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Dépenses sociales : la France championne du monde

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Publié le 12 décembre 2013
1012 mots - Temps de lecture : 2 - 4 minutes
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Rubrique : Or et Argent

 

 

 

 

L’OCDE publiait récemment un état des lieux des dépenses sociales pour les 34 pays le composant. C’est donc l’occasion de faire le point sur celles-ci ainsi que sur sa principale composante qui est la dépense sociale d’origine publique. Cette dernière est, comme nous le verrons, largement responsable de l’augmentation des dépenses publiques, et par conséquent des déficits et de la dette. Voici d’abord le classement par pays des dépenses publiques sociales, exprimées en pourcentage du PIB :



Source : OCDE

Les lignes bleutées correspondent aux membres de la zone euro.

(*) Quand les données 2013 n’étaient pas disponibles, la valeur pour la dernière année connue a été renseignée.


La France est assez nettement en tête de ce classement (2,2 points de plus que le second, le Danemark). Celui-ci est globalement ‘dominé’ par les membres de la zone euro. Cette dernière est d’ailleurs classée en 1ère place  depuis 1999, à l’exception de 2003 où elle fut seconde, juste derrière la Suède.




Source : OCDE

Remarque : les données pour le Japon s’arrêtent à 2009.


Comme on le voit, si les dépenses publiques sociales ont augmenté dans tous les pays, elles l’ont fait de manière particulièrement régulière en France ces 50 dernières années. Alors que les dépenses publiques sociales allemandes étaient plus élevées qu’en France jusqu’au début des années 1980, la situation s’est ensuite inversée grâce à leur stabilisation (mise à part la période succédant à la chute du mur de Berlin).


Non seulement les dépenses publiques sociales françaises sont aujourd’hui les plus élevées, mais l’écart ne cesse de se creuser avec les autres pays. Ainsi, les écarts de dépenses entre la France et l’Allemagne et la moyenne de l’OCDE atteignent en 2013 un plus haut historique (respectivement 6,8 et 11,1 points de PIB) :





Les augmentations des dépenses publiques sociales se sont toutefois faites à des rythmes très différents au sein des différents pays de l’OCDE et on peut même remarquer 4 exemples de réductions des dépenses significatives. Celles-ci se sont d’ailleurs toutes réalisées dans la première moitié des années 1990 au Canada, en Nouvelle-Zélande, en Suède et en Finlande. Ces derniers sont ceux qui ont sans doute fourni l’effort le plus spectaculaire puisque les dépenses publiques sociales y ont été réduites de pas moins de 8 points de pourcentage de PIB entre 1994 et 2002 :





Le graphe ci-dessous indique les principales composantes de ces dépenses publiques sociales au sein de l’OCDE et l’origine de leur augmentation dans les principaus pays la composant (malheureusement, les données relatives aux composantes s’arrêtent en 2009) :




Comme on le voit, les deux principaux postes sont la vieillesse (12,3% du PIB en 2009) et la santé (9,0%), qui représentent à eux seuls près de deux-tiers des dépenses sociales.


Dans le cas de la France, les pensions versées aux retraités atteignent 13,7 % du PIB, ce qui est plus que l'Allemagne (11,3%) qui bénéficie pourtant d’une démographie moins favorable. Seule l'Italie affiche un niveau de dépenses plus élevé (15,4%). Les systèmes de retraite par capitalisation permettent de réduire considérablement la note, comme on peut le constater dans les pays où ils sont beaucoup plus développés qu’en France (par exemple 6% en Grande-Bretagne et 5 % aux Pays-Bas).

Malgré sa démographie plutôt favorable, les dépenses vieillesses de la France ont significativement augmenté :




Source : OCDE


Concernant les dépenses publiques dans le domaine de la santé, c’est en France qu’elles sont les plus élevées parmi les membres de l’OCDE :





Bien entendu, les dépenses sociales ne sont pas toutes publiques. Une partie, qui peut parfois être non négligeable est en effet d’origine privée. Si l’on regarde l’ensemble des dépenses dans la santé (c’est-à-dire en rajoutant le secteur privé), les États-Unis deviennent les plus dépensiers.

La proportion d’origine privée sur l’ensemble des dépenses sociales varie sensiblement selon le pays :




Source : OCDE

Voir [2] pour le détail des abréviations.

Les États-Unis n’ont pas été intégrés dans le graphique afin que celui-ci reste lisible. La dépense privée américaine s’élève à 10,6% du PIB, ce qui représente 35,6 % de l’ensemble des dépenses sociales.


Pour définir les dépenses totales sociales nettes, l’OCDE additionne ces dépenses publiques et privées aux crédits d’impôt avant de retrancher les cotisations sociales, les taxes et les impôts (directs et indirects). Le classement initial s’en trouve sensiblement modifié :




La France est toujours en tête, mais la seconde place est désormais occupée par les États-Unis.


Pour redresser la barre sur le plan économique, une réduction des dépenses publiques est urgente et celle-ci devra impérativement passer par le domaine social. L’acte manqué de la réforme des retraites en France est d’autant plus dommageable du fait du poids des pensions parmi les dépenses sociales. Les perspectives démographiques, si elles sont moins mauvaises en France qu’ailleurs, laissent malheureusement présager de grandes difficultés pour inverser les tendances haussières dans les domaines des pensions et de la santé. Le courage politique qui fait tant défaut depuis plusieurs décennies sera pourtant nécessaire pour porter des réformes indispensables au rétablissement français. Ainsi le développement (parfois l’introduction) des systèmes de retraite par capitalisation et la liberté de choix pour l’assurance maladie apparaissent comme inévitables pour relancer l’économie française.


