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Les riches ont besoin des pauvres… pour rester riches

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Publié le 15 mai 2018
1496 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
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Rubrique : Editoriaux

Risques financiers, politiques, géo-stratégiques, les menaces qui planent sur le patrimoine des plus riches sont nombreuses. C’est pourquoi ils ont besoin des pauvres, afin de leur servir de rempart. Mais l’or pourrait bien un jour bouleverser la donne…

À l’instar de certains chroniqueurs économiques de talent qui n’hésitent pas à rapporter les judicieuses remarques de leur épouse pour étayer leur point de vue, il m’arrive également de trouver dans les discussions avec mes proches des sujets de réflexion que j’expose ensuite très humblement dans mes tout aussi modestes écrits.

C’est ainsi que mon fils de 10 ans me fit récemment la remarque suivante : “Finalement, les riches ne s’intéressent pas vraiment aux pauvres.”

Forcément, en ma qualité de père responsable et soucieux de préserver ma progéniture d’idées préconçues ou d’opinions à l’emporte-pièce, je me suis empressé de lui expliquer que, bien au contraire, les personnes les plus riches étaient particulièrement sensibles à l’existence des plus pauvres.

Il faut faire payer les pauvres !

En effet, comment expliquer sans cela que l’ancien locataire de l’Élysée, François Hollande, écume désormais les Centres Leclerc de France et de Navarre (temples ô combien emblématiques de la consommation de masse réservée au bas peuple) en vue d’y dédicacer son dernier ouvrage ? Car, loin des salons parisiens et des ors de la République auxquels il était jusqu’ici accoutumé, c’est bien aux Français d’En-bas qu’il souhaite aujourd’hui vendre sa prose, ces mêmes Sans-Dents qu’il méprisa si ouvertement mais dont la menue monnaie ne le laisse visiblement pas indifférent aujourd’hui.

De la même façon, comment interpréter l’intérêt qu’ont certaines stars internationales à se produire encore sur scène devant des milliers de spectateurs dont elles ne voudraient pourtant pour rien au monde partager la petite vie médiocre ? Et que dire de ces millionnaires du ballon rond qui jouent les divas sur gazon sous l’œil enivré de mauvaise bière de supporters en transe ?

Tout simplement parce que, comme le déclara en 1907 Joseph Caillaux en sa qualité de ministre des Finances de Georges Clémenceau : “Il faut faire payer les pauvres ; bien sûr, les riches pourraient payer plus cher, mais les pauvres sont tellement plus nombreux !”

Il n’y a de riches que s’il y a des pauvres

Tout est dit. Les riches ne se désintéressent pas des pauvres, loin de là. D’abord parce que leur richesse ne se mesure pleinement qu’à l’aune de la pauvreté : la lumière ne brille jamais autant que dans l’obscurité ; sans pauvres, pas de riches.

Mais entendons-nous bien, je parle ici des vrais riches, pas de quelques millionnaires en devises papier ou en actions qui peuvent voir leur fortune s’envoler du jour au lendemain, ni de ces stars éphémères qui retournent généralement à l’oubli aussi vite qu’elles en sont sorties. En réalité, les vrais riches sont plutôt rares, et certains assez méconnus ; ils préfèrent l’ombre à la lumière mais ce sont bien eux qui tirent les ficelles.

Ensuite, c’est une évidence, les riches ne le deviennent qu’en amassant de l’argent, et il est toujours plus facile de soutirer 1 euro à 1 million de personnes qu’un million d’euros à un seul individu. D’autant plus facile qu’on peut généralement renouveler l’opération plusieurs fois si on le souhaite : ce n’est pas pour rien qu’on a inventé les abonnements, les services mensualisés, le prêt à intérêt et la reconduction tacite, entre autres choses…

Les riches jouent sur l’envie des pauvres de devenir riches à leur tour

Du reste, la logique des pauvres a ceci de particulier qu’elle se contredit elle-même la plupart du temps. Ainsi, ils se plaignent des fins de mois difficiles mais sont tout à fait disposés à payer un SMIC entier pour acquérir un smartphone estampillé d’une pomme à demi-croquée (généralement pour jouer à des casse-têtes à base de bonbons colorés dans la salle d’attente de la caisse d’allocations familiales). Ils fustigent les gens fortunés tout en misant chaque année plus de 30 milliards d’euros dans les jeux de hasard dans l’espoir de devenir riches à leur tour.

Sans oublier leurs habitudes de consommation compulsive, nourrie à la publicité sans finesse, flattant leurs plus bas instincts de reconnaissance sociale et de réussite apparente. Comme si trois bandes sur un jogging qu’ils sont les seuls à porter, ou encore un nom sur une paire de baskets fabriqués en Chine les mettaient au même niveau que la star qui en fait l’éloge factice pour quelques milliers d’euros de l’heure.

Les riches entretiennent les pauvres en cas de besoin…

Non, décidément, les riches ont besoin des pauvres, ils les entretiennent, les cultivent, les tiennent à disposition car on ne sait jamais quand on pourrait avoir besoin d’eux. Une guerre est si vite arrivée, par exemple. Ou une crise économique majeure, ce qui revient à peu près à la même chose.

