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La politique étrangère libérale (3) L'impérialisme

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Extrait des Archives : publié le 27 janvier 2013
3214 mots - Temps de lecture : 8 - 12 minutes
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5. L'impérialisme

 

 

 

          La soif de conquête des monarques absolus des siècles passés avait pour but d'étendre leur sphère de pouvoir et d'accroître leur richesse. Aucun prince ne pouvait se considérer assez puissant, car seule la force pouvait lui permettre de conserver son autorité face aux ennemis intérieurs et extérieurs. Aucun prince ne pouvait se trouver assez riche, car il avait besoin d'argent pour entretenir ses soldats et son entourage.

          Pour un État libéral, la question de savoir si les frontières du pays doivent être ou non poussées plus loin n'a que peu d'importance. La richesse ne peut provenir de l'annexion de nouvelles provinces car le « revenu » procuré par un territoire doit être utilisé pour payer les frais nécessaires à son administration. Pour un État libéral, qui n'envisage aucun plan d'agression, le renforcement de son pouvoir militaire n'est pas important. Ainsi, les parlements libéraux se sont opposés à toutes les tentatives d'augmenter le potentiel militaire d'un pays et à toutes les politiques guerrières ou ayant des buts d'annexion.

 Cependant, la politique de paix libérale qui, au début des années 1860, alors que le libéralisme volait de victoire en victoire, était considérée comme déjà assurée, au moins en Europe, se fondait sur l'hypothèse que les peuples de chaque territoire pouvaient bénéficier du droit à choisir eux-mêmes l'État auquel il voulait appartenir. Or, afin de garantir ce droit et comme les puissances absolutistes n'avaient nullement l'intention d'abandonner pacifiquement leurs prérogatives, plusieurs guerres et révolutions assez sérieuses furent d'abord nécessaires. Le renversement de la domination étrangère en Italie, le maintien des Allemands au Schleswig-Holstein menacés de dénaturalisation, la libération des Polonais et des Yougoslaves ne pouvaient être entrepris que par les armes. Parmi les nombreux cas où l'ordre politique existant fut confronté à une demande au droit à l'autodétermination, un seul put être résolu pacifiquement: quand l'Angleterre libérale accorda la liberté aux Îles Ioniennes. Partout ailleurs, la même situation conduisit à des guerres et à des révolutions.

 

Les luttes pour créer un État allemand unifié engendrèrent le désastreux conflit franco-allemand; la question polonaise resta sans solution parce que le Tsar écrasait les rébellions les unes après les autres; la question des Balkans ne fut que partiellement réglée; et l'impossibilité de résoudre les problèmes de la monarchie des Habsbourg face à la dynastie au pouvoir conduisit finalement à l'incident qui déclencha la [Première] Guerre mondiale.  L'impérialisme moderne doit être distingué des tendances expansionnistes des principautés absolues car les esprits qui l'animent ne sont pas ceux des membres de la dynastie au pouvoir, ni même de la noblesse, de la bureaucratie ou des corps d'officiers cherchant conquête et enrichissement personnel par le pillage des ressources des territoires conquis. Non, ces esprits sont ceux de la masse du peuple, qui considère l'impérialisme comme le moyen adéquat pour préserver l'indépendance nationale. Dans la liste complexe des politiques antilibérales qui ont jusqu'ici accru le rôle de l'État pour ne laisser presque aucun champ d'activité humaine à l'écart des interférences gouvernementales, il serait vain d'espérer trouver une solution même partiellement satisfaisante aux problèmes politiques des régions où cohabitent différentes nationalités. Il ne peut y avoir que des dirigeants et des dirigés. Le seul choix est de savoir si l'on sera marteau ou enclume. Par conséquent, la mise en place d'un État national aussi fort que possible – qui puisse étendre son contrôle sur tous les territoires mélangeant les nationalités – devient une exigence indispensable à la préservation nationale. Le problème des zones plurilinguistiques ne se limite pas à des pays établis depuis un bon moment.

