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Ludwig von Mises et la théorie du capital et de l'intérêt

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Extrait des Archives : publié le 27 juin 2012
5592 mots - Temps de lecture : 13 - 22 minutes
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Article tiré de "The Economics of Ludwig von Mises" édité par Laurence. S. Moss (Kansas City : Sheed and Ward, 1976)

 

repris dans "Perception, Opportunity and Profit" (Chicago University Press, 1979), dans "Austrian Economics : a reader" édité par Richard. M. Ebeling (Hillsdale College Press, 1991) et dans "Essays on Capital and Interest" (Edward Elgar, 1996).

 

Ceux qui étudient la pensée économique de Mises tombent souvent d'accord sur le fait que la théorie du capital et de l'intérêt occupe une place centrale et typiquement autrichienne dans le système général milésien. C'est la raison pour laquelle Frank H. Knight, dans son long article critique sur le premier exposé de ce système [1], a choisi de se concentrer sur "la théorie du capital et de l'intérêt" après avoir décidé de limiter son analyse à "un problème principal qui tient dès le début une position particulièrement centrale dans la structure de la théorie, et sur lequel son désaccord avec l'auteur provient des prémisses et des méthodes fondamentales" [2]. Dans cet article, Knight présente Mises comme le chef de file de la position autrichienne sur le capital et l'intérêt. Dans un article de 1945 Friedrich A. Hayek fait allusion à Mises comme l'auteur le plus pointu parmi les autrichiens sur ces problèmes [3].

 

Et pourtant, dans ses ouvrages publiés, Mises semble avoir porté peu d'attention aux théories du capital et de l'intérêt jusqu'à une époque relativement tardive de sa carrière. Son influence dans ce domaine était principalement limitée à ses cours oraux et à la discussion de ses séminaires. Même en 1941 (probablement sans avoir lu le livre Nationalökonomie de Mises [une version allemande qui préfigurait Human Action, NdT], publié en 1940), Hayek remarque dans son livre Pure Theory of Capital que, bien que "les œuvres publiées de Mises s'occupent principalement des problèmes plus complexes qui surviennent au point ou [ce livre] se termine", Mises a néanmoins suggéré certains angles d'approche pour la partie la plus abstraite [de ce livre]" [4].

 

Hormis un article d'hommage [Festschrift] de 1931 sur le capital inconvertible [5], le travail publié préalablement à 1940 par Mises sur le capital et l'intérêt se limite à quelques pages de son Socialisme (en dehors d'occasionnels obiter dicta) [6]. D'un autre côté, il y a, dans la seconde édition (1924) de la Théorie de la monnaie et du crédit, une note de bas de page étrange et plutôt énigmatique [7]. Cette note montre clairement que depuis 1912 Mises (1) a réfléchi de manière très critique à la théorie de l'intérêt, (2) considère alors qu'Eugen von Böhm Bawerk, bien qu'étant "le premier à éclaircir la voie qui mène à la compréhension du problème", a néanmoins proposé une théorie non satisfaisante, et (3) espère publier dans "un futur pas trop éloigné" sa propre étude spécifique du sujet. Il est certes bien dommage que Mises n'ait jamais sorti son étude et que nous soyons obligés, afin de comprendre ce qu'il trouvait de non satisfaisant dans la position de Böhm-Bawerk, de nous fier à la liste relativement maigre des remarques dispersées au long de ses ouvrages plus importants. Heureusement, bien que ses ouvrages ultérieurs ne contiennent pas de discussion critique détaillée sur les écrits de Böhm-Bawerk, ils nous fournissent un traitement théorique complet des problèmes du capital et de l'intérêt, justifiant ainsi l'affirmation de Knight suivant laquelle la théorie du capital et de l'intérêt occupe une place centrale dans le système milésien. Dans ce qui suit je résumerai d'abord les propres vus de Mises sur les problèmes de capital et d'intérêt et discuterai ensuite jusqu'à quel point elles diffèrent de celles de Böhm-Bawerk et de Knight. Ce faisant, nous découvrirons que la position ultérieure de Mises est, comme signalé par Knight et Hayek, typiquement autrichienne.

 

1. Mises sur le capital et l'intérêt

 

Les vues de Mises sur le capital et l'intérêt peuvent être résumées d'une manière commode comme suit :

 

a. L'intérêt n'est pas le revenu spécifique dérivé de l'utilisation des biens du capital [8] ; il n'est pas non plus "le prix payé pour les services du capital" [9]. Au contraire, l'intérêt exprime le phénomène universel ("catégoriel") de la préférence temporelle et émergera par conséquent inévitablement aussi dans une économie d'échange pure sans production.

