plus des marchés physiques », et plus spécifiquement du marché physique de l’or.

Il est aussi important de noter que la Banque d’Angleterre et l’Autorité des services financiers ont tous deux participé, en tant qu’observateurs, à de nombreux séminaires du LBMA, tels que celui qui s’est tenu à Londres le 24 octobre 2014, et qui s’est penché sur les solutions potentielles proposées par les fournisseurs qui cherchaient à l’époque à offrir des infrastructures au fixing de l’or du LBMA.

Selon le communiqué de presse du LBMA, la Banque d’Angleterre et l’Autorité des services financiers ont participé au séminaire en tant qu’observateurs.

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Où sont les rapports des réunions du Comité de gestion du LBMA ?

Au travers du Code des produits de non-investissement, la Banque d’Angleterre établit des liens avec les marchés britanniques des changes, des capitaux et des métaux précieux. La Banque d’Angleterre explique ce code comme suit :

Code des produits de non-investissement

Ce code a été établi par des professionnels des marchés au Royaume-Uni, qui sont entre autres des courtiers sur les marchés des changes, des capitaux et des métaux précieux, en vue de renforcer le professionnalisme et les standards de ces marchés. [1]

Il s’applique au négoce de produits de non-investissement sur les marchés de gros, plus spécifiquement le marché de la livre sterling, des changes et des dépôts de métaux précieux, ainsi que les marchés à terme et au comptant et les marchés physiques.  

[1] : coordonné par le Foreign Exchange Joint Standing Committee, le Sterling Money Markets Liaison Group et le Comité de gestion du LBMA.

Parmi les trois, le Foreign Exchange Joint Standing Committee est dirigé et administré par la Banque d’Angleterre. Le Sterling Money Markets Liaison Group (aujourd’hui connu sous le nom de Sterling Money Markets Liaison Committee) est également géré et administré par la Banque d’Angleterre.

Sur le site web de la Banque d’Angleterre, nous pouvons trouver quelques informations concernant le Foreign exchange Joint Standing Committee et le Sterling Money Markets Liaison Committee, mais absolument rien concernant le Comité de gestion du LBMA. La Banque d’Angleterre offre des documents relatifs aux réunions de ces deux comités, ainsi que les noms de leurs participants et des banques et institutions représentées. Ces rapports sont extrêmement détaillés. Voyez par exemple celui de la réunion du Foreign Exvhange Joint Standing Committee de mai 2016. De la même manière, des rapports ont été publiés suite aux réunions du Sterling Money Markets Liaison Committee, et sont accessibles publiquement. Voyez par exemple celui de la réunion de février 2016.

En revanche, la seule information offerte concernant le LBMA est la suivante :

La section relative aux métaux précieux du Code des produits de non-investissement est remplacée par un nouveau code qui sera établi par le LBMA. Des informations supplémentaires peuvent être trouvées sur le site web du LBMA.

La Banque d’Angleterre transfère donc la responsabilité au site du LBMA, qui est connu pour manquer d’informations quant aux réunions de son Comité de gestion, aux agendas de ces réunions et à leurs participants. Pourquoi un tel niveau d’opacité est-il autorisé par l’Autorité britannique des services financiers et la Banque d’Angleterre, à une heure où les marchés des changes et des capitaux sont forcés de soumettre des rapports de leurs réunions, qui dans de nombreux cas impliquent les mêmes banques et institutions ? Pourrait-ce être parce que le marché de Londres fonctionne dans le plus grand secret, et parce que les institutions impliquées ont reçu une autorisation spéciale de la part des autorités financières et de la banque centrale de poursuivre leurs activités à l’écart de l’examen du public ?

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Mark Carney et Paul Fisher

Pièce de résistance

La pièce de résistance de cette relation entre la Banque d’Angleterre et le Comité de gestion du LBMA est le fait que Paul Fisher, le nouveau directeur « indépendant » du Conseil du LBMA, anciennement connu sous le nom de Comité de gestion du LBMA, ait autrefois joué le rôle d’observateur de la Banque d’Angleterre auprès du Comité de gestion du LBMA.

Dans son discours de 2004 à la conférence annuelle du LBMA à Shanghai, Fisher, alors directeur des changes à la Banque d’Angleterre, en discutant du Code des produits de non-investissement, qui régule le marché des métaux précieux, le marché des changes et le marché des capitaux, a expliqué que :

Pour ce qui concerne les métaux précieux, les opérations se déroulent sous l’égide du LBMA et sont coordonnées par la Banque d’Angleterre. Sur cette base, je suis heureux d’avoir été invité à participer en tant qu’observateur aux réunions du Comité de gestion du LBMA. J’aimerais rendre hommage au professionnalisme et à l’intégrité avec laquelle ce comité opère, dans les meilleurs intérêts du marché international des métaux précieux.

Ce qu’il y a de plus étrange concernant la nomination de Fisher est que le LBMA a annoncé, dans un communiqué de presse publié en juillet 2016, que Fisher avait été nommé directeur au LBMA. Aucune mention n’a été faite de son précédent rôle en tant qu’observateur lors des réunions du Comité de gestion du LBMA. Ce détail devrait pourtant avoir de l’importance compte tenu du caractère « indépendant » de son rôle.

Suite à l’annonce de sa nomination le 13 juillet dernier, James G Rickards, auteur de nombreux articles sur l’or, a tweeté ce qui suit, qui présente parfaitement l’éléphant dans le magasin de porcelaine que les médias s’efforcent d’ignorer :

Banks pick central banker to head #gold market. Like putting an oil exec in charge of Tesla: https://t.co/mwHzNQCBZU pic.twitter.com/k2oJJPdYnh

— Jim Rickards (@JamesGRickards) 13 juillet 2016

Cette nomination renforce le lien, ou le pont, qui existe entre les deux entités, et qui est désormais plus solide qu’il n’a jamais été. C’est comme si la Banque d’Angleterre avait ressenti le besoin de placer un de ses hommes directement à la tête du LBMA.

Dans un prochain article, je me pencherai à nouveau sur la nomination d’un ancien directeur des changes de la Banque d’Angleterre au poste de directeur indépendant du Conseil du LBMA, un rôle qui n’a rien d’indépendant au vu de la relation qui existe entre la Banque d’Angleterre et le LBMA, et examinerai cette nomination dans le contexte du Code britannique de gouvernement d’entreprise qui gouverne la Constitution et les opérations du Conseil du LBMA.

 

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