 

Le capitalisme permet d'ouvrir à la civilisation de nouveaux terrains, offrant des conditions plus favorables que de nombreuses régions habitées depuis longtemps. Le capital et le travail partent pour les endroits les plus favorables. Les mouvements de migration ainsi amorcés dépassent de loin tous les mouvements de peuples que le monde a connus. Seules quelques nations peuvent voir leurs émigrants aller vers des lieux où la puissance politique est aux mains de leurs compatriotes. Quand cette condition ne prévaut pas, les migrations engendrent à nouveau le type de conflits qui se développent généralement dans les territoires polyglottes. Dans certains domaines particuliers, que nous n'étudierons pas ici, les choses sont assez différentes entre les zones de colonisation d'outre-mer et les pays d'Europe existant depuis longtemps. Néanmoins, les conflits qui proviennent de la situation insatisfaisante des minorités nationales sont en dernière analyse identiques. La volonté de chaque pays de préserver ses nationaux d'un tel destin conduit d'un côté à une lutte pour l'acquisition de colonies permettant l'établissement d'Européens et, d'un autre côté, à adopter une politique de taxes à l'importation destinée à protéger la production nationale opérant dans de moins bonnes conditions que ses concurrents de l'industrie étrangère, ceci dans l'espoir de rendre inutile l'immigration des travailleurs. De fait, pour développer autant que faire se peut le marché protégé, des efforts sont même faits pour conquérir des territoires qui ne sont pas considérés comme adaptés à une colonie européenne. Nous pouvons faire remonter l'impérialisme moderne à la fin des années 1870, lorsque les pays industrialisés d'Europe commencèrent à abandonner la politique de libre-échange pour s'engager dans la course aux « marchés » coloniaux d'Afrique et d'Asie.

          C'est en référence à l'Angleterre que le terme « impérialisme » fut employé pour la première fois en vue de caractériser la politique moderne d'expansion territoriale. L'impérialisme anglais, il est vrai, n'était pas tant dirigé vers l'annexion de nouveaux territoires que vers la création d'une zone de politique commerciale uniforme à partir des diverses possessions du Roi d'Angleterre. Ceci résultait de la situation spéciale dans laquelle se trouvait l'Angleterre, en tant que mère-patrie des colonies les plus riches du monde. Néanmoins, l'objectif que les impérialistes anglais cherchaient à atteindre par la création d'une union douanière comprenant dominions et mère-patrie était le même que celui que les conquêtes coloniales de l'Allemagne, de l'Italie, de la France, de la Belgique et d'autres pays européens étaient censées assurer, à savoir garantir des marchés pour l'exportation.

          Les grands buts commerciaux de la politique impérialiste ne furent atteints nulle part. Le rêve d'une union douanière britannique ne fut pas concrétisé. Les territoires annexés par les pays européens au cours des dernières décennies, ainsi que ceux où ils purent établir des « concessions », jouent un rôle tellement subalterne dans l'approvisionnement du marché mondial en matières premières ou en biens semi-finis et dans leur consommation correspondante de produits industriels, qu'aucun changement essentiel des conditions ne put être obtenu par de tels arrangements. Afin d'atteindre les buts visés par l'impérialisme, les nations d'Europe ne purent se contenter d'occuper des zones habitées par des sauvages incapables de se défendre. Ils devaient mettre la main sur des territoires possédés par des peuples prêts à se défendre et capables de le faire. Et c'est sur ce point que la politique impérialiste connut le naufrage, ou va bientôt le connaître. En Abyssinie, au Mexique, dans le Caucase, en Perse, en Chine – nous voyons partout les agresseurs impérialistes battre en retraite ou au moins en grandes difficultés.
 

