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Que doivent faire les amoureux de liberté ?

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Extrait des Archives : publié le 26 novembre 2014
1777 mots - Temps de lecture : 4 - 7 minutes
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Comment est-il possible d’associer vie professionnelle et amélioration de la liberté ? Il est bien entendu présomptueux de proposer une réponse définitive à cette question, puisque tous les emplois disponibles sur le marché sont sujets aux forces de la division du travail. Parce qu’une personne se concentre sur une tâche seule ne signifie pas qu’elle n’est pas capable d’en accomplir d’autres, mais simplement qu’il est de l’intérêt de tous de diviser les tâches entre diverses personnes aux talents variés.

Il est donc question de liberté de mouvement. Plus nous sommes nombreux, plus nous devons nous spécialiser, coopérer au travers des échanges et améliorer notre impact au travers de la division des tâches. Il est impossible de savoir à l’avance ce qui est idéal pour une personne en particulier. Il existe tant de choix ! L’idée de viser une place au gouvernement est mal avisée. Nous savons tous que trop d’esprits de génie ont été corrompus en suivant cette voie fatidique.

Il arrive souvent qu’un mouvement idéologique marque profondément l’éducation, l’organisation et l’influence culturelle et pousse à croire que l’influence politique, ou un emploi au sein de la bureaucratie, est le meilleur échelon vers le succès. C’est un peu comme tenter d’éteindre un feu avec des allumettes et du pétrole. C’est ce qui est arrivé aux partisans des droits Chrétiens dans les années 1980. Ils ont été impliqués dans la sphère politique en vue de s’opposer au joug de l’Etat. Vingt ans plus tard, bon nombre de ces personnes travaillent au Département de l’Education de la Maison Blanche, à amender la Constitution ou envahir des pays étrangers. Voilà un exemple désastreux de gâchis de capital intellectuel.

Il est particulièrement important que ceux qui croient en la liberté ne suivent pas ce chemin. Travailler pour le gouvernement a été le plan de carrière typique des socialistes, des réformistes sociaux et des Keynésiens depuis au moins un siècle. Cela leur paraît normal parce que leur ambition est de contrôler la société au travers du gouvernement. Cela fonctionne pour eux, mais pas nécessairement pour nous.

Au cours de la première moitié du XXè siècle, les libertariens savaient comment s’opposer à l’étatisme. Ils ont intégré les sphères commerciales et journalistiques. Ils ont écrit des livres. Ils ont agité la sphère culturelle. Ils ont levé des fortunes pour financer des journaux, des écoles, des organisations d’éducation publiques… Ils ont étendu leur expérience commerciale pour servir de bastion contre la planification centrale. Ils sont devenus enseignants et, lorsque cela leur était possible, professeurs. Ils ont élevé des familles merveilleuses concentrées sur l’éducation de leurs enfants.

Le combat pour la liberté est long et difficile, mais c’est ainsi qu’il a toujours été. Mais quelqu’un, quelque part, désireux d’imposer une réforme rapide, a un jour repensé cette idée. Peut-être devrions-nous prendre exemple sur ce que la gauche a fait autrefois. Peut-être devrions-nous destituer les gens au pouvoir et prendre leur place pour pouvoir avancer vers la liberté. N’est-ce pas là le plus important objectif de tous ? Tant que la gauche contrôlera l’Etat, son pouvoir s’étendra jusqu’à devenir complètement incompatible avec la liberté. Nous devons prendre possession de l’Etat.

Ainsi va la logique. Quel est son problème ? La seule fonction de l’Etat est la coercition et la compulsion. C’est par cela qu’il se distingue. C’est ce qui fait de l’Etat ce qu’il est. De la même manière que l’Etat répond mieux s’il est large et puissant, il est institutionnellement hostile à quiconque qui pense qu’il devrait être moins important et coercitif. Je n’essaie pas dire qu’un travail de l’intérieur ne puisse pas améliorer la situation, mais il est bien plus plausible que l’Etat convertisse les libertaires que le contraire.

Nous l’avons déjà vu des milliers de fois. Il ne faut pas plus de quelques mois à un libertaire pour se persuader que ses anciens idéaux sont enfantins et ne correspondent pas au monde réel. Un politicien qui promet de défendre Washington peut finir expert en émail dentaire. Une fois qu’il choisit de prendre cette voie, il n’existe plus de limites. J’ai un jour rencontré un bureaucrate chargé d’appliquer la loi martiale en Irak alors qu’il avait autrefois juré fidélité à l’économie politique Rothbardienne.

Tout cela est lié à l’ambition, qui n’est généralement pas une mauvaise impulsion. La culture de Washington, en revanche, demande à ce que l’ambition puisse être achevée par le paiement de déférences aux pouvoirs en place. C’est facile à justifier : comment convertir l’Etat autrement qu’en étant amical à son égard ? L’Etat est notre ennemi. Mais nous nous devons de prétendre le contraire. Avec le temps, les rêves sont remplacés par le besoin de rendre des faveurs. Eventuellement, la personne qui rend ses faveurs finit par devenir exactement celle qu’elle haït tant.  Pour les fans du Seigneur des Anneaux, c’est un peu comme devoir porter l’anneau et ne plus jamais vouloir s’en défaire.

Je connais des gens qui ont choisi cette voie et qui, un jour, en se regardant dans le miroir, n’ont pas apprécié ce qu’ils y ont vu. Ils m’ont dit avoir pensé que leur plan pourrait fonctionner. Ils n’ont pas reconnu les subtilités par lesquelles ils se sont laissé prendre. Ils reconnaissent la futilité qu’est de demander à l’Etat, jour après jour, d’accorder un peu plus de libertés ici et là. Ultimement, il est nécessaire de formuler ses arguments en mettant l’accent sur ce qui serait mieux pour l’Etat, et la réalité est tout simplement que ce qui est bon pour la liberté n’est que rarement bon pour l’Etat. L’objectif premier finit par se transformer.

