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Bruxelles « aux commandes » des économies européennes ?

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Publié le 10 avril 2012
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Rubrique : Editoriaux

 

 

 

 

Au lieu de chercher les origines de la crise actuelle du côté des politiques monétaires laxistes des banques centrales, comme le suggère l’école d’économie  autrichienne, les gouvernements européens ont adopté une série de mesures de « gouvernance économique » (le « six pack »), entrées en vigueur le 13 décembre dernier.


L’objectif officiel est d’éviter que des États-membres de l’Union européenne (UE) se retrouvent – comme la Grèce – en faillite, risquant ainsi de déstabiliser la zone euro dans son ensemble. Parmi les nouvelles règles de « gouvernance économique » figurent, certes, grâce à la pression de l’Allemagne, des mesures de rigueur budgétaire visant à empêcher dans l’avenir un dérapage des finances publiques.


Cependant, parallèlement à ces mesures dont le respect limiterait à juste titre l’appétit des gouvernements à s’accaparer une partie croissante des ressources économiques, un « nouvel » outil d’une nature tout à fait différente a également vu le jour. Dans le jargon technocratique de Bruxelles, on l’appelle la « Procédure de Déséquilibre Macroéconomique » (PDM).


De quoi s’agit-il ?


Dans une logique digne du pilotage des économies planifiées des pays ex-soviétiques, les économies nationales des pays-membres de l’UE, se trouvent de facto soumises au contrôle central de Bruxelles.


En effet, grâce à la mise en place de la PDM, la Commission européenne est aux commandes d’un véritable « tableau de bord » macroéconomique, constitué de 10 indicateurs. Ceux-ci vont du solde du compte courant et de la part dans les exportations mondiales (on voit mal comment la Commission pourrait exiger d’un pays qu’il améliore ses parts de marché dans le commerce mondial ?), au taux de chômage,  en passant par la dette publique et privée et le coût salarial unitaire nominal. Des « fourchettes » et des seuils-limite à respecter ont été arbitrairement choisis pour chacun d’entre eux : par exemple un plafond de 160% du PIB pour la dette privée, 10% en moyenne sur 3 ans pour le taux de chômage, 4% de déficit du PIB pour le compte courant, etc.


La Commission devra publier des rapports réguliers à ce sujet dans le cadre d’un « Mécanisme d’Alerte », visant à identifier d’éventuels « déséquilibres » dans les différents pays-membres. Le premier rapport a été publié le 14 février dernier.


Sans surprise la grande majorité des pays s’y trouve pour  non-respect d’un ou de plusieurs indicateurs : Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Finlande, France, Hongrie, Italie, Royaume-Uni, Slovénie et Suède


La véritable nouveauté de la PDM cependant,  est qu’après des analyses complémentaires, Bruxelles pourra déclencher une « procédure de déséquilibres excessifs », consistant à exiger des mesures correctives, voire condmaner à des sanctions financières un État-membre « fautif » et ce jusqu’à 0,1% de son PIB !


Alors que la Commission n’a jamais été capable de faire respecter les critères de Maastricht, la voilà donc chargée de faire respecter des « indicateurs » dont la signification économique est hautement plus problématique. Par exemple, une augmentation de l’endettement privé peut très bien être source de développement économique, s’il s’agit d’investissements productifs. Or, la Commission n’est certainement pas la  mieux placée pour juger de la productivité d’un investissement.


De même, ne vaut-il pas mieux laisser le marché du travail et les acteurs économiques juger du niveau des salaires – s’il est trop élevé ou pas – que de déléguer cette tâche aux bureaucrates de Bruxelles ? La Bulgarie – pourtant bons élève en matière d’assainissement des finances publiques et d’investissements étrangers – s’est vue reprocher une croissance trop forte des salaires.


Pourtant,  cette croissance reflèterait, selon le Ministère des Finances du pays en question, une augmentation de la productivité et un rattrapage par rapport aux rémunérations pratiquées dans les autres économies européennes entre 2007 et 2009. En dépit de cela, le coût de la main d’œuvre bulgare reste pourtant parmi les plus faibles dans l’UE (le salaire minimum bulgare serait même inférieur à celui en Chine).


Au lieu de reposer sur des règles telles que la libre circulation des biens, des capitaux et des personnes, l’objectif sera désormais de « piloter » les économies européennes à l’aide d’une poignée d’indicateurs statistiques.


La PDM s’avérera à coup sûr un exercice futile d’un point de vue économique. Par contre, elle débouchera à coup sûr sur une politisation et un « micro management » sans précédent de l’économie européenne.


 

 

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Valentin Petkantchin détient un doctorat ès sciences économiques et est diplômé du Magistère média et formation économique de l’Université d’Aix-Marseille III. Il a été chercheur au Centre d’analyse économique et enseignant d’économie au sein de cette même université. Entre 2004 et 2006, il a été le directeur de la recherche de l’Institut économique de Montréal. Il est l’auteur d’un livre sur l’histoire de la pensée économique et l’œuvre d’Adam Smith, intitulé Les sentiments moraux font la richesse des nations. Il est actuellement chercheur à l’Institut économique Molinari et analyste à la société de gestion Overlord France Finance.
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A ce sujet, je conseille la lecture de "Circus politicus" de Christophe Deloire et Christophe Dubois chez Albin Michel. En voici quelques extraits édifiants qui éclairent mieux encore la dérive de la C.E. et de nos élites aveuglés :

Chap.2 "Sarkozy veut suspendre les droits de vote" : [...] Angela Merkel joue sur la corde sensible [...] puis elle embraye sur les droits de vote : "L'article 7 du traité reconnaît la possibilité de retirer les droits de vote dans des situations très sérieuses. Ce n'est pas une humilation publique, si vous prenez en compte l'euro ainsi que l'économie de tous les Etats membres de la zone euro et que l'existence même de l'Union est en jeu". L'article 7 [...] prévoit qu'à l'issue d'une longue procédure le Conseil européen peut constater une "violation grave et persistante" des valeurs de l'Union par un Etat membre. Dans ce cas, la suspension des droits de vote peut être prononcée, alors même que l'Etat demeure contraint vis-à-vis de l'Europe. De la violation de quelles valeurs est-il question ?[...] Des "valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie, d'égalité, etc. Mais dans le cas disputé au Conseil, il s'agit de limitation des déficits publics. [...] Sur le fond, c'est osé. [...] Nicolas Sarkozy [...] va argumenter à sa manière, en usant de raccorcis péremptoires : "La suspension des droits de vote, c'est dans le traité, ce n'est donc pas déraisonnable."

