Fermer X Les cookies sont necessaires au bon fonctionnement de 24hGold.com. En poursuivant votre navigation sur notre site, vous acceptez leur utilisation.
Pour en savoir plus sur les cookies...
AnglaisFrancais
Cours Or & Argent en

Non, l’ubérisation n’est pas un progrès, c’est un nouvel asservissement, même si ça semble môôderne !

IMG Auteur
Publié le 16 décembre 2016
1307 mots - Temps de lecture : 3 - 5 minutes
( 9 votes, 3,8/5 ) , 9 commentaires
Imprimer l'article
  Article Commentaires Commenter Notation Tous les Articles  
0
envoyer
9
commenter
Notre Newsletter...
Rubrique : Editoriaux

Bêlons ensemble mes biens chères sœurs et mes bien chers frères ! Bêlons la « prière » stupide à la mode : « La môôôdernité c’est bien, c’est incontournable, on ne peut pas être contre, alors c’est bien »…

Il n’y a pas le choix.

Il n’y a pas d’alternative.

Il n’y a pas d’autre monde possible.

C’est le diktat de la « môôôôdernité », et celui qui la refuse sera crucifié sur place par les idiots utiles qui la défendent et se tirent eux-mêmes une balle dans le pied de leur propre avenir.

Petite digression sur le bulletin d’un de mes gosses accessible désormais sur Internet !

Hier, ma dernière arrive avec son bulletin… Bon, elle n’avait pas de bulletin. Conformément à la dernière circulaire à la con de nos pédagogistes crétins de l’Éducation nationale, devenue une fabrique massive d’abrutis, ma fille est arrivée avec une photocopie, avec inscrit dessus une adresse Internet incompréhensible, un mot de passe tout aussi impossible à retenir, et un login inimaginable.

Nous avons donc dû nous connecter pour regarder le bulletin dématérialisé et môôôôderne que l’on ne peut pas refuser, avec les beaux graphiques et les beaux commentaires. Rassurez-vous, l’Éducation nationale est bien démago comme il faut, donc si vous êtes une famille d’illettrés incultes, on vous imprimera le bulletin sur papier, mais si vous êtes illettrés, incultes, et avinés la moitié de la journée, il y a peu de chance que vous alliez voir l’école pour une histoire de note.

Doit-on trouver que le bulletin numérique c’est bien ? Eh bien non ! Il ne s’agit pas de refuser la modernité. Il s’agit, encore une fois, de bon sens. Il s’agit de rétablir l’autorité du maître. Et le maître remet le bulletin. Il remet le bulletin mais en réalité c’est même le directeur ou la directrice qui doit le remettre. Le bulletin c’est une cérémonie, un rite, un symbole.

Le rendre numérique c’est supprimer toute la dimension sacrée de votre bulletin, ce moment où l’on regarde, sévère, les cancres, et où l’on félicite les travailleurs et les sérieux. Mais pour l’égalitarisme, le bulletin numérique c’est tellement mieux !

Pourtant, c’est une erreur, et les profs commettent toutes les erreurs qu’il ne faut pas faire. On peut dématérialiser plein de choses, et c’est le cas des absences par exemple pour que les ados ne puissent pas tricher ! Mais le faire avec le bulletin est stupide.

Tout cela pour vous dire que non, ce qui est môôôôderne n’est pas forcément bien et qu’il y a certaines modernités que oui, nous devons refuser !

L’intelligence c’est de garder le meilleur !

Revenons-en à Uber et aux chauffeurs indépendants qui manifestent.

L’ubérisation de l’économie c’est une nouvelle mise en esclavage, un asservissement !

Les défis portés par l’ubérisation de notre économie sont multiples ! Il y a des enjeux sociaux évidemment, mais économiques très forts, ainsi que fiscaux et aussi de redistribution etc., etc., bref, c’est un sacré foutoir !

Essayons d’y voir un peu plus clair.

Prenons un autre exemple. Avant, France Telecom avait 140 000 collaborateurs. Aujourd’hui, ils en ont 40 000. Ils avaient des techniciens bien payés, avec des avantages que l’on peut critiquer, mais en attendant, les gens gagnaient bien leur vie. Ils coûtaient cher à France Telecom, qui est devenu Orange entre-temps et a été privatisé.

Il y a eu l’ouverture à la concurrence et aussi l’épisode des suicides massifs… Scandale bien vite étouffé. Il s’agissait évidemment de foutre les gens dehors, de « dégraisser » le mammouth France Telecom, pour assurer les profits d’Orange.

Alors on a supprimé des postes et tout cela a été remplacé par des sous-traitants locaux surtout de petites tailles, en dessous des grands seuils qui coûtent cher en CE et autres avantages. Les techniciens de France Telecom ont laissé la place aux soutiers des sous-traitants, maltraités et sous-payés.