L’Etat est ouvert à la persuasion, mais il agit généralement sous le sentiment de peur, et non d’amitié. Si les bureaucrates et les politiciens ont peur, ils n’augmentent pas les taxes et n’imposent pas de nouvelles régulations. S’ils arrivent à palper l’outrage public, ils suppriment des contrôles. Je citerai comme exemple l’abolition de l’interdiction d’alcool ou de la limitation de vitesses à 55 miles par heure. Elles ont été abrogées parce que les politiciens et bureaucrates en craignaient les conséquences.

Le problème de stratégie est quelque chose qui fascinait Murray Rothbard, qui a écrit une série d’article expliquant qu’il ne faut jamais compromettre un objectif de long-terme pour un gain de court-terme dans le processus politique. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas accueillir une réduction des taxes de 1% à bras ouverts, mais que nous devrions en observer la contrepartie : par exemple, le remplacement d’une taxe par une autre.

L’approche Rothbardienne de la stratégie de liberté consiste en ces quatre affirmations :

  1. La victoire de la liberté est l’objectif politique majeur ;
  2. Pour y parvenir, nous avons besoin d’une réelle passion pour la justice ;
  3. Cette fin doit être recherchée de la manière la plus efficace possible ; et
  4. Les moyens utilisés ne doivent jamais contredire l’objectif final – devenir l’avocat du gradualisme, prôner une réduction des libertés, manquer à saisir l’opportunité de réduire le pouvoir de l’Etat ou même de l’augmenter dans certains domaines.

Les libertaires ne sont pas les premiers à s’être confrontés à la question de stratégie pour l’avancée sociale et le changement politique. Après la guerre Civile aux Etats Unis, une grande majorité de la population du Sud, et plus particulièrement les anciens esclaves, se sont retrouvés en situation précaire. Ils ont ressenti le besoin d’évoluer socialement au sein de la société, mais manquaient grandement d’éducation, de savoir-faire et de capital. Ils portaient aussi le fardeau d’avoir apporté le changement social qui a fait d’eux des citoyens à part entière. De nombreuses manières, ils se sont retrouvés dans une position similaire à celle de nouveaux immigrants, avec le fardeau supplémentaire d’avoir aboli d’anciens statuts sociaux.

 La période de reconstruction de la loi martiale a invité beaucoup de Noirs à intégrer la sphère politique. Ceci s’est prouvé être une tentation terrible pour beaucoup, comme l’explique l’ancien esclave Virginien Booker T. Washington. ‘Tout au long de la période de reconstruction, les gens du Sud se sont tournés vers le gouvernement fédéral pour régler tous leurs problèmes, un peu comme un enfant le ferait avec sa mère’. Il a rejeté ce modèle politique parce que l’agitation politique a ‘attiré l’attention sur mon peuple loin du problème clé de perfection de soi-même dans l’industrie et le domaine immobilier’.

Washington écrit que ‘les tentations d’intégrer la vie politique étaient si séduisantes que je me suis moi-même presque laisser tenter. Mais j’ai résisté et ai opté pour une éducation généreuse de mon esprit et de mon cœur.’. plus tard, lorsqu’il a visité DC, il s’est rendu compte qu’il avait eu raison. ‘Beaucoup de personnes ont été attirées par Washington  parce qu’elles pensaient pouvoir y mener une vie facile. Certains sont entrés dans la sphère politique, et d’autres attendaient encore dans l’espoir d’occuper un jour un poste fédéral’.

C’est la même chose aujourd’hui que dans les années 1870. L’Etat intègre ces gens et rejette ceux qui éprouvent une passion pour la liberté. L’agitation politique encouragée par le Marxiste W.E.B. DuBois a prévalu sur l’avancée commerciale prônée par Washington et s’est avérée tragique pour les Noirs Américains et la société Américaine dans son ensemble. Nombre d’entre eux ont obtenu une forme de pouvoir politique, mais pas la liberté au sens classique.

Nous pouvons tirer des leçons de tout cela. Les milliers de personnes qui découvrent ces idées de liberté pour la première fois doivent rester éloignés de ces tentations. Ils doivent poursuivre leur amour et leur passion au travers des arts, du commerce, de l’éducation et même des ministères. Ce sont des domaines qui promettent d’importants retours.

Lorsqu’un libertaire me dit qu’il travaille pour le HUD et qu’il fait le bien, je ne doute pas sa parole. Mais ne pourrait-il pas faire mieux en quittant son travail et en écrivant un exposé sur le racket bureaucratique ? Un coup bien porté à cette agence pourrait apporter plus de réformes, plus de bien, que des années de subversions internes.

Existe-t-il des hommes politiques qui prônent le bien ? Certainement, et le nom de Ron Paul est le premier qui me vienne à l’esprit. Mais le bien, il ne le fait pas en tant que législateur, mais en tant qu’éducateur qui dispose d’une plateforme importante par le biais de laquelle transmettre son message. Chaque abstinence au vote est une leçon pour les masses. Nous avons besoin de plus de Ron Pauls.

Mais Ron est le premier à dire que nous ayons besoins de plus de professeurs, de chefs d’entreprise, de pères et de mères, de chefs religieux et d’entrepreneurs. Le parti de la liberté aime le commerce et la culture. Ce sont eux qui nous permettront d’accéder à la réforme sociale et à la révolution.

 

 



 

 

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