 

b. Comme la production prend du temps, les prix du marché des facteurs de production (qui tendent à refléter le prix du marché des biens de consommation qu'ils produisent) sont eux-mêmes sujets à des considérations de préférence temporelle. Le marché, dans une économie de production, génère donc l'intérêt en tant que valeur excédentaire des biens produits par rapport aux valeurs convenablement escomptées des facteurs de production associés.

 

c. Le concept de capital (comme le concept associé de revenu) est uniquement un outil pour le calcul économique et donc ne veut dire quelque chose que dans un contexte de marché où le calcul monétaire a un sens. Ainsi, le capital est correctement défini comme la valeur monétaire (perçue subjectivement) de la part du propriétaire dans les avoirs d'une société particulière. Il faut distinguer nettement le capital des biens du capital.

 

d. Les biens du capital sont des facteurs de production produits ; ils sont "des étapes intermédiaires sur le chemin menant du tout début de la production à son but final, la transformation en biens de consommation" [10].

 

e. Il n'est pas utile de définir le capital comme la totalité des biens de production. Le concept de totalité des biens du capital n'aide par ailleurs aucunement à comprendre le processus de production.

 

f. Les biens du capital sont le résultat d'étapes de production antérieures (c'est-à-dire plus élevées) et ne sont donc pas des facteurs de production en eux-mêmes en dehors des facteurs utilisés pour leur production. Les biens du capital n'ont pas de capacités de production qui ne puissent être attribuées à ces facteurs antérieurs.

 

Lors de ses discussions sur le capital et l'intérêt, Mises ne donne jamais le nom des auteurs avec lesquels il engage la controverse. Comme l'observe Knight (à propos du volume qu'il étudiait), la présentation de Mises sur le capital et l'intérêt "est particulièrement au centre de controverses, sur le fond et sur la forme, bien que l'argumentaire soit dirigé contre des positions, avec très peu de débat ou d'échanges avec des auteurs nommément cités." [11]

 

Les indications données par Mises lui-même, ainsi qu'une comparaison soigneuse entre les idées énoncées par Mises et celle des autres théoriciens du capital, nous permettent de comprendre comment ses idées se situent par rapport aux théories plus généralement connues du capital et de l'intérêt contre lesquelles il se battait. Une telle compréhension est de la plus haute importance pour apprécier pleinement la contribution de Mises. Dans l'analyse suivante j'indiquerai les points de désaccord entre Mises et les deux autres principales approches de son époque au sujet du capital et de l'intérêt. Je commencerai par étudier la tradition de Böhm-Bawerk et passerai ensuite au point de vue de [John Bates] Clark et Knight.

 

2. Mises et la théorie de Böhm-Bawerk

 

Nous avons déjà vu que, dès 1924, Mises avait indiqué son désaccord avec la théorie de Böhm-Bawerk. Ce pourrait être une surprise pour ceux qui pensent - de manière erronée - que la position autrichienne est une position monolithique sur la plupart des questions économiques et spécialement sur la théorie du capital et de l'intérêt. En vérité, alors que l'éclat suggestif de la contribution de Böhm-Bawerk a été reconnu au plan international comme caractéristique du travail de l'Ecole autrichienne, il ne fut en aucun cas accepté par les autres figures représentatives de cette école. Il est aujourd'hui bien connu, comme l'a rappelé Joseph A. Schumpeter, que Carl Menger considérait la théorie de Böhm-Bawerk sur le capital et l'intérêt comme "une des plus grandes erreurs jamais commises" [12]. En se référant spécifiquement non seulement à Menger mais aussi à Friedrich von Wieser et à Schumpeter lui-même, Hayek fit remarquer que ceux qui sont "habituellement considérés comme les chefs de file de l'Ecole autrichienne en économie" n'acceptaient pas les idées de Böhm-Bawerk [13]. Nous ne devons donc pas être autrement étonnés du désaccord de Mises avec les enseignements de son propre mentor.

