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Les
gouvernements européens sont suspendus aux négociations
d’Athènes, où une solution de la dernière chance
va continuer d’être tentée, afin d’éviter la
convocation de nouvelles élections dans un mois qui accorderaient la
victoire au Syriza d’après les
sondages. Elle repose sur un accord avec le Dimar,
un petit parti de gauche moins radical, opposé à
l’austérité et favorable au maintien de la Grèce
dans la zone euro. Avec Nouvelle Démocratie et le Pasok, une
majorité parlementaire serait alors trouvée, donnant à
un gouvernement un mandat de renégociation du plan de sauvetage,
à des conditions qui dépendent du Dimar,
en proie à des divisions internes.
Les
dirigeants européens affichent de leur côté leur
préférence pour une sortie de la Grèce de la zone euro
à toute remise en cause des accords, en totale contradiction avec tout
ce qu’ils ont fait et affirmé jusqu’à maintenant…
Les ministres des finances des 17 vont se réunir demain, afin de
tenter de sauver une situation proche de l’éclatement, sans
autre arme que de réaliser une pression maximum sur les partis
politiques grecs pour qu’ils s’entendent. Mais cela se soldera
dans le meilleur des cas par l’exigence d’une
renégociation sans délai du plan de sauvetage à
laquelle ils prétendent ne pas vouloir se plier. Dans
l’immédiat, la Grèce doit rembourser mardi prochain 435
millions d’euros de dette et pourrait faire défaut. La corde est
tendue à son maximum et peut donc casser.
Parmi
les conséquences identifiées qu’aurait une sortie de la
Grèce de la zone euro figurent d’importantes pertes pour la BCE,
l’Eurosystème et le FMI. 40 milliards
d’euros pour la première – correspondant à ses
achats d’obligations grecques sur le second marché – et on
ne sait pas combien de dizaines de milliards disséminés dans
les banques centrales nationales, après que les banques commerciales
s’en sont délestées auprès d’elles,
profitant de la bonne occasion qu’a représenté
l’injection des liquidités de la BCE. Cette dernière
avait jugé plus prudent de ne pas les prendre elle-même en
garantie.
Luc
Coene, le gouverneur belge de la BCE, n’en
vient pas moins d’exprimer dans une interview au Financial Times sa
conviction que cette sortie « serait possible », une première
pour la banque centrale qui l’avait jusqu’à maintenant
nié. En l’assimilant à l’expression d’un
« droit démocratique », singulière
présentation de la crise actuelle, également affirmée
par Jens Weidmann, qui considère que
« si Athènes ne tient pas parole, ce sera un choix
démocratique »…
Cette
fausse sérénité et fermeté pourraient être
mises sur le compte de l’impatience dont les autorités
européennes commencent à faire preuve, puisque c’est
ainsi qu’il convient de faire état de leur exaspération et
de l’impasse dans laquelle elles se trouvent plongées. Ainsi que
le déclare désormais Wolfgang Schäuble,
le ministre allemand des finances, « la zone euro peut supporter
une sortie de la Grèce », effectuant une totale volte-face
avec les propos tenus par Angela Merkel il y a deux
mois. Elle affirmait alors qu’une sortie de la Grèce serait
« catastrophique », car « les gens du monde
entier se demanderaient : qui sera la suivant ? », pour conclure
que « ce serait une énorme erreur politique de permettre
à la Grèce d’abandonner l’euro ».
« Nous
pouvons seulement gagner du temps, et il y a une limite au temps que nous
pouvons gagner », explique Luc Coene
dans son interview. « Nous ne pouvons pas résoudre les
problèmes fondamentaux », en tire-t-il comme leçon
de portée générale. On ne pourrait qu’être
sensible à cette nouvelle clairvoyance, si elle ne permettait au
gouverneur de se laver les mains de responsabilités qui sont selon lui
du ressort des gouvernements et des Etats : politique fiscale, croissance
économique, solidité des banques… Le conduisant pour
finir à reconnaître que « nous ne pouvons pas
stimuler l’économie », contredisant ainsi Mario Draghi qui fondait sa politique et ses espoirs sur une
relance du crédit s’appuyant sur les prêts de la BCE aux
banques.
Tout
cela ne fait toujours pas une politique, alors que la stratégie qui
sous-tend le pacte budgétaire est en train de s’effondrer
à la faveur du bras de fer avec les Grecs. Le calendrier selon lequel
la Grèce va faire défaut est désormais la seule
inconnue. On en viendrait presque à oublier la situation de
l’Espagne, où toute stabilisation apparaît
désormais illusoire, les engagements budgétaires du
gouvernement ne pouvant pas être tenus et les finances publiques
menaçant d’être mises à contribution pour
recapitaliser les banques pour tout aggraver.
C’est
un saut dans le vide qui se prépare.
Billet
rédigé par François Leclerc
Son
livre, Les CHRONIQUES
DE LA GRANDE PERDITION vient de paraître.
Un « article presslib’
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à sa suite. Paul Jorion est un «
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