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La banque publique d’investissement est-elle une bonne idée ?

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Publié le 14 décembre 2012
629 mots - Temps de lecture : 1 - 2 minutes
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

La création d'une Banque publique d'investissement (BPI) est censée répondre aux difficultés que rencontrent les entreprises françaises pour trouver des financements. Le souci est légitime, mais l’ironie de la situation, est que ces difficultés sont essentiellement créées et amplifiées par… l’État.


Le dernier exemple nous est donné par le projet de loi de finances 2013, qui va durablement dissuader les investisseurs d'investir leur argent en France en alourdissant la fiscalité sur les revenus du capital. Les entreprises ont effectivement besoin de capitaux pour se développer, et il s’agit avec cette loi de taxer précisément le carburant de l'activité économique.


La mécanique de la taxe est pourtant simple. Quand on taxe les cigarettes, c'est pour que les gens fument moins. Quand on taxe l'investissement, même si l’objectif déclaré n’est pas de réduire l’investissement, le résultat est implacable : les gens investissent moins. Et il faut ensuite déployer des trésors de créativité législative pour essayer d’enrayer les effets néfastes de la créativité précédente.


Ainsi est née la BPI.


Pour commencer, pourquoi publique ? Si c'est pour faire le travail que font les banques privées, pourquoi alourdir les dépenses de l’État ? Et s'il s'agit de financer les « canards boiteux », c'est alors confondre investissement et charité.


De plus, l’État a malheureusement presque toujours démontré son inaptitude stratégique et gestionnaire. Les exemples les plus éloquents étant l’affaire du Crédit Lyonnais et de ses 130 milliards de Francs de pertes, et les 31 milliards d'Euros de pertes de Dexia, dont la moitié furent à la charge des contribuables, et que trois interventions successives de l’État n'ont pas suffi à sauver. Les chiffres plus récents ne sont guère plus encourageants : Si l'on se réfère au dernier bilan de l’État actionnaire, entre l'été 2011 et l'été 2012, la valeur des sociétés cotées détenues par l’État a reculé de près de 13%. Durant la même période, les entreprises du CAC 40 progressaient de + 5%. Soit un différentiel de près de 18%. Quant aux participations supérieures à 1% que l’État détient dans une cinquantaine de groupes non cotés, les dividendes sont en recul de 2 milliards d'Euros, passant de 7,9 à 5,8 milliards d'Euros.


Politique et investissement


Il est par ailleurs douteux d'imaginer les Présidents de régions intervenir dans 90% des choix des entreprises à soutenir, tel que le prévoient les statuts de la BPI.


Le métier de banquier, c'est l'appréciation du risque, pas l'appréciation politique inspirée par le clientélisme local.

De plus, il est prévu que la BPI puisse être à la fois actionnaire et prêteuse, et l'histoire financière récente a démontré combien ce mélange des genres était dangereux pour une banque.


Les entreprises n'attendent d'ailleurs pas de voir l’État intégrer leur capital. Elles estiment pour la plupart que le Gouvernement ne les aide pas de la bonne manière. Nombre d’entre elles souhaiteraient en réalité renforcer leurs fonds propres par elles-mêmes, ce qui passe par une amélioration de leurs marges, rendue impossible par le poids de la fiscalité française.


Enfin, il est bien sûr à souhaiter que les initiatives entrepreneuriales se multiplient. Mais il faut accepter que les ressources ne sont pas illimitées et qu’il est nécessaire de choisir entre de très nombreux projets pas tous aussi prometteurs. C'est là tout le métier du banquier que d'évaluer la pertinence de telle ou telle idée sur le marché. Les bonnes intentions d'une banque publique ne suffisent pas à déclencher des succès économiques et risquent au contraire de se solder par de cuisants échecs qui alourdiront la dépense publique, pèseront inévitablement sur l'activité, donc sur la compétitivité.


Le retour à une croissance forte passera par une fiscalité qui incite l’investissement au lieu de le dissuader, par l’acceptation des choix stratégiques des agents économiques, et par la transparence et la sobriété de l’utilisation de l’argent public.

 

 

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Renaud DOZOUL est architecte de formation. Il crée une agence à Paris en 2004 après avoir exercé pendant deux ans à Mexico. Il se consacre désormais à la recherche et à l’écriture. Il publie notamment en 2011 « 10 bonnes raisons de restaurer la Monarchie » aux éditions Muller et travaille actuellement sur un ouvrage consacré aux fondements de la liberté en occident.
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