 

Les désaccords de Mises avec la théorie de Böhm-Bawerk sont le reflet d'un thème constant. Mises était intéressé à distiller les idées de base de Böhm-Bawerk pour les extraire des atours non-subjectifs, techniques et empiriques dans lesquels elles étaient présentées. Mises essayait de montrer que les idées fondamentales de Böhm-Bawerk découlaient naturellement de sa propre approche praxéologique, ou, en d'autres mots, qu'elles pouvaient être énoncées dans un cadre strictement subjectiviste. Knight décrit (correctement) Mises comme prenant une position extrêmement autrichienne sur la question de l'intérêt en refusant de donner un quelconque rôle explicatif aux conditions objectives ou physiques qui gouvernent la production dans un monde utilisant le capital. Tout comme la théorie autrichienne de la valeur ne dépend que de considérations sur l'utilité, sans considération pour les coûts objectifs, de même, explique Knight, la théorie milésienne de l'intérêt dépend entièrement de la préférence temporelle subjective, et n'accorde aucune influence à la productivité physique [14]. Il faut se rappeler le commentaire profond de Hayek concernant la nature de la contribution de Mises à l'économie. Remarquant "qu'il n'est probablement pas exagéré de dire que chaque avancée importante en théorie économique fut un pas de plus dans l'application du subjectivisme" [15], Hayek citait Mises comme l'économiste qui a le plus constamment appliqué ce développement subjectiviste : "Probablement tous les traits caractéristiques de ses théories... sont la conséquence directe... de cette position centrale" [16]. De façon plus précise, la théorie de Mises sur le capital et l'intérêt est en désaccord avec celle de Böhm-Bawerk sur les points suivants :

 

a. Sur le rôle du temps : Mises, bien que rendant hommage aux "mérites impérissables" du rôle fructueux de Böhm-Bawerk dans le domaine du développement de la théorie de la préférence temporelle, critique sévèrement la perspective épistémologique dans laquelle Böhm-Bawerk fait intervenir le temps dans l'analyse. Pour Böhm-Bawerk, la préférence temporelle est une régularité empirique remarquée au travers d'une observation psychologique fortuite. Au lieu de cela, Mises considère la préférence temporelle comme un "élément catégoriel déterminé... valable à chaque occasion d'action" [17]. Du point de vue de Mises, la théorie de Böhm-Bawerk ne rend pas justice à l'universalité et au caractère inévitable du phénomène de préférence temporelle. De plus, Mises prend Böhm-Bawerk à partie pour ne pas avoir reconnu que le temps doit entrer dans l'analyse uniquement dans le sens ex ante. Le rôle que le temps "joue dans l'action est constitué entièrement par les choix que fait l'homme agissant entre différentes périodes de production de durées différentes. La durée nécessitée dans le passé pour la production des biens du capital disponibles aujourd'hui n'entre nullement en compte... La ‘période moyenne de production' est un concept vide" [18]. Il convient de remarquer qu'ici Mises identifie une source de confusion constante à propos du rôle du temps dans la théorie autrichienne. De nombreuses critiques adressées par Knight et d'autres à l'encontre de la théorie autrichienne sont hors sujet parce que cette théorie est énoncée explicitement en termes de décisions orientées vers le futur, faites par les producteurs et les consommateurs ayant conscience du temps [19].

 

b. Sur le rôle de la productivité : comme déjà signalé, Mises déplore nettement les concessions faites par Böhm-Bawerk aux théoriciens de la productivité. Pour Mises, il est à la fois malheureux et inexplicable que Böhm-Bawerk, qui avait "si brillamment réfuté" l'approche productiviste dans son histoire critique des doctrines de l'intérêt, se rende lui-même coupable, jusqu'à un certain point, du même type d'erreur dans sa Théorie positive. Il y a certains désaccords dans la littérature sur l'importance des considérations productivistes que Böhm-Bawerk a en réalité fait entrer dans sa théorie. Le débat remonte au moins à la remarque de Frank A. Fetter en 1902 qu'il "était surprenant pour beaucoup d'étudiants de Böhm-Bawerk de trouver qu'il avait proposé une théorie dont le trait le plus important est la productivité technique des processus détournés. Sa critique des théories productivistes de l'intérêt était énoncée de telle sorte qu'elle conduisait à croire qu'il les rejetait totalement... [Mais] il apparaît d'après les déclarations ultérieures de Böhm-Bawerk qu'il ne s'oppose pas à la théorie productiviste comme explication partielle, mais non exclusive, de l'intérêt." [20] Bien plus tard Schumpeter a insisté sur le fait que la productivité ne joue qu'un rôle accessoire dans ce qui est en réalité entièrement une théorie de la préférence temporelle [21]. Il est assez intéressant de noter que, lorsque Böhm-Bawerk considérait les rôles alternatifs de la productivité dans une théorie ayant conscience du temps, il utilisait carrément une interprétation qui plaçait la productivité et "l'impatience" au même niveau [22]. Böhm-Bawerk précisait clairement qu'il ne voulait pas identifier sa position avec celle de Fetter, qui épousait une théorie de l'intérêt basée sur la préférence temporelle sans mention aucune pour des considérations de productivité. Böhm-Bawerk remarquait que "Fetter lui-même épouse une [théorie qui] le place à l'aile la plus extrême des théoriciens de l'intérêt purement ‘psychologique' - ‘psychologique' entendu comme opposé à ‘technique'. Il occupe une position bien plus extrême que la mienne" [23].