Uber n’a pas inventé l’ubérisation. L’ubérisation est en marche depuis bien longtemps, elle est le fruit de la libéralisation à outrance de tous les marchés, de notre volonté de tout ouvrir à la concurrence, sous prétexte que c’est bien pour le « con-sommateur ». Ce n’est ni bien ni moderne. Parfois, c’est adapté. Parfois, ça ne l’est pas. Le problème c’est que le libéralisme et le libre-échangisme sont devenus des religions avec dogmes, clergé et police de la pensée.

C’est quoi Uber, une révolution ? Non des enfoirés qui font de la marge sur des pauvres bougres !! Et c’est vieux comme le capitalisme !!

Alors admirez le modèle Uber si vous voulez.

Encensez la môôôdernité en bêlant si vous en avez envie !

Classez-moi dans la catégorie des vieux cons qui n’ont rien compris si cela vous plaît !

Mais la réalité, que vous le vouliez ou non, c’est qu’Uber ce n’est pas une révolution.

Uber et tout le reste, c’est le retour du paiement à la tâche et du salaire de subsistance.

Uber c’est ce que critiquait déjà Karl Marx, en 2.0 si ça vous amuse, mais rien de plus !

Comment ça marche Uber, et toutes ces autres plateformes ?

Vous prenez un service qui coûte cher et vous vous demandez comment baisser les prix en augmentant la qualité… pour prendre le marché !

C’est assez simple, il y a une variable à écraser et c’est celle du salaire du pauvre gus !

Payé à la tâche, le pauvre bougre, dans un centre d’appel marocain ou tunisien. Payé que quand le téléphone sonne. Pas d’appel ? Pas de salaire.

Payé à la tâche les nouveaux livreurs aussi modernes qui sont à vélo ou en pousse-pousse dans les rues de nos capitales (c’est bien pour la pollution hein, c’est bobo à souhait).

Payés à la tâche tous les auto-entrepreneurs qui deviennent autant de travailleurs indépendants et de sous-traitants corvéables à merci, sans couverture sociale, sans avantages !

Uber ce n’est que ça.

Alors certes, les taxis parisiens étaient peu sympas, assis sur une rente, et faites-leur tous les reproches que vous voudrez, mais un artisan taxi pouvait gagner dignement sa vie.

Aujourd’hui, il ne le peut plus et le problème n’est pas celui de l’adaptation de telle ou telle profession.

Ça c’est le sujet que l’on vous vend pour vous culpabiliser et vous dire que vous avez un problème, surtout l’autre, là, le vilain tacot qui rumine son chicot, l’air rabougri et mauvais, incapable d’ânonner un simple bonjour.

Mensonge ! Nous sommes tous des chauffeurs de taxi et des Ubers !

C’est ça que vous devez comprendre. Le problème c’est pas le mauvais service des taxis et Uber, les vilains hôteliers conte AirBnB, etc., etc.

Non, le problème c’est que le système économique est en train de casser les derniers pans qu’il reste de « CDI », de droit du travail, de sécurité de l’emploi, d’avantages.

Le problème c’est de vous passer du salariat à l’entrepreneuriat.

L’idée c’est de remplacer votre contrat de travail par un contrat commercial.

L’idée c’est de remplacer votre salaire par un chiffre d’affaires.

L’idée c’est de vous faire payer votre propre protection sociale, votre propre couverture.

L’idée c’est de vous payer à la tâche comme les « tâcherons » des temps anciens et de la révolution industrielle.

L’idée c’est de finir par ne vous verser qu’un maigre salaire de subsistance pour vous maintenir la tête hors de l’eau et que vous soyez un « con-sommateur » juste solvable.

L’ubérisation n’est pas moderne. Elle est au contraire la négation du progrès et un immense retour en arrière.

Alors oui, il y a des progrès, des môôôdernités qu’il faut savoir refuser parce qu’en réalité, c’est une escroquerie et qu’en utilisant ces termes on veut vous emprisonner, vous empêcher de penser.

Laissons Karl Marx à la révolution industrielle, mais certaines idées restent. Alors oui, « Ubers du monde entier, unissez-vous » !