N.B. Perso, je suis plutôt d'accord sur la limitation des déficits publics, bien sûr, mais de là à suspendre les droits de vote d'un pays, c'est fort. Surtout lorsqu'on sait également à quel point les pays se sont fait entuber par les Traités de Maastricht et de Lisbonne qui les ont obligé à emprunter auprès des marchés privés et les ravages que cela a fait et continue de faire. Ces pays seraient donc forcés de subir leur sort sans même pouvoir réagir ni donner leur avis... mais finalement c'est ce que l'U.E. a déjà exigé de la Grèce en nommant Papademos ex-GSachs à sa tête. Vive le totalitarisme de l'UERSS.

Chap. 14 "Section européenne", "En fait, il y a eu dès l'origine une étroite communauté de vues, presque une complicitié, entre la Trilatérale et la Communauté européenne. Des proches de celui qui, plus que quiconque, a porté le projet européen à bout de bras, Jean Monnet, sont présents lorsque l'organisation se monte. [...] Monnet était proche d'André Meyer, de la banque Lazard, qui était lui-même proche de Rockefeller.

Chap. 3, "Le directeur général du FMI (DSK à l'époque) évoque [...] la création d'un marché unique du travail pour les travailleurs, mais il va beaucoup plus loin : "La solution la plus ambitieuse, largement discutée dans la littérature académique, serait de créer une AUTORITE BUDGETAIRE CENTRALISEE aussi INDEPENDANTE politiquement que la BCE." "

Bon, avec ces quelques extraits, je crois que ça devient clair de l'endroit où veulent nous mener nos "élites" n'est-ce pas ?
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Les gouvernements successifs depuis 1981 ont utilisé la dépense publique sans vergogne, la dette est ainsi passée de 61 Mrds € en 1981 à 1715 Mrds à ce jour, soit une croissance de 11,76 % l’an, méditer là-dessus. Est-ce que le retour sur investissement a été de la même ampleur ? NON. Pourtant dans toutes les écoles de commerce n’apprend-on pas que le coût d’une dette doit être couvert pas le rendement de l’investissement réalisé ! …; le déficit public pour 2012 est engagé à 81,1 Mrds, le commerce extérieur est de moins 70 Mrds, les retraites ne sont pas provisionnées (900Mrds pour les fonctionnaires rapport Pébereau 2005). Maintenant on stigmatise les riches pour les taxer toujours sans honte. Mais qui est responsable de la situation ? la l’acheté des personnages politiques qui ont promis par ignominie et impéritie un bonheur social intenable à des populations avides de temps libre, de retraites précoces quand la démographie baissait. Les mêmes qui ont démontré leur totale incompétence en emmenant leurs pays là où nous en sommes arrivés, ont la prétention de vouloir recommencer avec une Europe de 17 ou 27 pays disparates de 300 à 550 millions d’individus aux rêves, cultures, courage, talents, desseins … aussi différents que leur nombre. Honte à tous ceux qui trempent dans cette démagogie criminelle. Les temps futurs sont sombres et pourvu que cela ne finisse pas dans un troisième conflit mondial. Car il n’y a plus de solution sinon que la raison, mais avez-vous entendu la campagne électorale où 40 millions d’électeurs iront choisir des idéologies, des moins pires, mais qu’est-ce qu’un avenir moins pire avec des apprentis comme ces dix « guignols » qui prétendent tous changer la France avec les mêmes mensonges que par le passé ? Transformer les statuts de la BCE (N Sarkozy) pour qu’elle émette des billets qui ne seront jamais de la richesse, des Eurobonds (F Hollande) qui seront toujours des dettes pour couvrir des dépenses courantes mais toujours pas de richesses.
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Que ce soit localement, departementalement, régionalement, nationalement ou européennement, la bureaucratie technocratique fait les mêmes ravages mais leur accumulation détruit toute vie !

Et, au lieu de brailler contre un libéralisme qui n'existe qu'en rêve et en vocabulaire marxiste-léniniste-trotskiste , si on y venait en vrai, au libéralisme ? ça ne pourrait pas être pire que ce que nous vivons !
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Une Commission vit un gouvernement
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n'était pas grosse en tout comme un oeuf,
Envieuse, s'étend, et s'enfle et se travaille,
Pour égaler l'institution en grosseur,
Disant: "Regardez bien, ma soeur;
Est-ce assez? dites-moi: n'y suis-je point encore?
Nenni- M'y voici donc? -Point du tout. M'y voilà?
-Vous n'en approchez point."La chétive pécore
S'enfla si bien qu'elle creva.

Elle en creva d'autant plus vite, d'ailleurs, qu'elle n'avait aucune légitimité démocratique...
PS: y a-t-il un indicateur qui contrôle la dilapidation des fonds européens par la Commission, ceux-ci étant prélevés sur des impôts bien réels et contribuant dès lors aux déficits budgétaires des Etats?
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Lolo27 - 18/04/2012 à 11:11 GMT
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