 

A coup sûr, Mises a proposé une théorie de l'intérêt aussi "extrême" que celle développée par Fetter. Plus loin nous verrons que Mises refuse à la productivité du capital tout rôle dans la théorie de l'intérêt.

 

c. Sur la définition du capital : Böhm-Bawerk définissait le capital comme l'ensemble des produits intermédiaires (c'est-à-dire des moyens de productions déjà produits) [24] et ce faisant était critiqué par Menger [25]. Menger essaya "de réhabiliter le concept abstrait de capital comme valeur monétaire de la propriété dévolue à des buts d'acquisition, par opposition au concept de Smith des ‘moyens de production déjà produits'." [26] Dès son livre Socialisme (1923) Mises adoptait catégoriquement la définition de Menger [27]. Dans L'Action humaine il continue à étudier de façon plus approfondie la question, bien que sans dire explicitement qu'il s'oppose à la définition de Böhm-Bawerk. Les économistes, assure Mises, font l'erreur de définir le capital comme capital réel - l'ensemble des choses physiques. C'est non seulement un concept "vide" mais aussi responsable de sérieuses erreurs dans les diverses utilisations pour lesquelles le concept de capital a été utilisé.

 

Le refus de Mises d'accepter la notion de capital comme ensemble des biens de productions déjà produits exprime son insistance autrichienne constante sur la prise de décision orientée vers le futur. Menger avait déjà indiqué que "l'origine historique d'un bien n'entre pas en considération du point de vue économique" [28]. (Plus tard, Knight et Hayek ont souligné que l'insistance sur les origines historiques des biens de production déjà produits est un résidu des anciennes perspectives des coûts de production et n'est pas cohérente avec la remarque précieuse que le passé est le passé [et qu'il faut l'oublier] [29].) Ainsi, le rejet par Mises de la définition de Böhm-Bawerk reflète un point de vue subjectiviste convaincu.

 

De plus, le désaccord de Mises avec la notion de capital de Böhm-Bawerk provient de son scepticisme typiquement autrichien à l'encontre des agrégats économiques. Comme l'écrit Mises, "[La] totalité des facteurs de production déjà produits est simplement une énumération d'une quantité physique de milliers et de milliers de divers biens. Un tel inventaire ne sert à rien pour l'action. C'est une description d'une partie de l'univers en termes de technique et de topographie et n'a aucun lien de quelque sorte que ce soit avec les problèmes posés par les tentatives d'amélioration du bien-être humain" [30]. Lachmann suggère qu'une objection similaire vis-à-vis de la pratique contestable d'agrégation économique est peut-être la raison du désaccord profond de Menger avec la théorie de Böhm-Bawerk [31].

 

A la place de la notion de capital de Böhm-Bawerk, Mises reprit la définition du terme par Menger. Ainsi, dans L'Action humaine, Mises souligne longuement que la mesure du capital n'a de signification que dans le rôle qu'elle joue pour le calcul économique. Le terme dénote donc un concept de comptabilité et dépend pour sa mesure d'un système de prix du marché : Mises explique que "le concept de capital est opératoire tant que les hommes se laissent guider dans leurs actions par une comptabilité du capital"[32]. Ailleurs, Mises écrit : "Le capital est la somme de monnaie équivalant à tous les avoirs moins la somme de monnaie équivalant aux dettes tel que consacré à une date donnée pour la conduite des opérations d'une unité d'affaires donnée" [33]. Il s'ensuit pour Mises que le capital "est inévitablement lié au capitalisme, à l'économie de marché. Ce n'est qu'un fantôme dans les systèmes économiques pour lesquels il n'y a ni échange marchand ni prix monétaires des biens de tous les ordres" [34]. Nous reviendrons sur plusieurs des implications de la substitution faite par Mises de la définition de Böhm-Bawerk par le concept du capital de Menger.

