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La tolérance, la gentillesse et la raison sont les piliers de la vertu

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Extrait des Archives : publié le 15 novembre 2015
886 mots - Temps de lecture : 2 - 3 minutes
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Rubrique : Fondamental

 

S’il est une chose que je trouve frappante au sujet de la vie moderne, c’est à quel point la nécessité de se comporter en gentleman est passée de mode. Peut-être la civilité est-elle un label plus approprié, puisque le terme gentleman tend à invoquer l’image d’un homme prospère et bien vêtu - bien que la civilité elle-même soit souvent froide, une impolitesse déguisée d’un manteau de courtoisie.

 

Disons simplement que la définition de la vertu embrasse le savoir, la gentillesse et la tolérance, une humanité alimentée non seulement par le sentiment ou la disposition du caractère, mais par la raison et le sentiment moral.

 

Dans une société qui vénère la personne individuelle, le pouvoir est la monnaie de notre époque. Le pouvoir est un moyen de parvenir à ses fins. Au-delà de toute autre chose, la gentillesse et la tolérance doivent être conjurées. Le pouvoir est l’antre de la vérité, parce qu’il dicte, et ne plie pas devant d’autres réalités que celles qu’il décrète.

 

Même lorsqu’un terrible assaut est commis contre des personnes moins instruites, ceux qui se dressent pour prendre la défense de la tolérance le font parfois de la manière la plus intolérante qui soit, tout en se considérant vertueux et sages. Ils attaquent les autres avec le zèle des vrais croyants, alors que ce en quoi ils croient n’est que leur supériorité imaginée, le plus vaniteux des idoles.

 

Alors ils disent que toutes les religions méritent d’être méprisées, et se moquent de ceux qui pensent différemment d’eux comme s’ils étaient un esprit et une seule personne. Ils sont libres d’insulter et de mépriser les autres en abusant de leur liberté, ce qui en soit n’est parfois pas une faute, mais elle le devient lorsqu’ils s’imaginent supérieurs à ceux qu’ils haïssent, et qui eux-aussi peuvent agir ouvertement dans leur intolérance de l’autre. Alors ils deviennent des hypocrites et des brutes.

 

Il est le signe d’un esprit égocentrique de commettre la même erreur qu’un autre en cherchant à le punir pour ses fautes par le poing des mots, et de se penser vertueux et justifié parce que son esprit juge mériter telle éloge.

 

En quoi sont-ils différents des oppressés et des moins instruits qui ont recours à leur ignorance et leur absence de pouvoir pour avoir recours à la violence ? C’est comme si un criminel col blanc se disait protégé du blâme parce qu’il utilise le pot-de-vin plutôt que l’épée pour voler les autres.

Y-a-t-il une leçon à tirer de tout cela ? Sommes-nous tous une masse d’hypocrites qui se pensent tous meilleurs que les autres, parfaits et sans aucune faute, plus qu’humains dans notre nature, et qui tirons notre estime de nos capacité à écraser les autres ? Quand ce n’est pas qu’une maladie pathologique, c’est la pire des erreurs, la première faute de la fierté, de laquelle découle une corne d’abondance d’autres abus et injustices.

 

C’est presque la définition d’un gentleman que de dire qu’il n’inflige jamais la peine. Cette description et à la fois correcte et raffinée…

 

… son plus grand souci est de rendre qui que ce soit aussi confortable que possible en sa demeure. Un gentleman prend soin de sa compagnie ; il est tendre envers le timide, emploie les bons mots face aux plus distants, et fait preuve de merci devant l’absurde. Il se souvient à qui il parle, il se préserve des allusions de mauvais goût ou des sujets qui sont susceptibles d’irriter. Il est renommé pour sa conversation, et n’exaspère jamais.

 

Il fait des services qu’il rend un rien, et semble recevoir lorsqu’il offre. Il ne parle jamais de lui-même à moins qu’on le lui demande, ne se défend jamais par une simple réplique. Il n’a pas d’oreille à prêter aux bavardages et aux potins, impute des motifs à ceux qui interfèrent avec lui et interprète chaque chose pour le meilleur. Il n’est jamais méchant et n’est pas querelleur. Il ne tire jamais d’avantage injuste, ne confond pas les personnalités et les mots brusques pour des arguments, et ne pense pas de mal qu’il n’oserait vous dire.

 

S’il s’engage dans la controverse, son intellect discipliné le préserve du manque de courtoisie des esprits moins instruits que le sien qui, tels des armes mal aiguisées, arrachent plutôt qu’elles ne tranchent, se perdent dans leurs arguments, gaspillent leurs forces pour des pacotilles, se trompent d’adversaire et laissent la question plus complexe que lorsqu’ils l’ont trouvée. Il peut avoir raison ou tort, mais il n’est pas injuste. Il est aussi simple qu’il est forcé. Et aussi bref qu’il est décisif.

 

Nulle part nous ne pouvons trouver plus de candeur, de considération et d’indulgence. Il se jette contre l’esprit de son opposant et accepte ses erreurs. Il connaît les faiblesses de la raison humaine ainsi que ses forces, sa province et ses limites. S’il n’est pas croyant, il est trop profond ou ouvert d’esprit pour ne pas ridiculiser la religion ou agir envers elle. Il est trop sage pour être dogmatique ou un fanatique dans son infidélité.

 

Il éprouve du respect pour la piété et la dévotion. Il soutient leurs institutions comme vénérables ou utiles, même s’il ne les approuve pas. Il honore les ministères religieux, et se contente de décliner ses mystères sans les assaillir ou les dénoncer. Il est un ami de la tolérance religieuse.


John Henry Newman

 

 

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Jesse 13 abonnés
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je ne me souviens plus quel auteur a écrit ( et à très juste raison selon moi ) que "la tolérance est une coquetterie d'agonisant"...
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Excellente citation que nombre de nos concitoyens semblent suivre à la lettre :

La complaisance pour l'adversaire est le signe distinctif de la débilité, c'est-à-dire de la tolérance, laquelle n'est en dernier ressort qu'une coquetterie d'agonisant. - Emile Michel Cioran
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Dernier commentaire publié pour cet article
Excellente citation que nombre de nos concitoyens semblent suivre à la lettre : La complaisance pour l'adversaire est le signe distinctif de la débilité, c'est-à-dire de la tolérance, laquelle n'est en dernier ressort qu'une coquetterie d'agonisant. -  Lire la suite
glanduron - 07/11/2018 à 10:36 GMT
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