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Données et statistiques pour les pays mentionnés : France | Tous
Cours de l'or et de l'argent pour les pays mentionnés : France | Tous
<< Article précedent
Evaluer : Note moyenne :3,8 (9 votes)
>> Article suivant
Charles Sannat est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l’Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires Il a exercé les fonction de directeur des études économiques de la société Aucoffre.com de 2012 à 2015, et créé le Contrarien Matin un site de « décryptage quotidien, sans concession, humoristique et sarcastique de l’actualité économique ». Il a fondé en Septembre 2015 le site Insolentiae.com et se consacre depuis pleinement à ce nouveau projet éditorial.
Publication de commentaires terminée
  Tous Favoris Mieux Notés  
Ce n'est pas une (dé)raison pour maintenir les monopoles e particulier des taxis !
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
Charles Sannat par l'utilisation de ce site internet ne profite t-il pas de cette économie numérique, n'ubérise t-il pas le monde de l'information, du journalisme, du distributeur de journaux, du producteur de papier, du bûcheron, etc.?
Evaluer :   3  0Note :   3
EmailPermalink
Je souhaite ajouter le sophisme économique de Frédéric Bastiat que Charles Sannat a peut-être oublié, il s'agit de "La pétition des fabricants de chandelles" http://bastiat.org/fr/petition.html
Evaluer :   2  0Note :   2
EmailPermalink
Nous assistons depuis quelques années, à un monde d'échanges internationaux voulu pour le grand rééquilibrage nord-sud (cf. F. Mitterrand et les autres chefs d'état de cette époque) avec son cortège de remise en question de situations confortables mais cependant au financement malsain celui des déficits générant la dette de 2 185 milliards à ce jour. Cet argent a été emprunté et dépensé par les élus depuis 1974 mais n'a créé aucune richesse, il a servi à la consommation de produits nationaux et étrangers. Parallèlement l'informatique, la numérisation, la robotique, l'intelligence artificielle etc modifient profondément nos relations au travail et à notre protection sociale. Cette modification est irréversible, elle pose de nombreux problèmes d'adaptation, c'est au pouvoir politique de mesurer les effets de cette modification profonde et irréversible et de prendre les mesures éducation-formation et d'accompagnement de la population active en fonction de la vitesse de cette évolution. J'en ai guerre entendu parler lors de la primaire de la "droite" qu'en sera t'il lors de la primaire de la "gauche" mais il n'y a rien dans les présentation des électrons libres Mélenchon-Macron-Marine Le Pen et autres prétendant à venir.
En lisant la deuxième partie de cet article je me suis demandé si je lisais du Mélenchon, du Montebourg, du Hamon, etc....du Maltus ou un auteur qui n'a jamais eu un bouquin d'économie entre les mains (cf. La destruction-créatrice de Schumpeter) et surtout créé ou géré une entreprise. Je me suis déjà posé la question si Charles Sannat n'était pas de gauche, j'avais eu des réponses, aujourd'hui j'en suis sûr. Je ne le lirai donc plus car on sait depuis le siècle dernier ou mène le socialisme.
Evaluer :   3  0Note :   3
EmailPermalink
Etre de gauche c'est être socialiste?
Fût un temps c'était plutôt communiste, et bon gré mal gré, que l'on soit d'accord avec ou pas, il n'y a pas d'alternative à un système équilibré entre communisme et capitalisme.
Il n'y a pas de solution durable extrême, ni dans un sens ni dans l'autre.
Un société c'est une somme de gens, de points de vue, et pas juste une direction, gauche ou droite.
La vie ne se résume pas à ça et ne peut pas se résumer à ça, peu importe votre statut!
C'est comme au XIX ème siècle, la môôôdernité, c'était de virer les paysans des communaux pour les envoyer à l'usine. Il s'en trouve aujourd'hui encore, pour vous dire benoîtement que si les paysans ont quitté leur terre à cette époque, c'est qu'ils y trouvaient leur compte d'aller travailler 18 heures par jour en usine. Ces gens n'ont jamais du lire Zola.
Evaluer :   4  0Note :   4
EmailPermalink
L'histoire des faits économiques nous a cependant légué la situation de "cerfs" qu'était celle des ouvriers de la ferme et des fermiers. La misère, la crotte et l'odeur et les journées interminables. La condition des travailleurs de la terre, c'était la grande omission dans le capital par Karl Marx .
Uber c'est génial : pouvoir baisser les salaires de 20% en un clic, le rêve de tous les patrons enfin réalisé.
Evaluer :   1  0Note :   1
EmailPermalink
Dernier commentaire publié pour cet article
Etre de gauche c'est être socialiste? Fût un temps c'était plutôt communiste, et bon gré mal gré, que l'on soit d'accord avec ou pas, il n'y a pas d'alternative à un système équilibré entre communisme et capitalisme. Il n'y a pas de solution durable extr  Lire la suite
intrus34 - 19/12/2016 à 03:03 GMT
Top articles
Flux d'Actualités
TOUS
OR
ARGENT
PGM & DIAMANTS
PÉTROLE & GAZ
AUTRES MÉTAUX