 

3. Mises et la tradition de Clark et Knight

 

Si les écrits de Mises sur le capital et l'intérêt divergent de la théorie de Böhm-Bawerk, ils impliquent en tout cas certainement un rejet total de la principale alternative à cette tradition, l'approche développée dans les écrits de Clark et de Knight. Le concept de capital chez Clark et Knight et la théorie productiviste de l'intérêt furent le sujet de sévères attaques dans les principaux travaux (ultérieurs) de Mises. Comme nous l'avons mentionné, l'article critique de Knight sur le livre Nationalökonomie de Mises consiste presque entièrement en une attaque de la théorie de Mises sur le capital et l'intérêt, conjointement avec une redéfinition et une clarification de ses [Knight] propres positions. En faisant la liste des objections de Mises aux idées de Clark et Knight, nous obtenons en même temps une compréhension plus complète du désaccord de Mises avec Böhm-Bawerk. La raison en est que la théorie de Knight sur l'intérêt est, comme l'affirme Knight lui-même, totalement opposée au caractère "absolument autrichien" de l'approche de Mises. Et ce que Mises trouve contestable dans la théorie de Böhm-Bawerk, c'est précisément les points qu'il considérait incompatibles avec une perspective autrichienne cohérente. On comprend ainsi parfaitement pourquoi la position de Mises vis-à-vis de la théorie de Böhm-Bawerk est clarifiée par ses critiques des idées de Clark et Knight. On peut regrouper l’objection de Mises à l'encontre des positions de Clark et Knight comme suit :

 

a. Le concept de capital chez Clark et Knight : Mises a peu de patience pour la notion de capital en tant que fonds qui se reproduit de lui-même, qu'il décrit (avec d'autres) comme pur mysticisme [35]. "Une existence", écrit Mises,

 

"a été attribuée au ‘capital', indépendamment des biens du capital dans lequel il est concrétisé. Le capital, dit-on, se reproduit de lui-même et permet ainsi son propre entretien. Tout ceci n'est qu'une absurdité." [36]

 

Il est facile de voir à quel point cette notion "d'entretien automatique du capital" a pu paraître éloigné à Mises. Une approche qui concentre son attention analytique - comme le fait l'économie autrichienne - sur l'existence de buts et sur les décisions délibérées des êtres humains individuels lorsqu'elle s'occupe de tous les phénomènes socio-économiques doit considérer l'idée d'un capital comparable à une plante croissant spontanément non seulement comme fausse dans les faits, mais comme tout bonnement absurde[37]. En outre, Mises a compris que ces idées de Knight peuvent conduire les hommes à des erreurs assez dangereuses dans le domaine de la politique publique, s'ils ignorent le cadre institutionnel et le système d'incitation qu'il faut avoir pour encourager les décisions délibérées qui sont nécessaires à l'entretien du stock de capital et à sa croissance continue [38].

 

La critique milésienne des idées de Clark et Knight et son acceptation du concept de capital de Menger suggère ce que Mises aurait pu dire de la classification récente de Hicks des idées des économistes concernant l'ensemble des biens productifs en idées "fondistes" [fundist] ou "matérialistes" [39]. Mises aurait rejeté un fondisme qui, en submergeant les biens du capital physiques séparés, finit par se concentrer sur une certaine qualité supposée hors des biens eux-mêmes. Il aurait soutenu que la reconnaissance des plans élaborés par les producteurs conscients du temps ne requière pas de mettre au-dessus des individualités de ces biens une notion telle que la période moyenne de production. Et, comme nous l'avons vu, il rejetait clairement l'idée de Clark - une idée "matérialiste" selon Hicks - qui, en faisant abstraction des plans aux diverses périodes nécessaires pour générer une production à partir de biens du capital, voyait ces biens générer spontanément des flux perpétuels de revenus nets. En réalité, Mises soutiendrait que le débat fordiste-matérialiste repose sur la pratique plutôt malheureuse qui consiste à diriger son attention vers les agrégats de biens physiques. Le seul but utile d'un concept du capital réside strictement dans son rôle comptable d'outil permettant le calcul économique - un rôle très important permettant d'opérer efficacement dans une économie de production. Ce fut, insisterait Mises, l'erreur de Böhm-Bawerk de ne pas avoir vu tout ceci (et son empressement à accepter la base pour un débat fordiste-matérialiste), ce qui a ajouté foi à l'idée de Clark et Knight sur le concept de capital réel, qui implique la mythologie d'un certain type de fordisme ("le capital perpétuel") que Böhm-Bawerk lui-même n'acceptait pas. En rejetant la définition de Böhm-Bawerk du capital en faveur de celle de Menger, Mises a rendu la classification de Hicks inapplicable pour son propre travail.