6. La politique coloniale

          Les considérations et les objectifs qui ont guidé la politique coloniale des puissances européennes depuis l'époque des grandes découvertes est en très nette opposition avec tous les principes du libéralisme. L'idée de base de la politique coloniale était de tirer avantage de la supériorité militaire de la race blanche sur les membres des autres races. Les Européens ont entrepris, équipé avec toutes les armes et les inventions que leur civilisation mettait à leur disposition, d'assujettir les peuples plus faibles, de confisquer leur propriété et de les mettre en esclavage. Certains ont essayé de trouver des circonstances atténuantes et de discuter des véritables motifs de la politique coloniale, en donnant comme excuse que son unique objet étant de permettre le partage des bienfaits de la civilisation européenne avec les peuples primitifs. Même à supposer qu'il s'agissait là du véritable objectif des gouvernements qui ont envoyé les conquérants dans les diverses parties du globe, le libéral ne peut pas plus y voir une raison adéquate pour considérer cette entreprise de colonisation comme utile ou bénéficiaire. Si, comme nous le pensons, la civilisation européenne est réellement supérieure à celle des tribus primitives d'Afrique et aux civilisations d'Asie – aussi estimable que puissent être à leur façon ces dernières – il serait préférable de prouver cette supériorité en incitant ces peuples à l'adopter de leur plein gré. Peut-il y avoir une preuve plus lugubre de la stérilité de la civilisation européenne que de ne pas pouvoir se répandre autrement que par l'épée et le feu?

          Aucun chapitre de l'histoire n'est plus imprégné de sang que l'histoire du colonialisme. On répandit le sang sans raison et de façon inepte. Des pays florissants furent dévastés, des peuples entiers furent détruits et exterminés. Tout ceci ne peut être atténué ou justifié. La domination des Européens en Afrique et dans de larges parties de l'Asie est absolue. Elle est en opposition totale avec tous les principes du libéralisme et de la démocratie, et il ne peut y avoir aucun doute que nous devons viser à son abolition. La seule question est de savoir comment éliminer cette situation intolérable de la façon la moins douloureuse possible.

 

 La solution la plus simple et la plus radicale serait que les gouvernements européens retirent leurs fonctionnaires, soldats et policiers de ces régions et abandonnent leurs habitants à leur sort. Il n'est pas important de préciser si ceci serait fait immédiatement ou si un plébiscite libre des autochtones devrait précéder l'abandon des colonies. Il n'y a en effet que peu de doute sur l'issue d'une telle élection. L'autorité européenne dans les colonies d'outre-mer ne peut pas compter sur le consentement de ses sujets.

          La conséquence immédiate de cette solution radicale serait, si ce n'est une anarchie complète, au moins des conflits perpétuels dans les régions abandonnées par les Européens. On peut à bon droit considérer que les autochtones n'ont pris des Européens que les mauvais côtés, pas les bons. Ce n'est pas tant la faute des autochtones que de leurs conquérants européens, qui ne leur ont rien appris d'autre que le mal. Ils ont apporté armes et engins de destruction aux colonies; ils leur ont envoyé comme officiers et fonctionnaires les individus les pires et plus brutaux; ils ont établi la loi coloniale au fil de l'épée, avec une cruauté sanguinaire auquel seul le système despotique des Bolcheviques peut être comparé. Les Européens ne doivent pas être surpris si le mauvais exemple qu'ils ont mis en place dans leurs colonies porte de mauvais fruits. En tout état de cause, ils n'ont aucun droit à se plaindre comme des Pharisiens du mauvais état des moeurs publiques chez les autochtones. Ils ne seraient pas plus justifiés à affirmer que ces autochtones ne seraient pas encore mûrs pour la liberté et qu'ils auraient encore besoin de plusieurs années d'éducation sous la férule de maîtres étrangers avant de pouvoir être laissés à leur sort. Car c'est cette « éducation » elle-même qui est en partie responsable des conditions épouvantables qui prévalent aujourd'hui dans les colonies, même si ses conséquences ne deviendront évidentes qu'après un éventuel retrait des troupes et des fonctionnaires européens.