[1] Note méthodologique : les agrégats pour les années 2010 à 2013 sont des estimations.

[2] AUS : Australia / AUT : Austria / BEL : Belgium / CAN : Canada / CHL : Chile / CZE : Czech Republic / DNK : Denmark / EST : Estonia / FIN : Finland / FRA : France / DEU : Germany / GRC : Greece / HUN : Hungary / ISL : Iceland / IRL : Ireland / IRS : Israel / ITA : Italy / JPN : Japan / KOR : Korea / LUX : Luxembourg / MEX : Mexico / NLD : Netherlands / NZL : New Zealand / NOR : Norway / PLO : Poland / PRT : Portugal / SVK : Slovak Republic / SVN : Slovenia / ESP : Spain / SWE : Sweden / CHE : Switzerland / TUR : Turkey / GBR : United Kingdom / USA : United States

 

 

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Après un diplôme de Statisticien et d’Actuaire à l’Institut de Statistique de l’Université Pierre et Marie Curie (Université Paris VI), il a d’abord exercé la fonction d’économiste, avant de se tourner vers l’actuariat et l’ingénierie financière. Il travaille actuellement dans la direction financière d’une grande banque française.
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"Malgré sa démographie plutôt favorable, les dépenses vieillesses de la France ont significativement augmenté :"

Si on a plus d'enfants (qui ne cotisent pas) que d'autres pays, ça ne veut pas dire qu'on a moins de vieux!

"démographie favorable" ne veut pas dire "mort prématurée" !!
Les dépenses de vieillesse en pourcentage de PiB.
On peut tout diviser par ce qu'on veut.

Les pensions sont réparties en fonction des revenus d'activité des intéressés à l'époque de leur activité, l'eveloppe globale dépendant des cotisations des salariés actuels,
et on divise ça par la somme des échanges (pas de leurs revenus!) des résidants d'aujourd'hui.

On peut tout diviser par ce qu'on veut. Le problème c'est de tirer des conclusions justes.
je suis toujours stupéfait qu' un certain nombre de gens n' aient toujours pas remarqué que ( bien que cela ne fait qu' empirer depuis plus de 40 ans ) la France est un pays SOCIALISTE ; l' ensemble de nos "dette sociales" représentent d' ailleurs la part la plus prééminente de notre immense et totalement irrécouvrable Dette publique ( qui avoisine en réalité les 5.000 milliards d' €uros si on prend bien en compte et notamment, le financement des caisses de retraite des régimes dits pudiquement "spéciaux" ) ; tout cela, n' en déplaise à certains énergumènes obnubilés par la "loi Pompidou-Rothschild" de 1973 a peu à voir avec le financement de cette dette qui est assez secondaire... La situation est totalement hors de contrôle : on court à la catastrophe.
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"Alors que les dépenses publiques sociales allemandes étaient plus élevées qu’en France jusqu’au début des années 1980, la situation s’est ensuite inversée"
Autant le dire clairement : 1981 et plus, 14 ans de tonton au pouvoir et ce n'est pas Chirac qui a fait inverser la tendance !
"Le courage politique qui fait tant défaut depuis plusieurs décennies sera pourtant nécessaire pour porter des réformes indispensables au rétablissement français. Ainsi le développement (parfois l’introduction) des systèmes de retraite par capitalisation et la liberté de choix pour l’assurance maladie apparaissent comme inévitables pour relancer l’économie française."
C'est une évidence que seuls nos dirigeants se refusent à voir puisqu'ils soutienent encore le régime par répartition à prestations définies qui est pourtant moribond sous haute perfusion. Celà dit aucun dirigeant depuis des décennies n'a osé prendre le taureau par les cornes. Toucher aux régimes de retraite c'est se mettre les syndicats à dos, même s'ils ne représentent rien sauf leur caste et ses privilèges. A la sortie on coule lentement mais sûrement. Je le dis et le répète, les TPE sont la pépinière des entreprises françaises. Tant qu'on ne leur foutra pas la paix en terme de cotisations et surtout à quoi servent celles ci, elles continueront à s'étioler et à crever tout doucement, les entrepreneurs qui le peuvent quittent le bateau. Tout cela est d'une logique hélas imparable.
Mais voilà, dans retraite par capitalisation il y a le vilain mot "capital" et là, idéologiquement ça coince !!! Faut pas chercher plus loin...


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"C'est une évidence que seuls nos dirigeants se refusent à voir puisqu'ils soutienent encore le régime par répartition à prestations définies qui est pourtant moribond sous haute perfusion."

Si on fait une annonce dansd le sens inverse, les individus vont devoir réfléchir sur eux-mêmes et sur leurs vies, faire des choix pour eux-mêmes (voire épargner !!), se prendre en main, être libres.
Pas question.
En faisant miroiter pour après-demain une retraite identique à celles d'aujourd'hui, on peut se permettre d'être à zéro tous les 29 du mois (ou même à-1 pour engraisser le banquier) et de faire confiance à maman république pour tout le reste.
Maintenir cette situation est bien plus important que de préparer l'avenir individuel.

D'ailleurs... les individus... il suffirait qu'ils meurent pour qu'ils ne réclament jamais leur retraite !!
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"C'est une évidence que seuls nos dirigeants se refusent à voir puisqu'ils soutienent encore le régime par répartition à prestations définies qui est pourtant moribond sous haute perfusion." Si on fait une annonce dansd le sens inverse, les individus vo  Lire la suite
Rüss65 - 12/12/2013 à 14:53 GMT
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