 

b. Les arbres et leurs fruits : l'adoption par Mises du concept de capital de Menger lui permet d'éviter les pièges de la théorie de l'intérêt qui provient de la dichotomie capital-revenu. Dans l'expérience quotidienne la propriété du capital fournit l'assurance d'un revenu régulier. Dès que le capital est identifié à un certain agrégat de facteurs de production, il devient tentant de décrire le revenu régulier rendu possible par la propriété du capital comme exprimant en quelque sorte la productivité de ces facteurs. Ceci a toujours été le point de départ des théories productivistes de l'intérêt. L'idée de Knight d'une quantité permanente du capital en ce qui concerne le capital physique est simplement une variante de ces théories qui considéraient l'intérêt comme un revenu net perpétuellement généré par la productivité d'un capital abstrait temporairement incarné dans certaines parties du capital physique. Le stock de capital, selon cette idée, est un arbre permanent qui produit spontanément et continûment des fruits (l'intérêt) [40]. Mises conclut explicitement que cette idée erronée de l'intérêt résulte d'une définition du capital comme agrégat des facteurs de production déjà produits. "Le pire développement de l'utilisation de la notion mythique du capital réel fut que les économistes ont commencé à spéculer sur le faux problème de ce qu'on a appelé la productivité du capital (réel)". Ce fut cette spéculation, explique Mises, qui sont responsable de la "bévue" qui consiste à expliquer "l'intérêt comme un revenu dérivé de la productivité du capital"[41].

 

Le concept de Menger du capital comme outil comptable nous permet de rester à l'écart de telles bévues. Le concept de comptabilité ne rentre en ligne de compte que pour refléter un motif particulier que montrent les êtres humains calculateurs : "L'esprit calculateur de l'acteur trace une ligne de séparation entre les biens de consommation qu'il projette d'utiliser pour la satisfaction immédiate de ses besoins et les biens... qu'il projette d'utiliser pour la satisfaction de besoins futurs en les employant dans une action supplémentaire" [42]. Il n'y a aucune implication, de quelque ordre que ce soit, que le flux de revenu ainsi obtenu pour des buts de consommation - par un emploi prudent du capital - est le fruit automatique de la productivité du capital.

 

c. La structure du processus de production : Le cœur du rejet par Mises de la théorie productiviste de l'intérêt réside peut-être dans son soutien sans réserves à l'idée de Menger selon laquelle le processus productif consiste à utiliser des biens d'ordres plus élevés pour la production de biens d'ordres moins élevés. "Il est possible de penser aux biens de production comme disposés suivant différents ordres selon leur proximité vis-à-vis du bien de consommation vers lequel cette production est dirigée. Les biens de production qui sont le plus près de la production du bien de consommation sont classés comme biens du deuxième ordre, et ceux qui sont utilisés pour la production des biens de deuxième ordre sont classés comme biens du troisième ordre, etc." [43]. Le but d'un tel schéma de classification est de démontrer "comment l'évaluation et les prix des biens d'ordres élevés dépendent de l'évaluation et des prix des biens d'ordres inférieurs produits par leur utilisation" [44]. Cette approche fondamentale de l'établissement des prix des facteurs de production est capable, explique Mises, de mettre de côté le raisonnement des théoriciens de la productivité. Les prix des biens du capital doivent refléter les services attendus par leurs futurs emplois [45]. En l'absence de préférence temporelle, le prix d'un terrain (ou d'un bien du capital) - c'est-à-dire le prix en termes de biens de consommation - serait égal à la somme non escomptée des valeurs marginales des futurs services qu'on lui attribue. La capacité productive d'un facteur ne peut pas (sans préférence temporelle) rendre compte d'un flux d'un revenu d'intérêt sur sa valeur marchande. Le phénomène de l'intérêt se produit parce que, en raison de la préférence temporelle, les prix des facteurs reflètent seulement les valeurs escomptées de leurs services. "Lorsque la production continue, les facteurs de production sont transformés ou mûris en biens présents d'un ordre plus élevé" [46]. Pour Mises, la caractéristique économique importante des biens du capital n'est pas simplement qu'ils peuvent être employés pour une production future, mais que la relation qu'ils ont par rapport à leurs futurs produits est une relation de biens d'ordre élevé vis-à-vis de bien d'ordre moins élevé. C'est ce facteur qui vicie la théorie de la productivité.

 

Le refus de Knight d'accorder un mérite à ce raisonnement doit être considéré comme une conséquence de son rejet de la position de Menger selon laquelle les facteurs de production sont réellement des biens d'ordre plus élevés. "Le plus grand défaut du système économique de Menger est peut-être... son idée de la production comme processus de conversion de biens d'ordre élevé en biens d'ordre moins élevé" [47]. Comme l'idée de Knight sur le processus productif insiste sur le "flux circulaire" répétitif de l'activité économique tout en refusant de reconnaître l'importance suprême d'un ordre structurel relié à la demande final du consommateur, il est possible d'ignorer simplement la critique autrichienne sur la théorie productiviste de l'intérêt. C'est au fond, ce que fait Knight.