          Certains pourront peut-être prétendre que c'est le devoir des Européens, en tant que membres d'une race supérieure, d'éviter l'anarchie qui éclaterait probablement après l'évacuation des colonies et de maintenir leur protection dans l'intérêt et au bénéfice des autochtones eux-mêmes. Afin de donner plus de poids à cet argument, on peut dresser un tableau terrifiant des conditions qui prévalaient en Afrique centrale et dans de nombreuses régions d'Asie avant la mise en place de l'autorité européenne. On peut rappeler la chasse aux esclaves menée par les Arabes en Afrique centrale et les sauvages excès que de nombreux despotes indiens se permettaient. Bien sûr, une grande partie de cette argumentation est hypocrite et l'on ne doit pas oublier, par exemple, que le commerce des esclaves en Afrique ne pouvait prospérer que parce que les descendants des Européens établis dans les colonies d'Amérique participaient comme acheteurs au marché des esclaves. Mais il ne nous est pas nécessaire de peser le pour et le contre de ce raisonnement. Si tout ce que l'on peut trouver pour maintenir l'autorité européenne dans les colonies est l'intérêt supposé des autochtones, il faut dire alors qu'il vaudrait mieux mettre un terme final à cette autorité. Personne n'a le droit de s'immiscer dans les affaires des autres pour améliorer leur sort et personne ne devrait, quand il n'a en vue que ses propres intérêts, prétendre qu'il agit de manière altruiste et uniquement dans l'intérêt d'autrui.

          Il existe cependant un autre argument en faveur du maintien de l'autorité et de l'influence européennes dans les régions coloniales. Si les Européens n'avaient jamais soumis les colonies tropicales à leur domination, s'ils n'avaient pas rendu leur système économique dans une très large mesure dépendant de l'importation de matières premières et de produits agricoles des colonies, qu'il payent avec des biens industriels, il serait encore possible de discuter assez calmement de la question de savoir s'il est ou non recommandable d'incorporer ces régions au réseau du marché mondial. Mais comme la colonisation a déjà forcé ces territoires à entrer dans le cadre de la communauté économique mondiale, la situation est différente. L'économie européenne est aujourd'hui basée, dans une large mesure, sur l'appartenance de l'Afrique et d'une grande partie de l'Asie à l'économie mondiale, en tant que fournisseurs de matières premières de toutes sortes. Ces matières premières ne sont pas retirées par la force aux autochtones. Elles ne sont pas transportées comme tribut mais échangées librement contre des produits industriels en provenance d'Europe. Par conséquent, les relations ne sont pas fondées sur un avantage unilatéral mais sont au contraire mutuellement bénéfiques: les habitants des colonies en retirent autant d'avantages que les habitants d'Angleterre ou de Suisse. Tout arrêt de ces relations commerciales impliquerait de sérieuses pertes économiques pour l'Europe comme pour les colonies et abaisseraient notablement le niveau de vie de la grande masse de la population. Si le lent accroissement des relations commerciales sur toute la surface de la terre et le développement progressif de l'économie mondiale constituèrent l'une des sources les plus importantes de l'accroissement de richesses des cent cinquante dernières années, un renversement de cette tendance constituerait une catastrophe sans précédent pour l'économie mondiale. Dans son étendue et par ses conséquences, cette catastrophe dépasserait de loin la crise liée aux conséquences économiques de la [Première] Guerre mondiale. Doit-on accepter de diminuer encore plus le bien-être de l'Europe et, en même temps, celui des colonies, afin de donner aux autochtones une chance de choisir leur propre destin politique, alors que cela, de toute manière, ne conduirait pas à la liberté mais à un simple changement de maîtres?

          C'est cette considération qui doit l'emporter sur la question de la politique coloniale. Les fonctionnaires, les troupes et les policiers européens doivent demeurer dans ces régions tant que leur présence est nécessaire pour maintenir les conditions légales et politiques indispensables à la participation des territoires coloniaux au commerce international. Il doit être possible de continuer les opérations commerciales, industrielles et agricoles dans les colonies, de continuer à exploiter les mines et à acheminer les produits du pays, par voie ferroviaire et fluviale, jusqu'à la côte et donc jusqu'à l'Europe et l'Amérique. Tout cela doit continuer dans l'intérêt de tout le monde: non seulement dans l'intérêt des habitants de l'Europe, de l'Amérique et de l'Australie, mais aussi dans celui des habitants de l'Asie et de l'Afrique eux-mêmes. Partout où les puissances coloniales ne vont pas au-delà de cette attitude vis-à-vis de leurs colonies, on ne peut émettre aucune objection à leurs activités, même du point de vue libéral.