À chaque fois qu’un risque grandissant devient une menace directe pour les intérêts des plus riches (qui sont aussi les plus puissants), alors on envoie les pauvres en première ligne, sans vraiment leur donner le choix. C’est leur vie qui est jetée en pâture sur les champs de bataille, au même titre que c’est leur épargne qui est sacrifiée sur l’autel de la finance défaillante. Faillites de grandes sociétés cotées en bourse, banqueroute de fonds de pension, crise des subprimes, effondrement de réseaux bancaires, crises géo-politiques, etc… ce sont les actions de petits porteurs qui perdent brusquement l’essentiel de leur valeur ; ce sont les retraites des salariés qui disparaissent, les économies de toute une vie, leur pouvoir d’achat.

… avec la complicité des banques et des politiques

Complices de ce mécanisme de sécurité en faveur des plus riches, les banques jouent leur rôle de collier étrangleur à l’égard d’une population de plus en plus prisonnière d’une monnaie qui ne lui appartient plus. Une monnaie fabriquée de toutes pièces (sans mauvais jeu de mots), qui n’a de valeur que celle que le système veut bien lui donner, mais qui ne récompense plus ni le temps ni le travail ; uniquement la spéculation et l’aptitude à actionner des leviers qui restent inaccessibles au plus grand nombre.

Enfin, que seraient nos démocraties sans les pauvres ? Ce sont eux qui votent pour des gens qui savent leur vendre du rêve, car les riches n’ont que faire des promesses : s’ils veulent quelque chose, ils ont juste à l’acheter. Les pauvres, eux, n’ont que l’espoir. Et c’est sur cet espoir, mille fois déçu mais mille et une fois ravivé, que se fonde la société telle que nous la connaissons.

L’or comme ultime sécurité accessible au plus grand nombre ?

Paradoxalement, la seule issue qui reste aujourd’hui aux pauvres c’est justement l’instrument qui permit jadis de bâtir des empires, à savoir l’or lui-même. Bon, soyons clairs, lorsque je parle de “pauvres”, je pense à tous ceux qui, en dépit d’une propension à se retrouver dans le rouge dès le 10 de chaque mois, parviennent malgré tout à partir chaque année en vacances ou à s’acheter le dernier gadget technologique à la mode, quitte à s’endetter un peu plus.

Autrefois encensé, idolâtré même, reconnu comme l’ultime symbole de richesse absolue, le métal précieux a depuis quelques décennies été ostracisé, relégué au rang de “relique barbare”, démonétisé même, car il avait fini par être un frein aux ambitions expansionnistes d’une nouvelle race de seigneurs de la finance désireux de faire exploser la masse monétaire sans plus aucune restriction (décuplant au passage leur propre richesse apparente).

Mais du même coup, négligé et délaissé, l’or s’en est soudain trouvé libéré de ses entraves institutionnelles… tout en conservant intacte sa valeur intrinsèque ; pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir l’engouement sans faille des banques centrales du monde entier qui ne cessent de renforcer leurs stocks d’or.

Les pauvres d’aujourd’hui pourraient bien devenir les riches de demain

De fait, n’importe qui (ou presque) peut acheter de l’or aujourd’hui et stocker ainsi de la valeur sans plus craindre les manipulations sur la monnaie, les krachs boursiers et autres crises majeures. Et comme les cours sont fortement minorés pour donner l’illusion d’une faible valeur, l’or est désormais à la portée même des classes populaires.

Lorsque l’économie actuelle finira par ne plus être viable – ce n’est pas du catastrophisme ou de l’anti-capitalisme primaire, nombre d’économistes reconnaissent désormais que le système a atteint ses limites –, et qu’elle aura besoin de retrouver, même provisoirement un socle sain pour se reconstruire, c’est certainement vers l’or qu’elle se tournera, comme elle l’a fait depuis des millénaires, et comme le font déjà certains États dont la Russie ou la Chine qui sont loin d’être des nains sur le plan économique ou géo-stratégique.

Ce jour-là, un pays comme la France devra utiliser ses 2 500 tonnes d’or pour garantir les 2 500 milliards d’euros de richesse produite chaque année, faisant passer le métal jaune de 1 100 euros à plus de 31 000 euros l’once. Il est possible qu’alors les “riches” et les “pauvres” ne soient plus exactement les mêmes personnes…

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Entrepreneur depuis vingt ans dans le domaine de la communication et l'information stratégique, il a été amené à travailler plusieurs fois en partenariat avec des banques et des assurances, dont la principale matière d'œuvre était constituée de l'argent des épargnants. Peu complaisant à l'égard de leurs pratiques dont il a entrevu les coulisses, il délivre aujourd'hui régulièrement son analyse sans concession (et souvent piquante) non seulement sur les agissements des professionnels de la finance, mais aussi de tous ceux qui, de près ou de loin, se font les auteurs ou les complices des manipulations qui spolient chaque jour un peu plus les honnêtes citoyens. Il publie régulièrement des chroniques sur le site L'or et L'Argent
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