 

4. Mises, les capitalistes et l'entrepreneuriat

 

Une dernière remarque concernant la théorie de Mises sur le capital et l'intérêt doit être faite. A tout instant, Mises insiste sur ce qu'il appelle "l'intégration des fonctions catallactiques" qui se produit dans le monde réel. Les capitalistes du monde réel, nous rappelle Mises, doivent nécessairement - tout comme les propriétaires terriens, les travailleurs et les consommateurs - être aussi des entrepreneurs. " Un capitaliste [en plus d'investir des fonds] est virtuellement aussi toujours un entrepreneur et un spéculateur. Il court toujours le risque de perdre sa mise" [48]. Il s'ensuit que "l'intérêt stipulé et payé pour des prêts inclut non seulement l'intérêt originel mais aussi le profit entrepreneurial" [49].

 

En d'autres mots, l'entrepreneuriat existe dans les processus de production utilisant du capital, non seulement dans le sens usuel où un producteur-entrepreneur emprunte ou réunit autrement le capital dans sa fonction d'entrepreneur, mais aussi dans le sens plus subtil où les capitalistes eux-mêmes, en prêtant leur capital aux producteurs-entrepreneurs, agissent nécessairement "de manière entrepreneuriale". Si ceci ne nous empêche pas d'isoler analytiquement les fonctions de capitaliste pur et d'entrepreneur pur, cela signifie que dans le monde réel on ne trouvera jamais l'intérêt originel et le profit d'entrepreneur isolés l'un de l'autre.

 

Notes

 

[1]. Ludwig von Mises, Nationalökonomie : Theorie des Handels und Wirtschaftens (Genève : Editions Union, 1940).

 

[2]. Frank. H. Knight, "Professor Mises and the Theory of Capital" Economica 8 (Novembre 1941), 410.

 

[3]. F.A. Hayek, "Time-Preference and Productivity : A Reconsideration," Economica 12 (Février 1945), 22.

 

[4]. F.A. Hayek, Pure Theory of Capital (Londres : Routledge and Kegan Paul, 1941), p. 45.

 

[5]. Ludwig von Mises, "Das festangelegtes Kapital," dans Economische Opstelen : Aangeborden aan Prof. Dr. C.A. Verrijn Stuart (Haarlem : De Erven F. Bohn N.V., 1931), pp.214-28 ; voir aussi Epistemological Problems of Economics, traduit en anglais par George Reisman (Princeton : D. Van Nostrand, 1960), pp. 217-310. Je suis redevable du livre de Bettina Bien [Greaves], The Works of Ludwig von Mises (Irvington-on-Hudson, NY : Foundation for Economic Education, 1969) pour les information bibliographiques sur les ouvrages de Mises.

 

[6]. Ludwig von Mises, Socialism : An Economic and Sociological Analysis (New Haven : Yale University Press, 1959), pp. 142-43.

 

[7]. Ludwig von Mises, The Theory of Money and Credit (New Haven : Yale University Press, 1959), p. 339, et particulièrement le chapitre 24.

 

[8]. Ludwig von Mises, Human Action : A Treatrise on Economics (Chicago : Henrt Regnery, 1966), p. 524 [L'Action humaine, aux PUF. N'ayant pas l'édition française, épuisée, je n'ai pas repris la traduction de Raoul Audoin, NdT].

 

[9]. Ibid., p. 526.

 

[10]. Ibid., p.493.

 

[11]. Knight, "Professor Mises", p. 409.

 

[12]. Voir Joseph A. Schumpeter, History of Economic Analysis (New York : Oxford University Press, 1954), p. 847. Voir aussi Erich Steissler et W. Weber, "The Menger Tradition," dans Carl Menger and the Austrian School of Economics, édité par J.R. Hicks (Oxford : Clarendon Press, 1973), p. 231.

 

[13]. Hayek, Pure Theory of Capital, p. 46. Pour les critiques de Hayek sur les travaux de Böhm-Bawerk, voir pp. 414-23. Une critique de Böhm-Bawerk par un théoricien "autrichien" peut être trouvée dans le livre de Ludwig M. Lachmann, Capital and Its Structure (Londres : London School of Economics and Political Science, 1956).

 

[14]. Knight, "Professor Mises", p. 422.

 

[15]. Friedrich A. Hayek, The Counter-Revolution of Science : Studies on the Abuse of Reason (Glencoe, IL : Free Press, 1953), p. 31.

 

[16]. Ibid., p. 210, note 24.

 

[17]. Mises, Human Action, p.488. Voir aussi Ludwig von Mises, Epistemological Problems of Economics, traduit en anglais par George Reisman (Princeton : D. Van Nostrand, 1960), p. 31.