          Tout le monde sait cependant que toutes les puissances coloniales ont péché contre ce principe. Il est à peine nécessaire de rappeler les horreurs perpétrées au Congo Belge, horreurs que des correspondants anglais dignes de confiance ont racontées. Acceptons toutefois que ces atrocités n'étaient pas voulues par le gouvernement belge mais peuvent être attribuées aux excès et au mauvais caractère des fonctionnaires envoyé au Congo. Cependant, le fait même que presque toutes les puissances coloniales ont établi dans leurs possessions étrangères un système commercial garantissant des conditions favorables aux produits de la métropole, montre que la politique coloniale actuelle est dominée par des considérations entièrement différentes de celles qui devraient prévaloir dans ce domaine. Afin de mettre les intérêts de l'Europe et de la race blanche en harmonie avec les races de couleur des colonies, en ce qui concerne la politique économique, il faut donner l'autorité suprême à la Société des Nations en ce qui concerne l'autorité administrative des territoires coloniaux qui ne possèdent pas de gouvernement parlementaire. La Société des Nations (SDN) devrait vérifier que l'indépendance soit accordée dès que possible aux pays qui n'en jouissent pas aujourd'hui et que l'autorité de la métropole se limite à la protection de la propriété, des droits civiques des étrangers et des relations commerciales. Les autochtones, tout comme les nationaux des autres puissances, devraient avoir le droit de se plaindre directement auprès de la SDN si des mesures de la métropole dépassaient ce qui est nécessaire pour garantir dans ces territoires la sécurité du commerce et de l'activité économique en général. La SDN devrait avoir le droit de donner réellement suite à de telles plaintes.

          L'application de tels principes signifierait, de fait, que tous les territoires coloniaux des pays européens deviendraient des mandats de la SDN. Mais même cet état doit être considéré comme transitoire. L'objectif final doit continuer à être la libération totale des colonies de l'autorité despotique sous laquelle elle est placée aujourd'hui.

          Par cette solution à un délicat problème – et qui devient de plus en plus délicat au cours du temps – les nations d'Europe et d'Amérique qui ne possèdent pas de colonies, mais aussi les puissances coloniales et les autochtones pourraient être satisfaits.

          Les puissances coloniales doivent comprendre qu'elles ne pourront maintenir leur domination sur les colonies à long terme. Comme le capitalisme a pénétré ces territoires, les autochtones sont devenus indépendants: il n'y a plus de disparité culturelle entre les classes supérieures et les officiers ou les fonctionnaires en charge de l'administration au nom de la métropole. Militairement et politiquement, la répartition des forces est aujourd'hui différente de ce qu'elle était il y a une génération. Les tentatives des puissances européennes, des États-Unis et du Japon de traiter la Chine comme territoire colonial s'est révélé être une faillite. En Égypte, les Anglais sont même aujourd'hui sur le départ; en Inde, ils sont dans une position défensive. Que les Pays-Bas seraient incapables de conserver l'Indonésie face à une véritable attaque est un fait bien connu. Il en est de même des colonies françaises en Afrique et en Asie. Les Américains ne sont pas très heureux avec les Philippines et seraient prêts à les abandonner si l'occasion se présentait d'elle-même. Le transfert des colonies à la SDN garantirait aux puissances coloniales la possession totale de leurs investissements en capital et les protégerait contre le fait d'avoir à faire des sacrifices pour réprimer les soulèvements autochtones. Les autochtones eux aussi ne pourraient qu'être reconnaissants face à une telle proposition qui leur garantirait l'indépendance selon une évolution pacifique et les mettrait à l'abri contre tout voisin avide de conquêtes pouvant menacer leur indépendance politique dans l'avenir. 

 


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Ludwig von Mises (1881 - 1973) est un économiste majeur de l'école autrichienne d'économie. Il expose dans son magnum opus, L'Action humaine, les positions épistémologiques et méthodologiques qui caractérisent l'école autrichienne : conception subjective de la valeur, individualisme méthodologique et praxéologie. Son nom reste également attaché à la critique théorique du socialisme, que Mises considère voué irrémédiablement à l'échec en raison de l'absence des mécanismes de fixation des prix par le marché. Friedrich Hayek, Murray Rothbard et Israel Kirzner comptent parmi ses élèves les plus éminents.
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