 

[18]. Mises, Human Action, p.488-89.

 

[19]. Voir Israel M. Kirzner, An Essay on Capital (New York : Augustus Kelly, 1966), pp. 79,99.

 

[20]. Frank A. Fetter, "The ‘Roudabout Process' in the Interest Theory," Quarterly Journal of Economics 17 (novembre 1902), p. 177.

 

[21]. Schumpeter, History of Economic Analysis, pp. 931-32.

 

[22]. Eugen von Böhm-Bawerk, History and Critique of Interest Theories, vol. 1, Capital and Interest, traduit en anglais par George D. Huncke et Hans F. Sennholt (South Holland, IL : Libertarian Press, 1959), p. 482, note 112.

 

[23]. Ibid., p. 476, note 14.

 

[24]. Ibid., pp. 14 note 32.

 

[25]. Carl Menger, "Zur Theorie des Kapitals," (Conrad's) Jahrbücher für Nationalökonomie und Statistik (Jena : Gustav Fischer Verlag, 1888), p. 17.

 

[26]. Friedrich A. Hayek, "Carl Menger," dans Grundsätze der Volkswirtschaftslehre, (Scrace Tracts in Economics and Political Science, 1934), p. xxvi.

 

[27]. Mises, Socialism, pp. 123, 142

 

[28]. Hayek, "Carl Menger", p.xxvi.

 

[29]. Hayek, Pure Theory of Capital, p.89.

 

[30]. Mises, Human Action, p.263.

 

[31]. Plus précisément, Lachmann a suggéré que Menger était contre la notion d'homogénéisation du capital (Ludwig M. Lachmann, "Sir John Hicks as Neo-Austrian," South African Journal of Economics 41, septembre 1973, p. 205)

 

[32]. Mises, Human Action, p.515.

 

[33]. Ibid., p. 262.

 

[34]. Ludwig von Mises, Human Action : A Treatrise on Economics, 2ème édition (New Haven : Yale University Press, 1963), p. 515 [les éditions de l'ouvrage de Mises diffèrent].

 

[35]. Pour une liste des auteurs qui ont associé le "mysticisme" ou la "mythologie" au concept du capital de Clark et Knight, voir Kirzner, An Essay on Capital, p. 59.

 

[36]. Mises, Human Action, p.515.

 

[37]. Comme le fit Knight dans un célèbre exemple (Frank H. Knight, "Diminishing Returns from Investment," Journal of Political Economy 52, mars 1944, p.29)

 

[38]. Mises, Human Action, p.844.

 

[39]. Voir John Hicks, "Capital Controversies : Ancient and Modern," American Economic Review 64 (may 1974), p. 308-310. D'après Hicks, les "fondistes" sont ceux qui considèrent le capital comme queque chose de séparé des biens physiques dans lesquels il s'incarne à un moment donné. Les "matérialistes" sont ceux qui refusent de voir le capital comme autre chose que les biens physiques qui le constituent. La terminologie de Hicks est plutôt malheureuse et peut conduire à une mauvaise compréhension se sa propre thèse. D'après ce qui a été dit dans le texte, il semblerait que Clark et Knight font partie de ceux que Hicks appelle "fondistes". Il apparaît, néanmoins, que Hicks les classe comme "matérialistes" ! L'Ecole autrichienne (qui s'oppose fortement à la notion de Clark et Knight du capital comme fonds qui se perpétue de lui-même) apparaît, dans la classification de Hicks, comme "fondiste" car elle considère le stock des biens du capital en termes de plans aux périodes multiples dans lesquels entrent ces biens. La notion de Clark et Knight de capital comme un fonds est donc assez différente de la notion autrichienne de fonds. Clairement, d'après Clark et Knight, les biens du capital ne sont pas les représentants des plans pour établir les processus de production future mais plutôt des sources permanentes de flux automatique de revenus.

 

[40]. Voir la note 37 ci-dessus.

 

[41]. Mises, Human Action, p.263.

 

[42]. Ibid., p. 260.

 

[43]. Ibid., p. 94.

 

[44]. Ibid.

 

[45]. Ibid., p. 263-264.

 

[46]. Ibid., p. 525.

 

[47]. Frank H. Knight, "Introduction," dans Carl Menger, Principles of Economics, traduit en anglais par James Dingwall et Bert F. Hoselitz (Glencoe, IL : Free Press, 1950), p. 25.

 

[48]. Mises, Human Action, p.253.

 

[49]. Ibid., p. 536.

 

Traduction :  Hervé de Quengo

 

 

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